Choses à Savoir - Culture générale

Choses à Savoir - Culture générale

Choses à Savoir
Държава Франция
Език FR
Епизоди 3353
Последен 15.09.2026

Développez votre culture générale avec des épisodes courts et instructifs sur divers sujets. Chaque épisode aborde une question ou un fait intéressant pour enrichir vos connaissances. Le podcast est produit en français et couvre des thèmes variés allant de l'histoire à la science.

Епизоди

  • Qui est « le dictateur le plus cool de la planète » ? 15.09.2026 2мин
    Costume sombre, casquette de baseball portée à l’envers, communication permanente sur les réseaux sociaux : Nayib Bukele ressemble peu à l’image traditionnelle d’un chef d’État.Pourtant, cet homme né en 1981 dirige depuis 2019 le Salvador, un petit pays d’Amérique centrale. Et il s’est lui-même surnommé, avec provocation, « le dictateur le plus cool du monde ».Pourquoi ?Lorsque Bukele arrive au pouvoir, le Salvador est traumatisé par les gangs, notamment la MS-13 et Barrio 18. Pendant des années, ces organisations criminelles ont contrôlé certains quartiers, racketté les habitants et contribué à faire du pays l’un des plus violents au monde.Tout bascule en mars 2022. Après une soudaine vague de meurtres, Bukele instaure un régime d’exception.La police et l’armée disposent alors de pouvoirs considérablement renforcés. Des dizaines de milliers de personnes soupçonnées d’appartenir aux gangs sont arrêtées. De gigantesques prisons sont construites, dont le fameux CECOT, conçu pour accueillir des dizaines de milliers de détenus.Et sur le plan de la sécurité, le résultat est spectaculaire : selon les chiffres officiels, les homicides ont chuté de plus de 90 % depuis l’arrivée de Bukele au pouvoir. Des quartiers autrefois contrôlés par les gangs sont redevenus accessibles.Cette transformation explique son immense popularité auprès d’une grande partie des Salvadoriens.Mais elle a un prix.Des organisations de défense des droits humains dénoncent des milliers d’arrestations arbitraires, des détentions sans procès équitable ainsi que des mauvais traitements en prison. La Commission interaméricaine des droits de l’homme a elle aussi dénoncé des violations systématiques des garanties judiciaires.Surtout, Bukele a progressivement concentré davantage de pouvoir. Ses alliés contrôlent largement le Parlement, des magistrats de la Cour suprême ont été remplacés, et il a pu se faire réélire en 2024 malgré les anciennes restrictions constitutionnelles.En 2025, le Parlement dominé par son parti est allé encore plus loin en autorisant la réélection présidentielle sans limitation du nombre de mandats.C’est donc tout le paradoxe Bukele.Pour ses partisans, il est l’homme qui a rendu leur pays vivable et prouvé qu’un État pouvait vaincre les gangs.Pour ses détracteurs, il construit progressivement un régime autoritaire en sacrifiant les libertés publiques à la sécurité.Et son surnom de « dictateur le plus cool du monde » résume parfaitement sa stratégie de communication : transformer une accusation extrêmement grave en slogan provocateur… et même en élément de sa propre marque politique. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
  • Quelle est la différence entre « clore » et « clôturer » ? 15.09.2026 2мин
    On entend régulièrement des phrases comme : « Nous allons clôturer cette réunion », « Je souhaite clôturer mon compte bancaire » ou encore « Le président a clôturé les débats ».Cela paraît parfaitement naturel. Et pourtant, si l’on respecte la distinction traditionnelle du français, on devrait plutôt employer un autre verbe : clore.À l’origine, « clore » signifie tout simplement fermer. Le mot vient du latin claudere, qui avait précisément ce sens. C’est d’ailleurs de la même famille que « clos », comme dans « un jardin clos » ou l’expression « à huis clos ».Mais « clore » a également acquis un sens figuré : mettre fin à quelque chose.On peut donc clore un débat, clore une séance, clore une négociation, clore un dossier ou clore un compte. L’Académie française reconnaît explicitement tous ces emplois.« Clôturer », lui, est apparu beaucoup plus tard, au XVIIIᵉ siècle. Il est directement dérivé du nom « clôture ».Et son sens traditionnel est beaucoup plus concret : entourer un terrain d’une clôture.On clôture donc un jardin, une prairie ou une propriété, c’est-à-dire qu’on installe autour une barrière, un mur, un grillage ou une haie.Selon l’Académie française, c’est là que devrait s’arrêter l’usage du verbe « clôturer ». Elle recommande donc de dire « clore une réunion » plutôt que « clôturer une réunion ».Mais voici ce qui rend l’affaire intéressante.Le nom « clôture », lui, peut parfaitement être employé au sens figuré. On parle sans problème de « la clôture des débats », de « la clôture d’une séance » ou de « la clôture d’un compte bancaire ».C’est probablement l’une des raisons pour lesquelles les Français ont progressivement créé, par analogie, des expressions comme « clôturer un compte » ou « clôturer un dossier ».Ces tournures sont aujourd’hui extrêmement répandues, notamment dans le langage administratif et bancaire. Certains dictionnaires les enregistrent d’ailleurs comme des usages figurés de « clôturer ».Retenez donc une règle très simple.Si vous installez une clôture, vous « clôturez » : on clôture un terrain.Si vous mettez fin à quelque chose, la forme traditionnellement recommandée est « clore » : on clôt le débat, on clôt la séance, on clôt le dossier.Une petite différence… qui permet de clore définitivement la question. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
  • Pourquoi la Lune rapetisse-t-elle ? 14.09.2026 2мин
    Cela peut sembler incroyable, mais notre satellite est en train de rétrécir.Très lentement, heureusement : au cours des dernières centaines de millions d’années, le diamètre de la Lune aurait diminué d’environ 50 mètres.Mais comment un astre de près de 3 500 kilomètres de diamètre peut-il rapetisser ?Pour le comprendre, il faut remonter à sa jeunesse.Lorsque la Lune s’est formée, il y a environ 4,5 milliards d’années, son intérieur était extrêmement chaud. Cette chaleur provenait notamment des gigantesques collisions qui ont accompagné sa formation, mais également de la désintégration d’éléments radioactifs présents dans ses roches.Depuis, la Lune évacue progressivement cette chaleur dans l’espace.Et en refroidissant, les matériaux qui composent son intérieur se contractent.Imaginez une boule métallique chauffée à très haute température. Lorsqu’elle refroidit, elle diminue légèrement de volume.La Lune fait à peu près la même chose.Mais il existe un problème : sa croûte est solide et rigide.Lorsque l’intérieur se contracte, la surface doit donc s’adapter à un volume légèrement plus petit. Elle se comprime, se fracture et forme des sortes de petites falaises appelées « escarpements de failles ».La NASA compare volontiers le phénomène à un raisin qui se transforme en raisin sec : lorsque l’intérieur perd du volume, la peau se ride.À une différence près : la peau du raisin est souple, alors que la croûte lunaire est cassante.Elle se brise donc.Les sondes spatiales ont photographié des milliers de ces failles à la surface de la Lune, certaines étant géologiquement très jeunes.Et le phénomène semble continuer aujourd’hui.La contraction provoque en effet des tensions dans la croûte. Lorsqu’une faille cède brutalement, cela peut provoquer un « tremblement de Lune », l’équivalent lunaire d’un séisme.Les sismomètres déposés par les astronautes des missions Apollo en avaient déjà enregistré.La gravité terrestre peut elle aussi accentuer les contraintes exercées sur ces failles en déformant légèrement la Lune.Rassurez-vous cependant : notre satellite ne va pas finir par disparaître.Une diminution de quelques dizaines de mètres sur plusieurs centaines de millions d’années est infime à l’échelle d’un astre.Mais elle révèle quelque chose de fascinant : contrairement à l’image d’un monde complètement mort et immobile, la Lune continue encore aujourd’hui à évoluer, à se contracter… et même à trembler. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
  • Pourquoi l’alliance des mariés se met-elle à l'annulaire ? 14.09.2026 2мин
    Vous le savez : dans de nombreux pays, les époux portent leur alliance à l’annulaire de la main gauche.Et justement, le mot « annulaire » vient du latin annularius, lui-même dérivé d’annulus, qui signifie « anneau ».Mais pourquoi avoir choisi précisément ce doigt ?La réponse tient en partie à une étonnante erreur d’anatomie vieille de plusieurs siècles.Dans l’Antiquité circulait en effet l’idée que le quatrième doigt de la main gauche possédait une connexion particulière avec le cœur.L’écrivain romain Macrobe, qui vécut aux IVe et Ve siècles, rapporte ainsi une tradition qu’il attribue aux Égyptiens : un nerf partirait du cœur pour rejoindre directement le doigt situé juste à côté de l’auriculaire.C’était faux.Mais puisque le cœur était déjà associé aux émotions et à l’attachement, placer l’anneau sur ce doigt prenait une signification particulièrement romantique : en entourant l’annulaire, on symbolisait en quelque sorte l’union de deux cœurs.Au fil des siècles, le fameux nerf va même devenir… une veine.On parlera alors de vena amoris, c’est-à-dire de « veine de l’amour », une veine censée relier directement l’annulaire gauche au cœur.L’expression elle-même est beaucoup plus récente que la croyance : l’une de ses premières attestations connues se trouve au XVIIe siècle, dans un traité anglais consacré au mariage.Évidemment, l’anatomie moderne a depuis démontré qu’une telle veine n’existe pas.L’annulaire ne dispose d’aucun vaisseau sanguin privilégié reliant directement ce doigt au cœur. Son réseau veineux fonctionne globalement comme celui des autres doigts.Cela n’a pourtant pas empêché la tradition de survivre.Les anneaux avaient déjà depuis l’Antiquité une forte valeur symbolique. Leur forme circulaire, sans commencement ni fin, se prêtait particulièrement bien à l’idée d’un engagement durable. Les Romains utilisaient notamment des anneaux liés aux fiançailles et au mariage.Avec le temps, l’anneau, le quatrième doigt et cette supposée connexion avec le cœur ont fini par se mêler dans l’imaginaire occidental.Et cette histoire laisse aujourd’hui une trace étonnante sur des millions de mains.Chaque fois qu’un marié glisse une alliance à l’annulaire gauche de son épouse — ou inversement — il perpétue donc, sans forcément le savoir, une tradition en partie fondée sur une erreur anatomique vieille de plusieurs siècles.Comme quoi une croyance peut être scientifiquement fausse… et pourtant devenir un symbole presque universel de l’amour. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
  • Pourquoi parle-t-on de « migration lessepsienne » ? 12.09.2026 2мин
    Derrière cette expression assez mystérieuse se cache l’une des plus grandes expériences écologiques involontaires provoquées par l’être humain.Le mot « lessepsienne » vient tout simplement d’un nom français : Ferdinand de Lesseps.Au XIXe siècle, ce diplomate et entrepreneur joue un rôle central dans la construction du canal de Suez. Inauguré en 1869, celui-ci relie directement la mer Méditerranée à la mer Rouge.L’objectif est évidemment commercial. Le canal permet aux navires de passer de l’Europe à l’océan Indien sans contourner toute l’Afrique.Mais en créant ce passage artificiel, l’être humain a également ouvert une autoroute pour les animaux marins.Avant la construction du canal, la Méditerranée et la mer Rouge étaient séparées par l’isthme de Suez. Des espèces vivant d’un côté ne pouvaient donc pas naturellement passer de l’autre.Après 1869, tout change.Poissons, mollusques, crustacés, méduses et autres organismes commencent progressivement à emprunter le canal. Et le mouvement se fait surtout dans une direction : de la mer Rouge vers la Méditerranée.C’est ce phénomène que les biologistes appellent la « migration lessepsienne », en hommage – ou plutôt en référence – à Ferdinand de Lesseps.Des centaines d’espèces originaires de la mer Rouge et de l’Indo-Pacifique se sont ainsi installées en Méditerranée orientale. Certaines sont aujourd’hui devenues très communes.C’est notamment le cas de plusieurs poissons-lapins du genre Siganus, mais aussi du poisson-lion, spectaculaire prédateur dont la progression inquiète les scientifiques.Pourquoi ces espèces réussissent-elles si bien ?D’abord parce que la Méditerranée orientale est relativement chaude et offre des conditions compatibles avec celles auxquelles elles sont habituées.Ensuite parce que le réchauffement climatique leur facilite encore davantage la tâche. Une Méditerranée plus chaude devient progressivement plus accueillante pour certaines espèces tropicales.Enfin, le canal lui-même a été profondément modifié. Son élargissement et son approfondissement ont facilité le passage d’organismes entre les deux mers.Cette migration n’est pas anodine.L’arrivée de nouvelles espèces peut bouleverser les écosystèmes : certaines entrent en compétition avec les espèces méditerranéennes, d’autres consomment massivement certaines algues ou deviennent de nouveaux prédateurs.La migration lessepsienne constitue donc un exemple spectaculaire de conséquence écologique indirecte.En creusant un canal pour faire circuler des bateaux, l’être humain a involontairement créé un immense corridor biologique.Et plus de 150 ans après son ouverture, le canal de Suez continue ainsi de transformer la faune de toute la Méditerranée. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
  • Pourquoi les poules pourraient-elles un jour avoir des dents ? 11.09.2026 2мин
    Vous connaissez tous l’expression « quand les poules auront des dents ».Elle signifie, en gros : jamais. Quelque chose qui se produira « quand les poules auront des dents » est censé ne jamais arriver.Et pourtant, scientifiquement, l’expression est beaucoup moins absurde qu’elle n’en a l’air. Car les ancêtres des poules avaient bel et bien des dents. Et, plus étonnant encore, les poules modernes conservent une partie de la machinerie génétique nécessaire pour en fabriquer.Pour comprendre, il faut remonter très loin dans le temps.Les oiseaux descendent de dinosaures théropodes, un groupe qui comprenait notamment de nombreux dinosaures carnivores. Leurs lointains ancêtres possédaient donc des mâchoires garnies de dents, parfois pointues et tranchantes.Et les premiers oiseaux n’y faisaient pas exception.Il y a environ 150 millions d’années, le célèbre Archaeopteryx possédait par exemple de petites dents. Plus tard, au Crétacé, d’autres oiseaux primitifs, comme Ichthyornis, avaient encore une mâchoire dentée.Puis, au cours de l’évolution, les oiseaux ont progressivement perdu leurs dents. Les ancêtres communs des oiseaux modernes semblent les avoir abandonnées il y a plus de 100 millions d’années, tandis que le bec prenait une importance croissante.Aujourd’hui, une poule normale n’a donc aucune véritable dent.Mais l’histoire devient intéressante lorsqu’on regarde ce qui se passe dans l’embryon.En 2006, des chercheurs ont étudié des embryons de poulets présentant une mutation particulière. Ils ont découvert dans leur bouche de minuscules structures ressemblant à des dents coniques.Plus spectaculaire encore : d’autres expériences ont montré qu’en modifiant certains signaux moléculaires pendant le développement, il était possible d’inciter des tissus de poulet à produire des structures dentaires.Autrement dit, après des dizaines de millions d’années sans dents, une partie du programme biologique nécessaire à leur apparition n’a pas totalement disparu.Il est plutôt devenu inutilisable dans les conditions normales du développement.C’est ce qu’on appelle parfois un caractère ancestral latent : l’évolution ne repart pas forcément de zéro. Elle transforme des mécanismes existants, en désactive certains et en réutilise d’autres.Attention toutefois : cela ne signifie pas que les poules vont naturellement se remettre à avoir des dents demain matin. Elles ont perdu plusieurs éléments génétiques indispensables à la fabrication de véritables dents fonctionnelles.Mais l’expression « quand les poules auront des dents » reste assez savoureuse.Car les poules n’ont certes plus de dents.Mais leurs ancêtres en avaient.Et des scientifiques ont déjà réussi à faire réapparaître chez des embryons de poulet quelque chose qui y ressemble fortement.Finalement, les poules ont déjà eu des dents. Et, expérimentalement, elles peuvent presque en avoir à nouveau. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
  • Pourquoi le magazine Amerika est-il entré dans l’Histoire ? 10.09.2026 2мин
    Imaginez que vous viviez en Union soviétique pendant la guerre froide.Vous ouvrez un magazine et découvrez des photographies en couleurs de supermarchés remplis de nourriture, de familles possédant une voiture, de cuisines équipées, de maisons individuelles ou encore d'étudiants sur des campus américains.Aujourd'hui, ces images sembleraient parfaitement banales.À l'époque, elles pouvaient être explosives.Ce magazine s'appelle Amerika. Il est lancé par les États-Unis à la fin de la Seconde Guerre mondiale avec une mission très particulière : être diffusé directement en Union soviétique.Il est rédigé en russe, imprimé avec soin et abondamment illustré.Mais sa grande originalité tient à sa méthode.Amerika ne répète pas à longueur de pages : « Le capitalisme est supérieur au communisme. »Il fait quelque chose de beaucoup plus subtil.Il montre.Des voitures. Des vêtements. Des appareils électroménagers. Des logements confortables. Mais aussi des artistes, des scientifiques, des universités, des paysages et la vie quotidienne des Américains.Autrement dit, le message politique se cache derrière des scènes ordinaires.Et cela fonctionne remarquablement bien.Car l'objet lui-même tranche avec la presse soviétique. Papier glacé, photographies spectaculaires, mise en page moderne : Amerika ressemble presque à un produit de luxe.Les exemplaires deviennent si recherchés qu'ils circulent de main en main. Un seul numéro peut être consulté par de nombreux lecteurs.Et c'est là que le magazine devient embarrassant pour le pouvoir soviétique.Depuis des années, la propagande officielle présente volontiers les États-Unis comme une société capitaliste profondément inégalitaire, rongée par la pauvreté et les contradictions sociales.Or Amerika introduit un doute très simple dans l'esprit du lecteur : si le capitalisme est aussi désastreux, pourquoi ces Américains semblent-ils disposer de tant de choses ?Bien sûr, l'image est soigneusement sélectionnée. Le magazine montre une Amérique avantageuse et laisse largement de côté la pauvreté, les inégalités ou les tensions raciales. C'est bien une forme de propagande.Mais justement, sa force vient de ce qu'elle n'en a pas toujours l'apparence.Les autorités soviétiques comprennent le danger. Sa distribution est régulièrement entravée et, en 1952, sa publication est interrompue. Elle reprend quelques années plus tard dans le cadre d'un accord permettant en échange à l'URSS de diffuser son propre magazine aux États-Unis.Amerika continuera finalement jusqu'en 1994, après la disparition de l'Union soviétique elle-même.Son histoire illustre parfaitement ce qu'on appelle aujourd'hui le « soft power » : influencer non par la contrainte, mais par l'attraction.Pendant la guerre froide, les États-Unis disposaient de bombes nucléaires.Mais pour ébranler certaines certitudes soviétiques, quelques photographies de supermarchés bien remplis pouvaient parfois se révéler tout aussi troublantes. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
  • Pourquoi les ascenseurs doivent-ils beaucoup à une grève ? 10.09.2026 2мин
    Aujourd’hui, entrer dans un ascenseur et appuyer sur un bouton paraît parfaitement banal. Pourtant, pendant des décennies, prendre l’ascenseur nécessitait l’intervention d’un véritable professionnel : l’opérateur d’ascenseur.Son travail ne consistait pas simplement à appuyer sur un bouton. Il devait actionner manuellement une commande pour faire monter ou descendre la cabine, ralentir au bon moment et s’arrêter précisément au niveau de l’étage. Dans les grands immeubles, les hôtels et les magasins, ces employés étaient indispensables.Mais en septembre 1945, à New York, cette dépendance va brutalement apparaître comme une faiblesse.Environ 15 000 opérateurs d’ascenseurs et employés du bâtiment se mettent en grève. Pendant plus d’une semaine, des milliers d’ascenseurs deviennent inutilisables ou fonctionnent très difficilement.Et dans une ville déjà largement verticale, les conséquences sont considérables.On estime qu’environ 1,5 million de personnes sont affectées. Certains bureaux deviennent pratiquement inaccessibles. Des employés doivent monter des dizaines d’étages à pied. Des activités commerciales ralentissent et des livraisons sont perturbées. La presse de l’époque évoque des pertes économiques se chiffrant en dizaines de millions de dollars.Cette grève révèle surtout quelque chose aux propriétaires d’immeubles : leurs bâtiments dépendent d’une main-d’œuvre dont l’absence peut quasiment les paralyser.Or une solution technologique existe déjà.Depuis plusieurs années, les fabricants développent des ascenseurs capables de fonctionner sans opérateur. L’usager entre dans la cabine, appuie sur le bouton correspondant à son étage et un système électrique contrôle automatiquement le déplacement et l’arrêt.Le problème est alors moins technique que psychologique.Beaucoup de gens hésitent encore à monter seuls dans une cabine commandée par une machine. L’opérateur rassure : sa présence donne l’impression que quelqu’un contrôle réellement l’ascenseur.La grève de 1945 contribue à modifier ce calcul. Pour les propriétaires, l’automatisation devient non seulement un moyen de réduire les coûts de personnel, mais aussi de rendre leurs immeubles moins vulnérables aux conflits sociaux.Dans les années suivantes, les ascenseurs automatiques se multiplient. Les fabricants travaillent aussi à rassurer le public : portes automatiques, boutons lumineux, alarmes, téléphones d’urgence et campagnes expliquant que ces nouvelles machines sont sûres.La disparition des opérateurs ne se produit donc pas du jour au lendemain. Elle résulte d’une évolution technologique commencée bien avant 1945.Mais la grande grève new-yorkaise aura joué le rôle d’accélérateur.Ironie de l’histoire : en voulant démontrer à quel point leur travail était indispensable, les opérateurs ont aussi montré aux propriétaires pourquoi il pouvait être avantageux de s’en passer. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
  • Pourquoi les hommes doivent-ils la bière aux femmes ? 09.09.2026 2мин
    La bière est aujourd’hui volontiers associée à un univers masculin. Pourtant, si l’on remonte à ses origines, les femmes occupent une place centrale dans son histoire.Tout commence il y a plusieurs milliers d’années, lorsque les humains commencent à cultiver des céréales au Proche-Orient.Selon un récit souvent raconté sur l’origine de la bière, des femmes chargées de préparer le pain auraient un jour laissé des grains d’orge à l’extérieur. Exposés à l’humidité, ceux-ci auraient commencé à germer. Plutôt que de les jeter, elles les auraient utilisés. Mélangées à de l’eau puis abandonnées quelque temps, les céréales auraient fermenté naturellement grâce aux levures présentes dans l’environnement.Le résultat ? Une boisson trouble, légèrement alcoolisée : une forme primitive de bière.Cette histoire est séduisante, mais il faut être prudent : nous ne savons pas qui a réellement « inventé » la bière, ni si sa découverte s’est produite exactement de cette manière.Ce que l’archéologie montre en revanche, c’est que des boissons fermentées à base de céréales existaient déjà il y a plus de 10 000 ans au Proche-Orient. Et quelques millénaires plus tard, en Mésopotamie, la bière occupe une place considérable dans la vie quotidienne.C’est là que les femmes entrent véritablement en scène.Chez les Sumériens, vers le troisième millénaire avant notre ère, la fabrication et la vente de bière sont notamment associées aux femmes. Certaines tiennent même des tavernes. Plus révélateur encore : la divinité sumérienne de la bière est une déesse, Ninkasi.Un célèbre texte, l’« Hymne à Ninkasi », datant du deuxième millénaire avant notre ère mais probablement issu d’une tradition plus ancienne, décrit d’ailleurs différentes étapes du brassage. On y retrouve un lien étroit entre bière et pain : on préparait notamment un pain à base de céréales maltées qui pouvait ensuite servir à produire la boisson.Pendant des siècles, le brassage restera largement une activité domestique et, dans de nombreuses sociétés, les tâches domestiques liées à la préparation des aliments étaient principalement assurées par les femmes.Ce n’est que progressivement, avec la professionnalisation puis l’industrialisation de la production, que le brassage deviendra un métier de plus en plus masculin.Dire que « sans les femmes, les hommes ne boiraient pas de bière » est donc évidemment une formule provocatrice.Mais elle rappelle une réalité souvent oubliée : pendant une grande partie de l’histoire de cette boisson, celles qui fabriquaient la bière étaient très souvent… des femmes. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
  • Pourquoi dit-on « se faire du mouron » ? 09.09.2026 2мин
    Quand quelqu’un s’inquiète beaucoup, on dit parfois qu’il « se fait du mouron ». L’expression est familière et un peu vieillotte, mais elle reste parfaitement compréhensible. Et son origine est assez amusante, car le « mouron » n’a, au départ, absolument rien à voir avec l’anxiété.Le mouron est d’abord… une plante.Ce nom désigne plusieurs petites plantes sauvages très communes, que l’on trouve dans les champs, les jardins ou au bord des chemins. On connaît notamment le mouron des oiseaux, une petite plante aux fleurs blanches.Alors comment cette modeste plante a-t-elle fini par désigner nos inquiétudes ?Il faut passer par l’argot parisien du XIXe siècle.À cette époque, le mot « mouron » prend un nouveau sens populaire : il désigne les cheveux, et plus largement la chevelure. L’origine exacte de cet emploi n’est pas absolument certaine, mais elle serait liée à une comparaison visuelle : les petites touffes de mouron poussant sur le sol auraient évoqué des cheveux poussant sur une tête.Dans l’argot de l’époque, « avoir du mouron sur la cage » signifie ainsi avoir des cheveux sur la tête, la « cage » désignant familièrement le crâne.C’est à partir de là que l’expression « se faire du mouron » aurait pris son sens actuel.Pourquoi ? Parce que les soucis sont traditionnellement associés aux cheveux. On dit encore aujourd’hui que l’on peut « se faire des cheveux blancs » à force de s’inquiéter. Et autrefois, on employait également l’expression « se faire des cheveux », tout simplement, pour dire que l’on se tourmentait.Le « mouron » étant devenu synonyme de cheveux, « se faire du mouron » aurait donc suivi la même logique : se faire des cheveux, autrement dit se faire du souci.L’expression se diffuse surtout dans le langage populaire à la fin du XIXe siècle et au début du XXe. Elle devient ensuite suffisamment courante pour que son origine capillaire soit presque complètement oubliée.Et c’est ce qui rend l’expression intéressante : lorsque vous dites à quelqu’un « ne te fais pas de mouron », vous ne lui parlez donc pas réellement d’une plante.Vous lui dites, indirectement, de ne pas se faire de cheveux blancs.Autrement dit, de ne pas laisser ses soucis lui pousser sur la tête. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
  • Pourquoi croyons-nous à l’impossible au cinéma ? 08.09.2026 2мин
    Lorsque vous regardez Superman voler dans le ciel, vous savez parfaitement qu’un être humain ne peut pas voler. Pourtant, pendant deux heures, cette impossibilité ne vous empêche pas de suivre l’histoire, de vous inquiéter pour le héros ou d’être ému par ce qui lui arrive.Votre cerveau l'accepte provisoirement. Et ce mécanisme porte un nom: la « suspension consentie de l’incrédulité ». Oui ! Je vous explique.D'abord, sachez que l’expression vient du poète anglais Samuel Taylor Coleridge. En 1817, il évoque cette « willing suspension of disbelief ». Et l’idée est assez simple. Pour profiter d’une œuvre de fiction, nous acceptons temporairement de mettre de côté notre scepticisme face à certains éléments irréalistes ou impossibles. Nous savons que ce que nous voyons ou lisons est inventé, mais nous acceptons de jouer le jeu.Mais cette suspension de l’incrédulité a des limites.En effet une fiction peut être totalement fantastique mais elle doit respecter ses propres règles. Imaginons qu’un roman explique pendant 300 pages que les sorciers ne peuvent devenir invisibles qu’en utilisant une cape magique. Puis, à la dernière page, le héros devient soudainement invisible simplement parce qu’il le souhaite, sans aucune explication.Le lecteur risque alors de se dire que cela n'a aucun sens. Curieusement, le problème n’est pas que l’invisibilité soit impossible dans la réalité. Le lecteur avait déjà accepté cette impossibilité. Le problème est que l’histoire vient de violer les règles qu’elle avait elle-même établies.C’est pourquoi la cohérence est souvent plus importante que le réalisme.Notre cerveau est ainsi capable de maintenir simultanément deux niveaux de compréhension : nous savons qu’une histoire est fictive tout en réagissant émotionnellement comme si ses événements avaient une importance réelle. et voilà pourquoi nous pouvons pleurer devant la mort d’un personnage dont nous savons parfaitement qu’il n’a jamais existé. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
  • Pourquoi Paris Match s’appelle-t-il ainsi ? 08.09.2026 2мин
    Avec son nom, on pourrait croire que Paris Match était à l’origine un journal consacré à des compétitions sportives organisées dans la capitale. Et ce n’est pas complètement absurde, car le mot « Match » vient effectivement… du sport.L’histoire commence en 1926 avec la création d’un hebdomadaire français simplement appelé Match. À cette époque, il s’agit essentiellement d’un journal sportif. Son nom est donc parfaitement logique : en français, le mot anglais « match » est déjà couramment employé pour désigner une rencontre sportive.Mais tout change à la fin des années 1930.En 1938, le puissant patron de presse Jean Prouvost rachète Match. Il possède déjà plusieurs journaux et souhaite créer en France un grand magazine illustré capable de raconter l’actualité grâce à la photographie. Il s’inspire notamment du célèbre magazine américain Life, lancé deux ans auparavant.Match abandonne alors progressivement sa vocation sportive. Ses pages se remplissent de reportages, d’actualité internationale et surtout de grandes photographies. La Seconde Guerre mondiale interrompt cependant cette aventure : le magazine cesse de paraître en 1940.Après la guerre, Jean Prouvost décide de reprendre son projet. Le 25 mars 1949 paraît le premier numéro d’un nouvel hebdomadaire : Paris Match.Mais pourquoi avoir ajouté « Paris » ?Le choix n’est pas totalement nouveau. Avant-guerre, Jean Prouvost avait déjà utilisé le nom Paris-Match pour une publication liée à la radio. En 1949, il récupère donc cette appellation pour son nouvel hebdomadaire.Le mot « Paris » présente aussi un immense avantage commercial. À l’époque, la capitale française bénéficie d’un prestige international exceptionnel. Paris évoque la mode, le cinéma, les artistes, l’élégance et la vie culturelle. Ajouter son nom permet donc de donner au magazine une identité immédiatement reconnaissable, y compris à l’étranger.Quant au mot « Match », il reste comme un héritage du journal sportif des origines, même si le nouveau magazine n’a plus grand-chose à voir avec le sport.Paris Match va surtout devenir célèbre pour une formule journalistique fondée sur la puissance des images. Guerres, élections, stars de cinéma, familles royales, catastrophes ou grands événements : l’actualité doit être racontée comme une histoire et montrée au lecteur grâce à des photographies spectaculaires.Cette philosophie sera résumée des décennies plus tard par un slogan devenu célèbre : « Le poids des mots, le choc des photos ».Ainsi, derrière le nom Paris Match se cache un morceau d’histoire de la presse française : celui d’un simple journal sportif devenu l’un des grands magazines d’actualité illustrés du XXe siècle. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
  • Quelle est la différence entre un compromis de vente et une promesse de vente ? 07.09.2026 2мин
    Si vous achetez un appartement ou une maison en France, vous entendrez probablement parler de « compromis de vente » et de « promesse de vente ». Dans le langage courant, on utilise parfois ces expressions comme si elles désignaient la même chose. Pourtant, juridiquement, la différence est importante.Commençons par le compromis de vente.Son principe peut se résumer par une célèbre formule du Code civil : « la promesse de vente vaut vente ». Dans un compromis, le vendeur s’engage à vendre le bien et l’acheteur s’engage à l’acheter. Les deux parties sont donc engagées réciproquement, sous réserve des conditions prévues dans le contrat.Prenons un exemple.Vous signez un compromis pour acheter un appartement 300 000 euros. Le vendeur ne peut normalement plus décider, quelques jours plus tard, qu’il préfère finalement conserver son logement. De votre côté, vous ne pouvez pas non plus simplement renoncer à l’achat une fois vos droits légaux expirés.Il existe cependant plusieurs protections pour l’acheteur.Lorsqu’il s’agit d'un logement et que l’acheteur est un particulier, celui-ci dispose notamment d’un délai légal de rétractation de dix jours. Le compromis contient aussi généralement des conditions suspensives. Par exemple, si l’achat doit être financé par un crédit et que la condition correspondante est prévue, le refus du prêt peut permettre à l’acheteur de ne pas poursuivre la transaction.La promesse unilatérale de vente fonctionne différemment.Cette fois, c’est principalement le vendeur qui s’engage. Il promet de vendre son bien à une personne déterminée, à un prix déterminé, pendant une certaine durée.L’acheteur, appelé bénéficiaire, dispose alors d’une option.Pendant le délai prévu, il peut décider d’acheter le logement : on dit qu’il « lève l’option ». Mais il peut également décider de ne pas acheter.En contrepartie de cette liberté, la promesse prévoit souvent une indemnité d’immobilisation, fréquemment fixée autour de 5 à 10 % du prix. Si l’acheteur renonce en dehors des situations lui permettant de récupérer cette somme, il peut la perdre.Retenez donc une distinction très simple.Avec le compromis, vendeur et acheteur s’engagent l’un envers l’autre.Avec la promesse unilatérale, le vendeur s’engage à vendre tandis que l’acheteur conserve, pendant un certain temps, le choix d’acheter ou non.Dans les deux cas, l’avant-contrat constitue une étape essentielle de la transaction. Il fixe notamment le prix, décrit le bien et précise les conditions de la vente avant la signature définitive chez le notaire.Autrement dit, compromis et promesse peuvent conduire exactement au même endroit : l’achat du logement.Mais juridiquement, ils n’empruntent pas tout à fait le même chemin. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
  • Pourquoi le penalty a-t-il failli ne jamais exister ? 07.09.2026 1мин
    Imaginez un match de football sans penalty. Un défenseur pourrait volontairement arrêter de la main un ballon qui se dirige vers le but, ou faire tomber un attaquant sur le point de marquer, sans risquer cette sanction que tous les joueurs redoutent aujourd’hui.Et pourtant, lorsque le penalty fut proposé à la fin du XIXe siècle, beaucoup estimèrent qu’il était tout simplement inutile.L’histoire commence en Irlande, en 1890.À cette époque, le football possède déjà des règles relativement précises, mais il n’existe encore aucune sanction équivalente au penalty actuel. En cas de faute près du but, l’équipe adverse peut obtenir un coup franc. Mais cela ne suffit pas toujours à décourager les défenseurs de commettre volontairement une faute pour empêcher un but.C’est alors qu’un gardien de but irlandais, William McCrum, imagine une solution.McCrum joue pour le Milford Football Club, dans le comté d’Armagh. Son idée est simple : lorsqu’un joueur commet volontairement une faute à proximité de son propre but, l’équipe adverse doit bénéficier d’un tir direct face au gardien. Une sanction suffisamment dangereuse pour rendre la faute beaucoup moins intéressante.Mais sa proposition provoque des résistances.Pourquoi ?Parce qu’à cette époque, le football reste profondément marqué par la culture britannique du « gentleman ». Le sport est censé reposer sur le fair-play et l’honneur. Pour certains dirigeants, imaginer une règle sanctionnant une faute volontaire revient donc à admettre qu’un joueur puisse délibérément tricher.Or, selon eux, un véritable gentleman ne ferait jamais une chose pareille.La presse britannique aurait même surnommé cette proposition la « death penalty », tant elle paraissait sévère.Mais la réalité du terrain finit rapidement par donner raison à McCrum. Les enjeux des matchs augmentent et les fautes volontaires existent bel et bien.En 1891, l’International Football Association Board, l’organisme chargé de fixer les règles du football, adopte finalement le penalty.Il est cependant assez différent de celui que nous connaissons aujourd’hui. À l’origine, le tireur peut frapper depuis n’importe quel endroit situé sur une ligne tracée à environ 11 mètres du but. Ce n’est que plus tard que le point de penalty et la surface de réparation prendront leur forme moderne.L’histoire du penalty raconte donc quelque chose de plus large sur l’évolution du football.À ses débuts, on pensait que l’honneur des joueurs pouvait suffire à garantir le respect des règles.William McCrum, lui, avait compris qu’un sport compétitif avait aussi besoin de sanctions.Et qu’en football, même les gentlemen peuvent parfois être tentés d’empêcher un but par tous les moyens. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
  • Pourquoi la démocratie est-elle à son niveau le plus bas depuis vingt ans ? 05.09.2026 3мин
    La démocratie recule dans le monde. C’est du moins ce que montre le dernier « indice de démocratie » publié par l’Economist Intelligence Unit, ou EIU.Cet indice existe depuis 2006 et cherche à mesurer le niveau de démocratie dans 167 pays et territoires. Pour cela, les chercheurs utilisent 60 indicateurs répartis en cinq grandes catégories : le fonctionnement des élections, les libertés civiles, le fonctionnement du gouvernement, la participation politique et enfin la culture politique.Chaque pays reçoit ensuite une note sur 10.Et en 2025, la moyenne mondiale est tombée à 5,16 sur 10 : le niveau le plus faible jamais enregistré depuis la création de l’indice.Plus spectaculaire encore : seulement 6,6 % de la population mondiale vit désormais dans ce que l’EIU appelle une « démocratie complète ». Dix ans auparavant, cette proportion était presque deux fois plus élevée. À l’inverse, près de 40 % de l’humanité vit aujourd’hui sous un régime qualifié d’autoritaire.Alors, comment expliquer ce recul ?Il ne signifie pas simplement que des élections disparaissent. Dans de nombreux pays, elles continuent d’exister. Le problème est plutôt que certains des mécanismes indispensables à une véritable démocratie s’affaiblissent.Dans certains États, les gouvernements exercent davantage de pression sur les médias, la justice ou l’opposition. Ailleurs, les élections restent compétitives, mais la confiance dans les institutions diminue fortement.Un autre phénomène joue un rôle important : la polarisation politique. Lorsque deux camps deviennent extrêmement hostiles l’un envers l’autre, le compromis devient plus difficile. Or une démocratie ne repose pas uniquement sur le fait de voter. Elle suppose également d’accepter les règles du jeu, la légitimité de l’opposition et, surtout, la possibilité de perdre une élection.Même les démocraties occidentales ne sont donc pas épargnées.Les États-Unis, par exemple, ne sont plus classés comme une « démocratie complète » depuis 2016, mais comme une « démocratie imparfaite ». La France oscille elle aussi autour de la frontière entre ces deux catégories.Il faut toutefois garder une nuance essentielle : cet indice n’est pas une mesure scientifique absolue de la démocratie. C’est un outil de comparaison construit à partir de critères et d’évaluations qui peuvent être discutés.Mais son évolution sur près de vingt ans révèle une tendance préoccupante : le recul ne concerne pas seulement le nombre de démocraties.Il touche aussi leur qualité.Autrement dit, la démocratie peut s’affaiblir sans disparaître brutalement. Les élections continuent, les institutions restent en place, mais progressivement, la confiance, les libertés et les contre-pouvoirs peuvent s’éroder.Et c’est précisément cette lente érosion que l’indice cherche aujourd’hui à mesurer. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
  • Pourquoi Venise a-t-elle été privée de carnaval pendant près de 200 ans ? 04.09.2026 2мин
    Aujourd’hui, impossible d’imaginer Venise sans son carnaval. Chaque année, les rues et les places se remplissent de personnages vêtus de costumes somptueux et, surtout, de ces fameux masques qui dissimulent leur identité. Pourtant, cette tradition a pratiquement disparu pendant près de deux siècles.Pour comprendre pourquoi, il faut revenir à la fin du XVIIIe siècle.À cette époque, le carnaval de Venise est déjà très ancien. Ses origines remontent au Moyen Âge et, au XVIIIe siècle, il est devenu l’un des événements les plus célèbres d’Europe. Pendant plusieurs semaines, les Vénitiens peuvent porter des masques, assister à des spectacles, jouer dans les casinos et participer à d’immenses fêtes populaires.Mais le masque possède une particularité importante : il efface temporairement les différences sociales. Un aristocrate peut côtoyer un marchand ou un simple citoyen sans être immédiatement reconnu.Et c’est précisément ce qui va inquiéter les nouveaux maîtres de Venise.En 1797, les troupes de Napoléon Bonaparte entrent dans la région. La République de Venise, qui existait depuis plus de mille ans, disparaît. Napoléon impose un nouveau régime, avant que la ville ne passe quelques mois plus tard sous domination autrichienne.Dans ce contexte politique extrêmement tendu, les autorités se méfient des rassemblements et surtout des personnes masquées. Car derrière un masque, difficile de savoir qui se cache. Des opposants peuvent se réunir anonymement, préparer des troubles ou échapper plus facilement à la surveillance de la police.Le port du masque et les festivités du carnaval sont donc fortement restreints. Sous les dominations française puis autrichienne, la grande tradition publique du carnaval vénitien disparaît progressivement.Attention toutefois : cela ne signifie pas qu’aucune fête costumée n’a lieu pendant près de 200 ans. Des célébrations privées ou ponctuelles subsistent. Mais le grand carnaval populaire qui faisait la réputation de Venise n’existe plus sous sa forme traditionnelle.Même après l’intégration de Venise au royaume d’Italie, en 1866, il ne retrouve pas immédiatement son importance passée.Il faut attendre les années 1970 pour assister à sa véritable renaissance. Des habitants, des artistes et des associations cherchent alors à ressusciter les anciennes traditions vénitiennes. En 1979, les autorités locales relancent officiellement le carnaval.Le succès est spectaculaire.En quelques années, masques, costumes et spectacles envahissent de nouveau la place Saint-Marc et les ruelles de Venise.Ainsi, l’un des carnavals les plus célèbres du monde est en réalité une tradition très ancienne… mais ressuscitée il y a seulement quelques décennies. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
  • Pourquoi Picasso n’est-il jamais devenu français ? 03.09.2026 2мин
    Voilà qui peut sembler étonnant. Pablo Picasso a vécu l’essentiel de sa vie en France. Il s’installe définitivement à Paris au début du XXe siècle, y réalise une grande partie de son œuvre et meurt dans le sud de la France en 1973. Pourtant, il n’a jamais obtenu la nationalité française.Et le plus surprenant, c’est qu’il l’a bel et bien demandée.Picasso naît en Espagne, à Malaga, en 1881. Il arrive pour la première fois à Paris en 1900. Mais très rapidement, la police française commence à s’intéresser à lui.Pourquoi ? Parce que le jeune peintre fréquente des Espagnols proches des milieux anarchistes. À cette époque, l’anarchisme inquiète énormément les autorités françaises, notamment après plusieurs attentats commis en Europe.Dès 1901, Picasso fait donc l’objet d’un rapport de police. On le soupçonne lui-même d’être anarchiste, alors qu’aucune preuve sérieuse ne permet de l’établir.Et ce vieux dossier va avoir des conséquences près de quarante ans plus tard.En 1936 éclate la guerre civile espagnole. Picasso prend clairement position contre le général Franco et soutient les républicains. L’année suivante, il peint d’ailleurs l’une de ses œuvres les plus célèbres : Guernica, en réaction au bombardement de cette ville espagnole.Puis, en 1940, alors que la Seconde Guerre mondiale vient de commencer, Picasso décide de demander officiellement la nationalité française.À ce moment-là, il est pourtant déjà mondialement connu. Mais cela ne suffit pas.Les autorités ressortent son ancien dossier de police. Elles rappellent ses supposées sympathies anarchistes et son soutien aux républicains espagnols. Un rapport des Renseignements généraux le présente comme politiquement suspect.Résultat : sa demande de naturalisation n’aboutit pas.Après la guerre, la situation change complètement. Picasso devient l’un des artistes les plus célèbres au monde. Il adhère au Parti communiste français et continue à vivre en France.Il aurait alors probablement pu tenter une nouvelle demande de naturalisation.Mais il ne le fera jamais.Le refus de 1940 semble avoir laissé des traces. Et Picasso, désormais installé et reconnu internationalement, n’avait plus vraiment besoin de devenir français.Il restera donc espagnol jusqu’à sa mort en 1973.Une situation assez paradoxale : l’un des artistes les plus célèbres de l’histoire culturelle française a passé plus de soixante-dix ans en France… sans jamais en avoir la nationalité. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
  • Pourquoi dit-on « faire des messes basses » ? 03.09.2026 1мин
    L’expression nous vient directement de la religion catholique. Et contrairement à ce que son sens actuel pourrait laisser croire, les « messes basses » n’avaient à l’origine rien de clandestin.Pendant des siècles, on distinguait en effet plusieurs manières de célébrer la messe. Il existait notamment la messe solennelle, ou messe chantée, accompagnée de chants et parfois célébrée avec plusieurs membres du clergé. Mais il existait aussi ce qu’on appelait une « messe basse ».Cette dernière était beaucoup plus sobre. Elle était célébrée par un prêtre sans chant, et les différentes prières étaient prononcées à voix relativement faible. Le terme « basse » faisait donc simplement référence au niveau de la voix, par opposition à une messe chantée ou dite à haute voix.Cette pratique était particulièrement courante avant les grandes réformes liturgiques du XXe siècle. Dans la liturgie catholique traditionnelle en latin, certaines prières étaient même dites très discrètement par le prêtre, parfois au point que les fidèles présents dans l’église ne pouvaient pas les entendre distinctement.C’est précisément cette idée de paroles prononcées à voix basse qui va progressivement sortir du domaine religieux.L’expression « faire des messes basses » commence alors à être employée au sens figuré pour désigner des personnes qui se parlent tout bas, à l’écart des autres. Mais une nuance supplémentaire apparaît : si l’on chuchote ainsi, pense-t-on, c’est probablement parce qu’on ne veut pas que les autres entendent ce que l’on raconte.Les messes basses deviennent donc synonymes de conversations secrètes, de confidences et parfois même de médisances ou de petits complots.C’est ce sens qui subsiste aujourd’hui. Lorsque, pendant une réunion, deux personnes chuchotent entre elles et que quelqu’un leur lance : « Arrêtez vos messes basses ! », personne n’imagine évidemment qu’elles sont en train de célébrer discrètement un office religieux.On leur reproche simplement d’avoir une conversation dont les autres sont exclus.L’expression est donc un bel exemple de ces formules françaises dont le sens religieux originel s’est presque complètement effacé avec le temps. Et pourtant, chaque fois que nous faisons des « messes basses », nous utilisons sans le savoir le vocabulaire de la liturgie catholique. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
  • On se retrouve très vite ! 05.06.2026
    Je suis contraint de faire une pause. Toutes mes excuses. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
  • Pourquoi les Belges disent-ils "septante" et non “soixante-dix” ? 02.06.2026 2мин
    La réponse se trouve dans l’histoire… et dans la logique !Commençons par le constat : en français, nous avons des systèmes de numération un peu… hybrides. Jusqu’à 69, tout est régulier : soixante-neuf, pas de souci. Mais ensuite, les choses se compliquent : on passe à "soixante-dix" (soixante + dix), puis "quatre-vingt" (4 x 20), "quatre-vingt-dix" (4 x 20 + 10). D’où vient ce casse-tête ?Cela remonte au Moyen Âge. À cette époque, en français, plusieurs systèmes de comptage coexistaient. Il y avait le système décimal (basé sur 10), plus simple, et le système vicésimal (basé sur 20), hérité des Celtes et des Normands. Dans certaines régions de France, notamment au nord-ouest, le système vicésimal était courant : on comptait en "vingtaines". C’est ce qui a donné "quatre-vingts", resté dans l’usage en France.Mais en Belgique, en Suisse et dans certaines régions de France (par exemple en Savoie), c’est le système décimal qui a prévalu : "septante", "octante" (anciennement), "nonante". Ces formes sont claires, régulières et en usage depuis longtemps dans ces régions.Alors pourquoi la France a-t-elle gardé les formes complexes ? Cela vient en partie de la centralisation de la langue sous l’Ancien Régime, puis sous la Révolution. Le français "standard" s’est fixé à Paris, où le système vicésimal était dominant. Avec l’école républicaine et l’imprimerie, ce modèle s’est imposé dans toute la France.En revanche, la Belgique, indépendante depuis 1830, a gardé une plus grande liberté linguistique. Le français belge s’est appuyé sur des formes plus régulières, plus claires : "septante", "nonante". Le même phénomène s’observe en Suisse romande.Fait amusant : au XVIIe siècle, même en France, des grammairiens recommandaient "septante" et "nonante", jugés plus logiques ! Mais l’usage parisien l’a emporté.En résumé : les Belges (et les Suisses) disent "septante" et "nonante" car ils ont conservé un système décimal ancien, plus cohérent. Les Français, eux, sont restés fidèles à un héritage médiéval basé sur le système vicésimal. Une petite différence qui raconte toute une histoire de la langue ! Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

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