Psychiatrie Internationale
Dr Michaël Sikorav
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Ce podcast traite des neurosciences, de la pharmacologie et de la psychiatrie clinique. Il est animé par le Dr Michaël Sikorav et propose des discussions sur les avancées et les enjeux de la psychiatrie moderne. Les épisodes couvrent des sujets allant des mécanismes neurobiologiques aux traitements médicamenteux, en passant par la pratique clinique. Le podcast vise à informer les professionnels de la santé et le public intéressé par les questions de santé mentale.
Epizody
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24 questions sur les traitements en psychiatrie 03.10.2026 33minJe réponds à 24 questions laissées par les abonnés. On parle du TDAH, du trouble borderline, de bipolarité et de ce qui se passe quand un traitement aide, qu’il ne suffit pas ou qu’il devient difficile à supporter.* Quel neuroleptique peut-on associer au méthylphénidate ?* À quelles doses peut-on associer un neuroleptique et du méthylphénidate ?* Quel est votre avis sur l’iode en santé mentale ?* Traiter l’apnée du sommeil peut-il améliorer l’état mental ?* Quelle stratégie envisager pour une dépression chronique lorsque les ISRS n’améliorent pas la dysphorie et aggravent l’anhédonie ?* Quels signes surveiller chez un jeune adulte ayant des antécédents familiaux de trouble bipolaire ?* Où en sont les connaissances sur le trouble de la personnalité borderline ?* Quelles options thérapeutiques existent pour le trouble borderline ?* Comment la thérapie comportementale dialectique peut-elle aider ?* Peut-on regrouper les articles sur les statistiques dans un dossier accessible depuis la page d’accueil du blog ?* Ritaline ou Concerta : lequel choisir pour une patiente ayant un TDAH, sous quétiapine, avec une humeur stable ?* Quel est le risque de dyskinésie tardive avec quétiapine 200 mg et Tercian 25 mg ?* Faut-il craindre un allongement du QT avec une ordonnance associant tirzépatide, Seroplex, Concerta et Laroxyl ?* Cette ordonnance pose-t-elle d’autres problèmes que le risque d’allongement du QT ?* Le Tentin peut-il être une option lorsque les autres traitements du TDAH n’ont pas fonctionné ?* Quel est votre retour de terrain sur le Tentin ?* Par quoi remplacer la paroxétine en cas de bouche sèche et de prise de poids, avec de l’olanzapine et de la lamotrigine associées ?* Pourquoi vouloir calmer l’énergie et la créativité débordantes d’une personne ayant un trouble bipolaire de type 2 ?* Peut-on passer à 5 mg de paroxétine par jour en fractionnant le comprimé, si sa forme le permet ?* Pour réduire la paroxétine, vaut-il mieux prendre 10 mg un jour sur deux ou 5 mg tous les jours ?* Autour de la ménopause, faut-il envisager un traitement hormonal ou de l’escitalopram face à une anxiété persistante ?* Une décompensation après un sevrage brutal d’antidépresseurs indique-t-elle forcément une bipolarité, ou peut-elle être liée au traitement et à son arrêt ?* Comment expliquer un trouble panique après une baisse du lithium et la difficulté à remonter la dose ?* Quelles alternatives envisager lorsque le méthylphénidate provoque de l’anxiété et empêche d’atteindre une dose efficace ?À lire aussi – TDAH et trouble borderline* Ritaline : TDAH, troubles de l’humeur et suivi* Trouble borderline : pourquoi je conseille la thérapie dialectiquePoint de vigilance scientifiqueTentin contient de la dexamphétamine. Concerta LP 18 mg contient 18 mg de chlorhydrate de méthylphénidate : l’enveloppe visible dans les selles ne ramène pas la dose à 15 mg pour tout le monde, c’est une approximation. Le méthylphénidate agit principalement sur la dopamine et la noradrénaline, pas comme un inhibiteur de la recapture de la sérotonine.L’ordonnance avec escitalopram et amitriptyline mérite une précision plus sérieuse. Le RCP de l’escitalopram contre-indique l’association avec les médicaments qui allongent le QT, dont les tricycliques. Le warning ne concerne normalement que le citalopram, mais la notice européenne a décidé d’étendre ça à l’escitalopram, sans aucune raison. La réponse orale ne doit donc pas être prise comme une validation de cette association, même avec un ECG normal. La fluvoxamine augmente aussi l’exposition à l’olanzapine ; le RCP prévoit une adaptation, pas une interdiction générale.Les psychothérapies du trouble borderline ont des résultats encourageants, mais leur certitude varie selon ce qu’on mesure. Une absence de différence nette entre thérapies ne prouve pas leur équivalence. Les données ne permettent pas non plus de dire que les soins psychiatriques généraux aggravent forcément le trouble de façon formelle. Un essai comparant mentalisation et prise en charge structurée montre une amélioration dans les deux groupes, avec des différences selon les critères.L’adversité pendant l’enfance est associée au trouble borderline. Cela ne permet pas de conclure que chaque personne a subi un traumatisme, ni que le traumatisme n’a aucun rôle causal. La méta-analyse seule ne tranche pas cette question, et ça va être difficile de le faire.Traiter une apnée du sommeil peut améliorer des symptômes dépressifs, sans effet systématique. Une synthèse trouve un effet moyen modeste ; deux essais contre traitement simulé ne retrouvent pas de bénéfice moyen à 12 semaines. Ce n’est pas un traitement universel de la dépression ou de l’anxiété.Les données sur psychostimulants et psychose dépendent de la population et du traitement associé. L’étude chez les 13–25 ans retrouve davantage de psychoses sous amphétamines que sous méthylphénidate. Une autre cohorte de personnes ayant un trouble psychotique, traitées aussi par antipsychotique, ne retrouve pas une hausse des hospitalisations. Ces observations ne démontrent ni une sécurité absolue ni l’intérêt d’ajouter un antipsychotique de routine.Il existe des options recommandées après une réponse insuffisante à un ISRS. L’arrêt de la paroxétine, de la venlafaxine ou du lithium demande aussi une stratégie individualisée. Le passage à 27:07 comporte une formulation contradictoire sur les prises un jour sur deux ; il ne faut pas l’utiliser comme protocole. La règle orale « jamais un jour sur deux » a notamment une exception possible avec la fluoxétine dans les recommandations NICE.Autour de la ménopause, les recommandations distinguent symptômes dépressifs associés aux symptômes hormonaux et dépression diagnostiquée. Le traitement hormonal est une option dans certaines situations ; il ne devient pas automatiquement la première réponse à toute anxiété ou dépression. Ne changez pas un traitement sur la base d’une réponse destinée à une autre personne.Sources scientifiques – psychotropes et psychothérapies* Psychological therapies for people with borderline personality disorder – Psychothérapies pour les personnes ayant un trouble de la personnalité borderlineCochrane Database of Systematic Reviews, 2020. Un bénéfice moyen sur la sévérité des symptômes, avec une certitude variable selon le critère. Ne démontre pas que toutes les thérapies sont équivalentes.* A Randomized-Controlled Trial of Mentalization-Based Treatment Compared With Structured Case Management for Borderline Personality Disorder in a Mainstream Public Health Service – Essai randomisé de mentalisation comparée à une prise en charge structurée du trouble borderline dans un service publicFrontiers in Psychiatry, 2020. Les deux groupes s’améliorent ; les résultats diffèrent selon le type de passage à l’acte. Une prise en charge structurée non spécialisée n’est pas forcément nocive.* Childhood adversity and borderline personality disorder – Adversité pendant l’enfance et trouble borderlineActa Psychiatrica Scandinavica, 2020. Association avec l’adversité, sensible au type de comparaison et aux biais rétrospectifs. Un traumatisme n’est ni une condition nécessaire ni une cause établie par cette seule analyse.* Effects of continuous positive airway pressure on depression and anxiety symptoms in patients with obstructive sleep apnoea: results from the sleep apnoea cardiovascular Endpoint randomised trial and meta-analysis – Effets de la pression positive continue sur la dépression et l’anxiété dans l’apnée du sommeilEClinicalMedicine, 2019. Effet moyen modeste sur les symptômes dépressifs ; aucun effet clair sur l’anxiété. La population SAVE avait aussi une maladie cardiovasculaire.* Does CPAP treat depressive symptoms in individuals with OSA? An analysis of two 12-week randomized sham CPAP-controlled trials – La pression positive traite-t-elle les symptômes dépressifs dans l’apnée du sommeilSleep Medicine, 2020. Aucune différence moyenne sur la dépression à 12 semaines face au traitement simulé. Contre-exemple à un bénéfice systématique.* Treatment with psychostimulants and atomoxetine in people with psychotic disorders: reassessing the risk of clinical deterioration in a real-world setting – Psychostimulants et atomoxétine dans les troubles psychotiques en conditions réellesThe British Journal of Psychiatry, 2024. Pas de hausse observée des hospitalisations dans cette population traitée aussi par antipsychotique. Étude observationnelle : ni garantie de sécurité ni justification d’une association de routine.* Psychosis with Methylphenidate or Amphetamine in Patients with ADHD – Psychose sous méthylphénidate ou amphétamine chez des patients ayant un TDAHNew England Journal of Medicine, 2019. Risque observé plus élevé avec les amphétamines chez les 13–25 ans. Le résultat concerne la psychose et ne mesure pas tous les effets à long terme.* Risk factors for early recurrence after discontinuing lithium in bipolar disorder – Facteurs de récidive précoce après l’arrêt du lithium dans le trouble bipolaireBipolar Disorders, 2022. Un arrêt rapide est associé à une récidive plus précoce. L’étude ne permet pas d’attribuer un épisode précis d’anxiété à une réduction de dose.* TENTIN 5 mg, comprimé – Résumé des caractéristiques du produit – Informations officielles sur TentinBase de données publique des médicaments, 2026. Contient du sulfate de dexamphétamine. Le confondre avec le dexméthylphénidate est une erreur de molécule. RCP du 11 mai 2026 ; indication pédiatrique précise après réponse insuffisante au méthylphénidate.* CONCERTA LP 18 mg, comprimé à libération prolongée – Résumé des caractéristiques du produit – Informations officielles sur Concerta LP 18 mgBase de données publique des médicaments, version consultée en 2026. Le comprimé contient 18 mg de chlorhydrate de méthylphénidate. Son enveloppe insoluble peut être éliminée après libération du médicament ; elle ne justifie pas le calcul oral de 15 mg.* SEROPLEX 5 mg, comprimé pelliculé – Résumé des caractéristiques du produit – Informations officielles sur l’escitalopramBase de données publique des médicaments, version consultée en 2026. L’association avec un médicament qui allonge le QT, dont les antidépresseurs tricycliques, est contre-indiquée. Un ECG normal ne supprime pas cette contre-indication.* LAROXYL 25 mg, comprimé pelliculé – Résumé des caractéristiques du produit – Informations officielles sur l’amitriptylineBase de données publique des médicaments, version consultée en 2026. L’amitriptyline est un antidépresseur tricyclique avec des précautions concernant le rythme cardiaque. À lire avec le RCP de l’escitalopram pour l’ordonnance évoquée.* OLANZAPINE ZENTIVA 5 mg, comprimé pelliculé – Résumé des caractéristiques du produit – Informations officielles sur l’olanzapine et ses interactionsBase de données publique des médicaments, version consultée en 2026. La fluvoxamine augmente l’exposition à l’olanzapine par inhibition du CYP1A2. Le RCP prévoit une adaptation ; il ne décrit pas une interdiction absolue de l’association.* Depression in adults: treatment and management – Dépression de l’adulte prise en charge et traitementNICE NG222, 2022. Options après réponse insuffisante aux ISRS et arrêt progressif individualisé. Paroxétine et venlafaxine demandent une vigilance particulière ; la fluoxétine constitue une exception possible à l’alternance des prises.* Borderline personality disorder: recognition and management – Trouble de la personnalité borderline identification et prise en chargeNICE CG78, 2009. Prise en charge structurée, gestion des crises et psychothérapies. Ne justifie pas de refuser systématiquement des soins ou d’affirmer que toute psychiatrie générale aggrave le trouble.* Menopause: identification and management – Ménopause identification et prise en chargeNICE NG23, 2015, recommandations amendées en 2024. Distingue symptômes autour de la ménopause et dépression diagnostiquée. Le traitement hormonal ne remplace pas automatiquement la prise en charge d’un épisode dépressif.Cette fiche a été rédigée avec l’IA. This is a public episode. If you'd like to discuss this with other subscribers or get access to bonus episodes, visit www.psychiatrieinternationale.com/subscribe -
Il allait mieux mais ne prenait pas son traitement 01.10.2026 19minUn patient que je suis depuis deux ans va beaucoup mieux, et sa femme finit par m’annoncer qu’il ne prend pas ses traitements. Ma première réaction ne ressemble pas du tout à ce qu’elle attendait. On part de cette consultation pour parler de ce qu’on comprend, ou pas, quand quelqu’un arrête ses médicaments.Quand l’arrêt devient une affaire de confianceIl y a les effets secondaires, ce que le patient perçoit de sa maladie, et ce que ses proches voient à sa place. Puis il y a le mensonge. Est-ce qu’on peut ramener tout ça à « il ne me fait pas confiance » ? Avec Pauline, on n’est pas d’accord sur tout. C’est ce qui rend la discussion intéressante.La souffrance qu’on rajoute à la souffranceÀ Noël, certains patients sont tristes et se disent qu’en plus, tout le monde est heureux. On revient sur cette comparaison et sur les intentions qu’on prête aux autres, avec un fond de généralisation – cette mauvaise habitude dont les patients ont souvent du mal à se défaire. C’est important, ne serait-ce que parce qu’une interprétation est souvent beaucoup plus lourde à porter que les faits eux-mêmes.À lire aussi* Je suis psychiatre et je n’ai pas vu mon humeur chuter – Encore une réduction de traitement et une dégradation que l’entourage repère avant le patient.* Trouble bipolaire : penser le traitement au long cours – Les arbitrages entre prévention des rechutes, effets indésirables et fonctionnement au quotidien.Point de vigilance scientifiqueLe patient décrit au début va mieux sans prendre son traitement. C’est une observation clinique, pas une démonstration que les médicaments sont inutiles ou que l’arrêt est sans risque. Dans le trouble bipolaire, la non-observance est fréquente (jusqu’à 80% des patients au bout d’un an), avec des causes multiples ; la prévention des rechutes reste un objectif du traitement au long cours.Les chiffres donnés à l’oral ne sont pas des taux universels. En particulier, CATIE rapporte 74 % d’arrêts du médicament avant 18 mois, et non trois quarts des patients sans aucun traitement à un an comme on l’a dit dans la vidéo. La formule sur la maladie mentale qui ferait mentir, et l’explication par l’économie d’énergie cérébrale ne sont que des interprétations : à ne pas prendre au pied de la lettre.Une réduction prudente des traitements est parfois envisageable chez certains patients, mais les résultats dépendent de la population et du protocole. En pratique, on voit de tout : c’est parfois miraculeux, et les patients sont encore mieux qu’avant. Et c’est parfois dramatique, avec des rechutes fulgurantes et un retour en arrière.L’étude GARMED dont on parle souvent montre des résultats favorables dans une population sélectionnée de psychoses en rémission – des résultats qu’on ne peut pas généraliser à toutes les pathologies, bipolaires ou autres.Sources scientifiques – Observance et arrêt des traitements* Medication nonadherence in bipolar disorder: a narrative review – Non-observance médicamenteuse dans le trouble bipolaire : une revue narrative.Therapeutic Advances in Psychopharmacology, 2018. Effets indésirables, insight et alliance thérapeutique figurent parmi les facteurs associés. Revue narrative, sans taux applicable à tous les patients.* The CANMAT and ISBD Guidelines for the Treatment of Bipolar Disorder: Summary and a 2023 Update of Evidence – Recommandations CANMAT et ISBD pour le traitement du trouble bipolaire : synthèse et mise à jour 2023 des données.Focus, 2023. Synthèse des recommandations pour les épisodes aigus et le traitement de maintenance, en tenant compte de l’efficacité et de la tolérance.* Effectiveness of antipsychotic drugs in patients with chronic schizophrenia – Efficacité des antipsychotiques chez les patients atteints de schizophrénie chronique.New England Journal of Medicine, 2005. CATIE rapporte 74 % d’arrêts du médicament assigné avant 18 mois, toutes causes confondues. Changer ce médicament ne veut pas dire que les patients arrêtaient tous les soins.* Maintenance treatment with antipsychotic drugs for schizophrenia – Traitement d’entretien de la schizophrénie par antipsychotiques.Cochrane Database of Systematic Reviews, 2020. À 7–12 mois, les rechutes concernent 24 % des participants sous antipsychotique contre 61 % sous placebo. Ces résultats sont pour la schizophrénie, et on n’a pas vraiment d’information sur le très long terme.* Guided antipsychotic reduction to reach minimum effective dose (GARMED) in patients with remitted psychosis: a 2-year randomized controlled trial with a naturalistic cohort – Réduction guidée des antipsychotiques vers la dose minimale efficace chez des patients avec une psychose en rémission : essai randomisé de deux ans avec cohorte naturaliste.Psychological Medicine, 2023. Une réduction progressive et guidée peut réussir chez des patients sélectionnés et stables. Essai ouvert de petite taille, qui ne valide pas un arrêt non accompagné. This is a public episode. If you'd like to discuss this with other subscribers or get access to bonus episodes, visit www.psychiatrieinternationale.com/subscribe -
Pourquoi la bipolarité de l’enfant passe pour un TDAH 29.09.2026 49minDes difficultés attentionnelles, une irritabilité, une hyperactivité motrice ou une dépression ne veulent pas forcément dire qu’on a affaire à un TDAH – ni à un trouble bipolaire. C’est vrai chez les mineurs comme chez les adultes. La vidéo s’attaque à un problème que les cliniciens voient tous les jours en pratique :Comment faire la part des choses entre trouble de l’humeur et TDAH sans transformer le doute en certitude, que ce soit d’un côté ou de l’autre ?L’importance de la trajectoireLes symptômes ne suffisent pas pour faire le diagnostic. Il on a plusieurs validateurs externes :la chronologiele caractère épisodique ou permanent des symptômesl’évolution longitudinale du sommeil et de l’énergieles antécédents familiauxle fonctionnement entre les épisodesIl y en a d’autres, mais cette dimension temporelle supplémentaire explique pourquoi deux tableaux proches à un instant donné peuvent terminer sur des décisions pratiques qui n’ont rien à voir.Traiter sans fabriquer une fausse certitudeLa question se complique quand on arrive à l’étape de la prescription. Fluoxétine, méthylphénidate, lithium, lamotrigine, quétiapine ou aripiprazole ne sont pas efficaces sur les épisodes de la même façon et ne reposent pas sur le même niveau de preuve – chez l’adulte non plus, d’ailleurs.La vidéo montre mon raisonnement, ses limites, ses dangers (car il y en a), et l’importance des parents quand le suivi compte autant que le choix initial.Le temps fait le diagnostic.À lire aussi – diagnostic différentiel et traitementsTDAH ou bipolaire ? Comment faire le diagnosticTDAH et trouble bipolaire : traitement This is a public episode. If you'd like to discuss this with other subscribers or get access to bonus episodes, visit www.psychiatrieinternationale.com/subscribe -
Une journée au cabinet 27.09.2026 29minUne journée au cabinet de psychiatrie, en vrac. Je raconte mes consultations de la journée, des choix de traitements et les questions du direct – de la grossesse et du tabac aux TOC, au TDAH, à la rTMS en passant par le post-partum. J’ai modifié les détails qui pourraient permettre d’identifier les patients. Si vous vous reconnaissez, ça n’est pas vous.Enfin, le rappel habituel : ce sont des situations cliniques discutées avec le grand public. Je ne prétends pas donner des règles générales ni des conseils individuels.Ce qui se joue en consultationGrossesse, tabac, alcool, TOC, TDAH, douleurs polymorphes : les comorbidités sont la règle, et les situations ne rentrent jamais dans une seule case. Je parle des patients que j’ai vus et des questions que ça me pose.Traitements et effets indésirablesJe parle comme toujours des psychotropes – je reste avant tout un prescripteur. Ici, on discute de la varénicline, de la rispéridone, du lithium et de la venlafaxine. On parle aussi de surveillance, d’effets indésirables et de la difficulté de choisir quand on n’a pas d’études pour nous aider.Les questions du directOn termine avec la rTMS, l’allaitement, le post-partum et la NAC. Certaines réponses sont spontanées. Je garde les nuances et les vérifications scientifiques à part, ci-dessous, sans réécrire ce qui a été dit dans la vidéo.Abonnez-vous à Psychiatrie Internationale pour recevoir les articles gratuits.S’abonner à l’édition complèteVous lisez l’édition gratuite de Psychiatrie Internationale. Accédez aux articles, vidéos, discussions et lives réservés aux abonnés payants.Vous avez accès à l’édition complète de Psychiatrie Internationale. Merci pour votre confiance et votre soutien.N’oubliez pas la formation de thérapie comportementale dialectique le 19 novembre !À lire aussi – lithium et rTMS* Lithium les erreurs d’une fiche destinée aux patients* Veille scientifique : rTMS, suicide et pharmacogénomiquePoint de vigilance scientifiqueMa réserve sur la rTMS ne signifie pas qu’aucun essai ne trouve de bénéfice : une méta-analyse d’essais contrôlés contre stimulation simulée rapporte un effet dans certaines dépressions résistantes. Les protocoles et les patients étudiés varient énormément d’une étude à l’autre.L’analyse d’EAGLES ne montre pas d’augmentation significative des événements neuropsychiatriques avec la varénicline chez les participants atteints de troubles psychiatriques ; elle porte surtout sur des patients cliniquement stables et n’aborde pas la question chez ceux qui ont un trouble actuel lié à l’usage de substances.À l’inverse, l’essai randomisé sur la NAC n’a pas montré de réduction globale de la consommation de cocaïne chez les personnes qui en consommaient encore et le signal chez les sujets déjà abstinents était exploratoire.Sur la dépression du post-partum, il faut distinguer le dépistage universel par questionnaire à seuil – que déconseille la recommandation canadienne – des ressources françaises qui présentent l’EPDS comme une aide au diagnostic ou à l’évaluation de la sévérité. Enfin, j’ai un biais personnel contre le dépistage de la dépression du post-partum si c’est pour ne rien faire derrière. J’en ai parlé dans mon bouquin.Littérature scientifique – traitements discutés* Neuropsychiatric Safety and Efficacy of Varenicline, Bupropion, and Nicotine Patch in Smokers With Psychotic, Anxiety, and Mood Disorders in the EAGLES Trial – Sécurité neuropsychiatrique et efficacité de la varénicline, du bupropion et des patchs nicotiniques chez des fumeurs présentant des troubles psychotiques, anxieux ou de l’humeur dans l’essai EAGLES.Une analyse secondaire qui ne trouve pas d’augmentation significative des événements neuropsychiatriques sous varénicline ou bupropion dans la cohorte psychiatrique. En pratique, c’est plus nuancé à mon avis – on en a déjà parlé.* Efficacy of repetitive transcranial magnetic stimulation (rTMS) adjunctive therapy for major depressive disorder (MDD) after two antidepressant treatment failures: meta-analysis of randomized sham-controlled trials – Efficacité de la rTMS en traitement d’appoint de la dépression majeure après l’échec de deux antidépresseurs : méta-analyse d’essais randomisés contrôlés contre stimulation simulée.Plus de réponses et de rémissions avec la stimulation active. Ce résultat concerne les protocoles et les populations inclus ; ça ne dit rien sur l’ensemble des indications et les autres modalités de la rTMS.* A double-blind placebo-controlled trial of N-acetylcysteine in the treatment of cocaine dependence – Essai en double aveugle contrôlé contre placebo de la N-acétylcystéine dans la dépendance à la cocaïne.Le résultat principal est négatif chez les participants qui consommaient encore de la cocaïne. Le signal de prévention de la rechute chez les personnes déjà abstinentes provient d’un sous-groupe exploratoire ; autrement dit, ça pèse pas lourd.À lire aussi – abonnés payants : Effet placebo, sertraline et grossesse This is a public episode. If you'd like to discuss this with other subscribers or get access to bonus episodes, visit www.psychiatrieinternationale.com/subscribe -
Dépression : généraliste contre psychiatre 24.09.2026 1h 35minUn confrère généraliste est venu au cabinet. La question de départ est simple : comment présenter la dépression aux patients sans les noyer sous les informations ? Et comment choisir un traitement sans données pour se guider ?D’une explication simple à une vraie prescriptionOn compare notre vision des antidépresseurs et des anxiolytiques. La discussion passe aussi par la sertraline, l’agomélatine, la paroxétine, le lithium et les benzodiazépines. Le désaccord porte surtout sur les effets indésirables, la façon d’expliquer les risques et le suivi.Savoir prescrire et orienterLa seconde partie parle des limites concrètes. Quand adresser au psychiatre ? Que faire des recommandations qui ne parlent pas des patients devant nous ? Et que reste-t-il de l’expérience clinique quand les patients et les médecins interrogent l’IA avant la consultation ?Mes conseils aux généralistesOn termine avec ce que je pense essentiel pour la prise en charge de la dépression en médecine générale. J’espère que ça sera bien pris.À lire aussi – antidépresseurs et décision clinique* Antidépresseurs : les risques à connaître avant de commencer* Antidépresseurs et sevrage ce que l’on sait vraimentPoint de vigilance scientifiquePlusieurs phrases de la conversation sont volontairement tranchées. Elles ne doivent pas être lues comme des conclusions générales. Les antidépresseurs ont un bénéfice moyen supérieur au placebo chez l’adulte – un bénéfice modeste et hétérogène, mais qui est bien présent. Chez l’adolescent, les données sont plus fragiles, sans justifier la formule « aucun antidépresseur ne marche ». La paroxétine cumule des problèmes de tolérance et de sevrage, mais elle n’est pas la moins efficace.Littérature scientifique – antidépresseurs, sevrage et soins primaires* Comparative efficacy and acceptability of 21 antidepressant drugs for the acute treatment of adults with major depressive disorder: a systematic review and network meta-analysis – Efficacité et acceptabilité comparées de 21 antidépresseurs dans le traitement aigu du trouble dépressif majeur chez l’adulte : revue systématique et méta-analyse en réseau.Cette synthèse de 522 essais conclut que les 21 antidépresseurs étudiés font mieux que le placebo à court terme. Les différences moyennes entre molécules restent plus petites et la certitude va de modérée à très faible. Une méta-analyse qui a fait le tour du monde en étant très mal interprétée.* Maintenance or Discontinuation of Antidepressants in Primary Care – Maintien ou arrêt des antidépresseurs en soins primaires.Dans ANTLER, la rechute à un an concernait 39 % du groupe maintien et 56 % du groupe arrêt. Les symptômes de sevrage compliquent l’interprétation des aggravations précoces. Une autre étude sur le sujet vient de sortir, c’est dans les articles en préparation.* Incidence of antidepressant discontinuation symptoms: a systematic review and meta-analysis – Incidence des symptômes d’arrêt des antidépresseurs : revue systématique et méta-analyse.En prenant en compte la part du placebo, les symptômes de sevrage attribuables à l’antidépresseur sont autour de 15 %, avec une hétérogénéité marquée et des formes sévères plus rares.* Restoring Study 329: efficacy and harms of paroxetine and imipramine in treatment of major depression in adolescence – Restauration de l’étude 329 : efficacité et risques de la paroxétine et de l’imipramine dans la dépression majeure de l’adolescent.La réanalyse des données ne retrouve pas d’avantage de la paroxétine ou de l’imipramine sur le placebo pour les critères préspécifiés et met en évidence des dommages sous-déclarés dans la publication initiale. Un papier classique.* A systematic review of agomelatine-induced liver injury – Revue systématique des atteintes hépatiques induites par l’agomélatine.L’agomélatine est associée à un signal hépatique supérieur au placebo et à plusieurs comparateurs. Son usage impose le calendrier de surveillance hépatique prévu dans le résumé des caractéristiques du produit.* Meta-Analysis of Placebo Response in Adult Antidepressant Trials – Méta-analyse de la réponse placebo dans les essais d’antidépresseurs chez l’adulte.Une grande partie de l’amélioration observée dans les bras actifs existe aussi dans les groupes placebo. This is a public episode. If you'd like to discuss this with other subscribers or get access to bonus episodes, visit www.psychiatrieinternationale.com/subscribe -
Antidépresseurs : les risques à connaître avant de commencer 14.09.2026 41minIl y a pas mal de choses à aborder avant de prendre un antidépresseur. Libido, poids, sommeil, émotions… Je reprends les principaux points à discuter avant de commencer le traitement, pendant, et après.Les changements qu’on ne voit pas tout de suiteDans la vidéo, je parle aussi des changements discrets. Moins d’élan. Moins de désir. Quelques kilos qui s’installent. Je donne des exemples de ce qu’il faut surveiller en consultation et les erreurs qu’il m’arrive encore de faire.Pour approfondir la question du poids, j’en parle dans cette vidéo : Pourquoi les médicaments psy font grossir.Et si on arrête le traitement ?Quand on va moins bien après un arrêt, comment comprendre ce qui se passe ? C’est là qu’on retrouve la question du sevrage, de la rechute et de l’intérêt de poursuivre le traitement. Je reviens sur ce dilemme et sur la discussion qu’il mérite avec le prescripteur. On est très loin des discours simplistes et caricaturaux qu’on voit sur les réseaux. La psychiatrie n’est pas parfaite, mais elle mérite quand même mieux que ça – ou plutôt, les patients le méritent.Abonnez-vous à Psychiatrie Internationale pour recevoir les articles gratuits.S’abonner à l’édition complèteVous lisez l’édition gratuite de Psychiatrie Internationale. Accédez aux articles, vidéos, discussions et lives réservés aux abonnés payants.Vous avez accès à l’édition complète de Psychiatrie Internationale. Merci pour votre confiance et votre soutien.À lire aussi – Sevrage et risque de virage maniaque* Antidépresseurs et sevrage : ce qu’on sait vraiment * Antidépresseurs et bipolarité : quel risque de virage maniaque ? * Vous pouvez vous abonner aux vidéos de formation sur ce lien. Littérature scientifique – Poids et arrêt des antidépresseurs* Medication-Induced Weight Change Across Common Antidepressant Treatments: A Target Trial Emulation Study – Variation de poids induite par les médicaments selon les traitements antidépresseurs courants : une étude émulant un essai cible Petimar et collègues, Annals of Internal Medicine, 2024 : cette étude compare les évolutions pondérales associées à huit antidépresseurs et montre l’intérêt de distinguer les molécules.* Maintenance or Discontinuation of Antidepressants in Primary Care – Maintien ou arrêt des antidépresseurs en soins primairesLewis et collègues, New England Journal of Medicine, 2021 : cet essai compare maintien et arrêt du traitement et documente à la fois les rechutes et les symptômes de sevrage. This is a public episode. If you'd like to discuss this with other subscribers or get access to bonus episodes, visit www.psychiatrieinternationale.com/subscribe -
Ma femme me connaît mieux que moi 09.09.2026 38minLe Big Five est probablement le modèle de personnalité le plus solide scientifiquement. Si ce modèle n’est pas correct, on peut supprimer tout un pan de la psychologie : le reste n’est pas bon non plus. Dans cette vidéo, je compare mon propre profil à l’évaluation qu’en fait Clara – et réciproquement.Que mesure le Big Five ?Le Big Five décrit la personnalité sur 5grandes dimensions : le neuroticisme, l’extraversion, l’ouverture à l’expérience, l’agréabilité et la conscienciosité. Il y a aussi des sous-domaines, je vous en reparlerai. Ici, on utilise le test NEO-FFI, qui n’adresse que les 5 domaines. On a rempli le même questionnaire chacun de notre côté, puis en essayant de répondre à la place de l’autre.Votre conjoint vous connaît-il mieux que vous-même ?Le plus intéressant n’est pas le résultat du test (même si on a parfois des surprises), mais les écarts entre l’auto-évaluation et celle du conjoint. Il y a des dimensions sur lesquelles on est presque parfaitement d’accord. Sur d’autres, beaucoup moins. Attention, il y a un piège. Ce n’est pas parce que les deux parties sont d’accord que c’est vrai pour autant. À l’inverse, ce n’est pas parce qu’il y a un désaccord que l’un ou l’autre a raison.Les limites d’un test de personnalitéLes réponses à un questionnaire de personnalité ne font pas office de diagnostic psychiatrique, et ne prétendent pas non plus être une description exhaustive d’une personne. Il mesure des traits de personnalité relativement larges et permet surtout de structurer la réflexion sur la connaissance de soi. De la même façon, regarder quelqu’un sur YouTube ou lire ses publications peut donner certaines informations sur sa personnalité, mais certainement pas assez pour s’imaginer connaître cette personne – et encore moins lui porter un diagnostic.Comment faire le testLe document consulté est disponible ici: https://chrisaikenmd.com/wp-content/uploads/2025/01/neo.pdfLa façon correcte de faire le score est celle-ci:Chaque question est notée de 0 à 4:* 0 = très faux* 1 = un peu faux* 2 = moyen* 3 = un peu vrai* 4 = très vraiIl faut ensuite additionner les scores aux questions pour chacun des 5 domaines :Les questions marquées marquées d’un astérisque doivent être additionnées à l’opposé (si j’ai 4 à la question, j’additionne en réalité 0, si j’ai 2, j’additionne 2, si j’ai 3 j’additionne 1, et si j’ai 1 j’additionne 3).Vous avez ensuite les scores pour chaque domaine.Vous avez ici les scores moyens, les valeurs extrêmes et les écarts-types pour chaque domaine:Par exemple : 68% des gens ont un score de névrosisme compris entre 25 et 45 (moyenne +/1 un écart-type).À vous de jouer !Pour ceux qui veulent un récit plus personnel sur la psychiatrie, le trouble bipolaire, l’hôpital et les traitements : mon livre Blouse blanche, idées noires est disponible ici.À lire ensuite – personnalité et regard des autres* Quels troubles de la personnalité ne devraient plus être dans le DSM ? – Pourquoi les catégories diagnostiques de personnalité ne doivent pas être confondues avec de simples traits de personnalité.* La “notoriété” – Sur l’écart entre l’image publique d’une personne et sa réalité quotidienne.Sources scientifiques à lire* Self- and Observer Reports of Personality – Auto-évaluations et évaluations de la personnalité par des observateurs – Revue de 2025 montrant une concordance élevée entre auto-évaluations et évaluations par des proches, avec des différences selon les traits.* Who knows what about a person? The self-other knowledge asymmetry (SOKA) model – Qui sait quoi sur une personne ? Le modèle d’asymétrie des connaissances entre soi et autrui – Un papier qui montre que le meilleur évaluateur dépend du trait : le sujet lui-même peut mieux juger certains traits difficilement observables.* Assessing personality using zero-shot generative AI scoring of brief open-ended text – Évaluer la personnalité par cotation zero-shot de courts textes libres à l’aide d’une IA générative – Étude de 2026 montrant qu’un signal Big Five peut être extrait de récits et journaux vidéo, ce qui nuance l’idée qu’aucune information sur la personnalité ne peut être obtenue à partir de contenu public.* Why the Big Five personality traits are composites, not common causes: Implications for measurement, prediction, and causal inference – Pourquoi les traits du Big Five sont des composites et non des causes communes : implications pour la mesure, la prédiction et l’inférence causale – Article théorique de 2026 rappelant qu’un score Big Five décrit un ensemble de caractéristiques et ne peut pas être réifié comme une cause unique du comportement. This is a public episode. If you'd like to discuss this with other subscribers or get access to bonus episodes, visit www.psychiatrieinternationale.com/subscribe -
Trouble borderline : pourquoi les relations deviennent si intenses 07.09.2026 1h 15minLe trouble borderline ne se résume pas aux sautes d’humeur ou aux scarifications. Le Dr Deborah Ducasse (psychiatre spécialisée travaillant au CHU de Montptellier) nous explique pourquoi. On essaie aussi de voir ce qui se passe derrière l’instabilité relationnelle, le sentiment de vide, la peur de l’abandon et la dysrégulation émotionnelle.Pourquoi les relations deviennent si intensesUne grande partie de la discussion porte sur la manière dont les symptômes se manifestent dans la relation : la peur de perdre l’autre, ce besoin intoxicant de connexions interpersonnelles, les réactions impulsives, la colère, la honte et les comportements qui sont parfois vus comme une simple volonté de manipuler. On préfère regarder leur fonction au lieu de s’arrêter à l’étiquette.Ce que la TCD cherche réellement à changerOn revient ensuite sur la logique de la thérapie comportementale dialectique : apprendre des compétences, sortir du tout ou rien, travailler la pleine conscience et la décentration, mais aussi valider l’expérience d’une personne tout en l’aidant à changer ses comportements. On termine sur les données récentes qui regardent quelles parties de la TCD sont indispensables – c’est important, parce que le dispositif est lourd à mettre en place. Groupes de compétences, coach téléphonique, thérapeute personnel, supervision… ça n’est pas donné à tout le monde.Vous trouverez d’autres articles et vidéos sur le sujet en consultant l’index du blog sur les thérapies – TCC, pleine conscience, etc.La TCD a changé ma vie et ma pratique. Je l’ai mise en place seul (du moins, je m’en suis inspiré) et c’est pour ça que je fais une formation dessus.Le 19 novembre, de 9 h à 18 h, je vous montre comment l’intégrer dans votre quotidien – que vous soyez patient, soignant ou proche.On abordera la régulation émotionnelle, la tolérance à la détresse, l’efficacité interpersonnelle et les outils pratiques de la TCD – des compétences indispensables bien au-delà du trouble borderline.La formation est réservée aux membres fondateurs. Ils auront accès au replay, qui s’ajoutera aux 20 heures de formations déjà disponibles.À bientôt !À lire aussi – Traitement du trouble borderline* Trouble borderline : ce qui compte vraiment pour le diagnostic* Thérapie du trouble borderline : une introduction pratique à la prise en charge du trouble borderline.* La DBT : comprendre et réguler ses émotionsLittérature scientifique – TCD et trouble borderline* Stand-alone dialectical behavior therapy skills training for borderline personality disorder: A systematic review and meta-analysis – Entraînement autonome aux compétences de thérapie comportementale dialectique pour le trouble de la personnalité borderline : revue systématique et méta-analyse. 7 études dont 5 méta-analysées, qui montrent des améliorations pré–post importantes mais hétérogènes.* Dialectical Behavior Therapy vs Schema Therapy for Patients With Borderline Personality Disorder: The BOOTS Multicenter Randomized Clinical Trial – Thérapie comportementale dialectique versus thérapie des schémas chez des patients présentant un trouble de la personnalité borderline : essai clinique randomisé multicentrique BOOTS. Chez 204 patients suivis trois ans, aucune supériorité n’est retrouvée entre TCD et thérapie des schémas et les deux groupes s’améliorent fortement. Un papier qui a été largement cité. This is a public episode. If you'd like to discuss this with other subscribers or get access to bonus episodes, visit www.psychiatrieinternationale.com/subscribe -
Paroxétine (Deroxat) : effets secondaires, prise de poids et sevrage 01.09.2026 2minLa paroxétine est un antidépresseur de la famille des ISRS. Mais tous les antidépresseurs ne se ressemblent pas, notamment en matière d’effets indésirables. Retrouvez plus d'information sur le blog : michaelsikorav.com This is a public episode. If you'd like to discuss this with other subscribers or get access to bonus episodes, visit www.psychiatrieinternationale.com/subscribe -
La HAS n’a pas lu les études du brexpiprazole 01.09.2026 22minPourquoi la HAS a refusé le remboursement du brexpiprazoleEn 2025, la Haute Autorité de santé a estimé que le service médical rendu (SMR) du brexpiprazole était insuffisant dans la schizophrénie. Encore un traitement dont on ne verra pas la couleur. Leur argument : le brexpiprazole n’a rien d’une révolution, et le dossier n’a pas montré de supériorité face à un comparateur actif. Le problème, c’est que les études ne sont pas faites contre un comparateur actif, mais contre du placebo.En plus de ça, les échanges publics de la Commission interrogent : les données ont-elles été lues et discutées avec la même exigence que celles des anciens antipsychotiques. Le contraste le plus difficile à défendre reste celui du Tercian (cyamémazine), largement utilisée malgré un niveau de preuve inexistant. Le problème est détaillé dans Cyamémazine (Tercian) : quelles études chez les jeunes ? et ailleurs – vous savez à quel point ça m’agace.PANSS, symptômes négatifs, et paradoxe du TercianContrairement à ce qu’ont dit les “experts”, les essais du laboratoire fabricant comportaient bien des résultats sur la sous-échelle négative de la PANSS. Je ne dis pas que le brexpiprazole est plus efficace qu’un autre dans les symptômes négatifs. Mais les experts de la HAS ne peuvent pas dire que nous n’avons pas de données sur cette question.J’avais déjà repris le dossier en détail dans Le brexpiprazole et la HAS.À lire aussi – les “experts” et les preuves en psychiatrie* Experts en psychiatrie : placebo, schizophrénie et preuves (1)* Experts en psychiatrie : les sources à l’épreuve (2)Littérature scientifique – l’efficacité du brexpiprazole dans la schizophrénie* Efficacy and Safety of Brexpiprazole for the Treatment of Acute Schizophrenia: A 6-Week Randomized, Double-Blind, Placebo-Controlled Trial – Efficacité et tolérance du brexpiprazole dans la schizophrénie aiguë : essai randomisé, en double aveugle, contrôlé contre placebo pendant six semaines. Cet essai pivot retrouve une amélioration de la PANSS totale face au placebo. On a aussi les données pour la sous-échelle négative, mais c’était une analyse secondaire.* Efficacy and Safety of Brexpiprazole as Maintenance Treatment in Adults with Schizophrenia: a Randomized, Double-Blind, Placebo-Controlled Study – Efficacité et tolérance du brexpiprazole en traitement d’entretien chez l’adulte atteint de schizophrénie : essai randomisé, en double aveugle, contrôlé contre placebo. Après stabilisation sous brexpiprazole, les patients randomisés vers le placebo rechutaient davantage, d’où l’arrêt anticipé de l’essai. Attention, c’est encore une étude de maintenance avec un échantillon enrichi. This is a public episode. If you'd like to discuss this with other subscribers or get access to bonus episodes, visit www.psychiatrieinternationale.com/subscribe -
Trouble bipolaire : le traitement au-delà des symptômes 27.08.2026 41minLe traitement du trouble bipolaire ne se limite pas à choisir un thymorégulateur (ou n’importe quel autre traitement) avec l’objectif de supprimer tous les symptômes. Il faut distinguer l’intérêt du traitement lors d’un épisode aigu de son efficacité dans la prévention des rechutes – et prendre en compte le poids les effets indésirables.Clara m’accompagne dans cette vidéo où nous parlons entre autres du lithium, de la quétiapine, de la lamotrigine et des antidépresseurs. On revient aussi sur la sédation, la prise de poids, les consommations d’alcool ou de drogues, la lithémie et la différence entre efficacité immédiate et traitement au long cours. L’analogie la plus fréquente est celle des antibiotiques, qui sont très efficaces sur le court terme, mais qui n’apportent aucune protection contre les infections quand ils sont pris sur la durée (notez qu’il existe des exceptions, notamment dans les infections urinaires chroniques).Vous savez que j’ai du mal avec ce terme, mais j’imagine que la question centrale est celle du rétablissement. Avoir moins de symptômes ne veut pas dire qu’on revient comme avant d’être malade. Le traitement du trouble bipolaire doit donc intégrer les symptômes, les effets indésirables, la qualité de vie et les objectifs propres à chaque patient.À lire ensuite – Trouble bipolaire et traitement au long cours* Trouble bipolaire : l’aire sous la courbe des symptômes – Pourquoi l’intensité maximale des épisodes ne suffit pas à mesurer le poids de la maladie.* Comment réduire la dose de quétiapine ? – Cas clinique sur la réduction de quétiapine dans un trouble bipolaire de type 2.Sources scientifiques à lire* The CANMAT and ISBD Guidelines for the Treatment of Bipolar Disorder: Summary and a 2023 Update of Evidence – Recommandations CANMAT et ISBD pour le traitement du trouble bipolaire : synthèse et mise à jour 2023 des données – Synthèse des recommandations pour la manie et la dépression bipolaire aiguë, et le traitement de maintenance.* Beyond symptom improvement: transdiagnostic and disorder-specific ways to assess functional and quality of life outcomes across mental disorders in adults – Au-delà de l’amélioration symptomatique : approches transdiagnostiques et spécifiques aux troubles pour évaluer le fonctionnement et la qualité de vie chez les adultes atteints de troubles mentaux – Revue de World Psychiatry montrant pourquoi la réponse symptomatique diffère du fonctionnement, de la qualité de vie et du rétablissement personnel. This is a public episode. If you'd like to discuss this with other subscribers or get access to bonus episodes, visit www.psychiatrieinternationale.com/subscribe -
Antidépresseurs tricycliques : pourquoi le Vidal ne suffit pas 23.08.2026 59minLes tricycliques sont plus délicats à utiliser que les antidépresseurs basiquesLes nouvelles molécules incarnées par les ISRS comme la fluoxétine (Prozac) ou la sertraline (Zoloft) n’ont pas remplacé les tricycliques parce qu’elles étaient plus efficaces. Ce n’était qu’une question de tolérance et de sécurité. Et plus les traitements sont bien tolérés, plus on peut en prescrire. Il y a des patients qui sont aujourd’hui sous ISRS qui n’auraient jamais reçu de tricycliques ; les chiffres sur la prévalence de la dépression augmentent aussi à cause de ça.Cette vidéo reprend la pharmacologie clinique des antidépresseurs tricycliques – amitriptyline, clomipramine, imipramine et autres. J’aborde aussi leurs métabolites actifs, les enzymes impliquées dans leur métabolisation (CYP2D6, CYP2C19, etc) et la question des dosages plasmatiques. La même posologie peut en effet entraîner des résultats et des effets secondaires très différents. Sur le même thème, je vous redirige aussi vers cet article sur les effets secondaires des psychotropes à faible dose, dans lequel je détaille les mécanismes pouvant expliquer une mauvaise tolérance malgré des posologies faibles. Enfin, je resterais sceptique sur ce sujet : c’est un thème compliqué où les données sont cruellement manquantes – nous n’avons souvent pas mieux que des avis d’experts.Prescrire et arrêter un tricycliqueLe reste de la vidéo aborde les indications, le risque cardiaque, la charge anticholinergique, l’hypotension, le risque de virage, la toxicité lors d’un surdosage et les difficultés autour du sevrage. Impossible de parler du sevrage sans mentionner la décroissance hyperbolique, qui ne s’applique pas vraiment aux tricycliques – à mon avis, du moins. Les molécules qui se lient à des récepteurs aussi nombreux compliquent les choses. Je vous redirige vers cet article sur les problèmes de la décroissance hyperbolique, qui reprend les limites théoriques et pratiques des schémas de réduction trop simples.Contenu supplémentaireCette publication contient aussi des éléments réservés aux abonnés payants. Passez à l’abonnement payant pour les débloquer.A lire aussi – tricycliques en pratique* Trospium et tricycliques* Intelligence artificielle et TOCLittérature scientifique – antidépresseurs tricycliques* Beneficial and harmful effects of tricyclic antidepressants for adults with major depressive disorder: a systematic review with meta-analysis and trial sequential analysis – Bénéfices et effets indésirables des antidépresseurs tricycliques chez l’adulte présentant un trouble dépressif majeur. Revue systématique de 103 essais et 10 590 participants : bénéfice symptomatique à court terme, mais ces données sont très fragiles.* Dutch Pharmacogenetics Working Group guideline for the gene-drug interaction between CYP2D6 and CYP2C19 and tricyclic antidepressants – Recommandations du DPWG sur les interactions gène-médicament entre CYP2D6/CYP2C19 et antidépresseurs tricycliques. Recommandations 2026 proposant des adaptations spécifiques selon molécule et phénotype métaboliseur ; elles illustrent directement pourquoi une posologie nominale ne suffit pas à prédire l’exposition. This is a public episode. If you'd like to discuss this with other subscribers or get access to bonus episodes, visit www.psychiatrieinternationale.com/subscribe -
Un antidépresseur peut-il révéler une bipolarité ? 21.08.2026 9minUn virage bipolaire sans euphorie ?Cas clinique rencontré au cabinet :Un patient traité pour une dépression par escitalopram (Seroplex) commence à changer.Il parle plus vite. Il dort un peu moins. Il devient plus irritable et plus à l’aise socialement. Puis apparaissent des interprétations paranoïdes et des phénomènes auditifs discrets.Pourtant, il n’est pas euphorique, et sur une échelle classique de manie, il serait probablement très bas.Est-ce que c’est une activation sous antidépresseur, un début de virage thymique, l’apparition spontanée d’un trouble bipolaire – ou carrément autre chose ?Les études ne sont pas claires, donc il ne nous reste que la clinique.Pour en savoir plus* Antidépresseurs et maniaco-dépression* TDAH adulte et phase maniaque ou épisode psychotiqueSources :* Oliva et al., eClinicalMedicine, 2025 – switch maniaque sous antidépresseurs* Hidalgo-Mazzei et al., Bipolar Disorders, 2026* ISBD Task Force – antidépresseurs et trouble bipolaire This is a public episode. If you'd like to discuss this with other subscribers or get access to bonus episodes, visit www.psychiatrieinternationale.com/subscribe -
Dix jours de régime cétogène : mon retour d’expérience 18.08.2026 8minIl y a 2 ans, j’ai essayé le régime cétogène, et j’avais fait une vidéo sur le sujet.Pourquoi j’ai essayé le régime cétogèneCe que je raconte ici ne fait pas office de recommandation médicale.Mon trouble bipolaire est stable, avec un TDAH. Je prends habituellement du méthylphénidate et j’utilise également de la metformine – pour contrer la faim de la quétiapine.Ces dernières années, les études autour du régime cétogène et de la psychiatrie métabolique se sont s’accumulées. Les données étaient encore préliminaires, mais suffisamment intéressantes pour justifier d’un test – à mon avis, en tout cas.Ce qui a changé en dix joursLe changement le plus notable n’était pas le poids, mais mon fonctionnement quotidien.J’étais beaucoup moins irritable. J’avais une impression d’avoir le cerveau plus clair du matin au soir. Je pouvais sauter sans avoir l’impression d’être en hypoglycémie. Et surtout, ma relation à la faim a complètement changé.Avant, rentrer chez moi en ayant faim voulait dire que je grignotais avant d’avoir eu le temps de préparer le repas. Avec la diète cétogène, la faim ressemble davantage à une information : je savais que je devais manger, mais je n’ai plus besoin de répondre immédiatement au signal.Même chose avec le sucre. Je peux avoir du chocolat devant moi et ne pas le manger sans effort.La gestion du poids et de l’appétit sous psychotropes est un problème majeur en pratique. J’avais déjà fait le point sur les études concernant la metformine.Ce qui m’a le plus surprisAvant, ma Clara savait si j’avais pris mon méthylphénidate.Les jours sans traitement, j’étais généralement plus irritable, moins concentré et je terminais moins bien mes phrases.Depuis que j’ai commencé le régime cétogène, on a essayé de refaire le test : elle ne sait plus. Elle pense même parfois que j’ai pris mon traitement alors que ce n’est pas le cas. Rien ne vaut un petit test à l’aveugle.J’ai déjà parlé plus largement de cette situation ici : TDAH et trouble bipolaire, traitement.Ce que cette expérience ne prouve pasIl faut remettre les choses à leur place : ça fait à peine dix jours. Je suis une seule personne – on parle d’une étude n=1Il n’y a ni randomisation, ni groupe contrôle, ni aveugle. Je sais que je suis sous régime cétogène et je m’attends à ce qu’il se passe quelque chose.Il y a donc pas mal de choses qui peuvent expliquer ce qui m’arrive, autres qu’un effet réel de la diète.Mon expérience n’est qu’un signal.Elle ne prouve pas que le régime cétogène traite le TDAH, qu’il peut remplacer le méthylphénidate ou qu’une personne avec un trouble bipolaire devrait commencer ce régime. Ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit, j’ai déjà des emmerdes. Il existe des signaux dans l’autre sensC’est important parce que les effets positifs attirent beaucoup plus facilement l’attention que les complications.Des cas d’hypomanie et de manie après introduction d’un régime cétogène ont été rapportés. Les Une série de cas ne permet pas davantage de démontrer que le régime en est responsable. Mais lorsqu’on parle de trouble bipolaire, ce signal ne doit pas être ignoré.De la même manière, les premiers essais contrôlés sont intéressants sans être miraculeux. On dépasse à peine les données expérimentales. On est très loin de pouvoir présenter le régime cétogène comme un traitement psychiatrique validé au même niveau que nos traitements de référence. Et j’irai même plus loin : les études qui sortent sont de moins en moins convaincantes. C’est un gradient classique, plus la rigueur méthodologique augmente, moins les résultats se voient.La vraie question commence maintenantDix jours, c’est la partie la moins intéressante. Reste à savoir si tout ça va se maintenir, que ce soit la sensation de clarté mentale, la faim, ou l’irritabilité. Se pose aussi la question d’effets indésirables. Comme souvent, le temps fera le tri.C’est lui qui décidera si cette expérience était intéressante. This is a public episode. If you'd like to discuss this with other subscribers or get access to bonus episodes, visit www.psychiatrieinternationale.com/subscribe -
Bipolarité : ce que raconte vraiment Kay Redfield Jamison 16.08.2026 13minKay Redfield Jamison a écrit l’un des témoignages sur la bipolarité que je trouve les plus intéressants.Elle ne raconte une histoire propre et rassurante : c’est même plutôt l’inverse. Elle raconte la manie. La psychose – avec des hallucinations mortifères. Elle détaille le lithium. Les moments où le traitement lui sauve la vie. Et ceux où elle a l’impression que cette même vie est devenue complètement monochrome.Une psychologue bipolaire qui raconte vraiment les symptômesKay Redfield Jamison est psychologue clinicienne et professeure de psychiatrie à Johns Hopkins. Elle a passé sa vie à travailler sur les troubles de l’humeur et vit elle-même avec un trouble bipolaire.Son livre An Unquiet Mind a d’ailleurs été traduit en français dès 1997 sous le titre De l’exaltation à la dépression. C’est un succès planétaire.Elle ne se contente pas de refaire la liste des symptômes du DSM, comme on le voit souvent. Elle décrit ce qui lui arrive. Les phases maniaques, les dépressions, et les phases mixtes. On a droit à tout, loin des critères creux du manuel.On peut être psychotique sans être schizophrèneC’est un point essentiel.Jamison raconte des hallucinations pendant ses épisodes maniaques, mais ça ne transforme pas son trouble bipolaire en une schizophrénie.Les symptômes psychotiques sont même très fréquents dans le trouble bipolaire de type I. Une méta-analyse retrouve une prévalence vie entière d’environ 63 %, et autour de 57 % pendant les épisodes maniaques. Et encore, les patients ne nous disent pas tout, donc je vous assure que c’est encore plus fréquent.Le lithium lui sauve la vie mais la vie devient fadeElle reçoit du lithium, ça fonctionne au début, mais ça se complique vite. Elle raconte aussi une période où elle ne peut ni lire ni se concentrer. Son monde émotionnel lui semble terne, vide, gris – un peu comme la fin du livre de M. Demorand.Son expérience est importante, mais il ne faut pas généraliser pour autant. Les données sur les effets cognitifs du lithium sont beaucoup plus hétérogènes. Certaines études retrouvent des altérations, d’autres aucun effet clair, et certaines une amélioration.Son histoire pose une question clinique à laquelle on fait face tous les jours : quel est l’objectif du traitement quand on prend un patient en charge ?Zéro symptôme à n’importe quel prix ? Ou un compromis entre prévention des rechutes, fonctionnement et qualité de vie ?Cade et Schou ont tous les deux comptéL’histoire du lithium est superbe.John Cade est cité pour sa réintroduction moderne dans le traitement de la manie en 1949. Le psychiatre danois Mogens Schou et ses collègues ont ensuite publié en 1954 une étude contrôlée qui a posé les jalons pour établir son efficacité et à diffuser son utilisation.Jamison rencontrera plus tard Schou et pourra remercier directement l’un des hommes dont les travaux avaient contribué au traitement qui lui avait sauvé la vie.C’est de loin mon passage préféré du livre.Bipolarité et créativité il faut quand même se calmerJamison a beaucoup travaillé sur les liens entre troubles de l’humeur et créativité.Il existe des données intéressantes dans certains groupes d’écrivains et d’artistes. Mais il ne faut pas transformer ça en « un artiste sur deux est bipolaire ».Les échantillons historiques étaient très sélectionnés et une revue systématique plus récente n’a pas réussi à démontrer que les personnes bipolaires étaient globalement plus créatives que les personnes sans trouble psychiatrique.Il y a un signal intéressant. Mais ça ne permet pas de transformer la bipolarité en super-pouvoir, comme on le voit parfois.Et le fameux test génétique à 100 %À la fin de la vidéo, on fait une expérience de pensée.Imaginons qu’un jour on puisse vous dire avec une certitude absolue que votre futur enfant développera un trouble bipolaire. Est-ce que ça changerait votre décision d’avoir cet enfant ?Notre réponse ne plairait peut-être pas à tout le monde, mais pour le moment, on a la même.Trois articles pour continuer* Pharmaco des troubles bipolaires pour aller plus loin sur les traitements.* Le trouble borderline notamment pour les questions de diagnostic différentiel.* Les études du Tercian pour continuer sur la lecture critique des données en psychopharmacologie.Les commentaires, critiques et questions sont les bienvenus. This is a public episode. If you'd like to discuss this with other subscribers or get access to bonus episodes, visit www.psychiatrieinternationale.com/subscribe -
Questions-réponses : psychotropes et relation de soin 15.08.2026 1h 4minVoici le replay du live hebdomadaire ! Le chat est caché, les abonnés payant préférant rester anonymes. Psychotropes et raisonnement cliniquePlusieurs situations concrètes : benzodiazépines, paroxétine, méthylphénidate, lithium, IMAO, anxiété, TOC, trouble panique et dépression résistante. L’enjeu n’est pas de trouver une molécule universellement « bonne » ou « mauvaise », mais de comprendre pourquoi on a prescrit celle-là et pas une autre, avec quel objectif. Ceux qui veulent en savoir plus pourront regarder pharmacologie des troubles bipolaires.Quand le problème dépasse la pharmacologieLa dernière partie revient sur quelque chose qu’on sous-estime souvent : une prise en charge peut échouer alors que le problème ne se situe pas dans l’ordonnance. Mauvaise information, incompréhension, perte de confiance et difficultés à dire au psychiatre ce qui se passe peuvent faire capoter n’importe quelle prise en charge, et il n’y a pas un psychotrope qui peut rattraper ça – hors cas exceptionnels. Lives précédentsSession du 8 aoûtSession du 1er aoûtSession du 23 juilletLes commentaires, critiques et questions sont les bienvenus. This is a public episode. If you'd like to discuss this with other subscribers or get access to bonus episodes, visit www.psychiatrieinternationale.com/subscribe -
Quétiapine : le détail qui change toute l’étude 13.08.2026 59minL'étude est problématique, et je vous explique pourquoi, sans statistique.Quétiapine et dépression bipolaireBOLDER I fait partie des essais qui ont installé la quétiapine dans le traitement de la dépression bipolaire. Mais une différence statistiquement significative ne suffit pas avec le placebo, et cette étude est remplie de nuances qui modifient la lecture des résultats. Wash-out, sélection des patients, sorties d’étude, et effets secondaires sont des paramètres qui ne sont pas précisés quand on cite ce papier, mais qui sont au moins aussi importants que les résultats principaux. J’ai détaillé ces questions dans un autre article de pharmacologie : comment prescrire la quétiapine.Quand un essai clinique s’éloigne de la vraie vieCette étude pose une question plus générale : que devient la validité clinique d’un essai quand les patients inclus sont différents de ceux que nous traitons en pratique ?J’aborde la question de la validité externe dans cet article : le simple et le compliqué en psychiatrie. C’est le jargon qu’on utilise pour la différence entre efficacité expérimentale et les décisions qui en découlent en pratique.Les commentaires, critiques et questions sont les bienvenus. This is a public episode. If you'd like to discuss this with other subscribers or get access to bonus episodes, visit www.psychiatrieinternationale.com/subscribe -
Antidépresseurs : on vous ment des deux côtés 10.08.2026 25minSur les antidépresseurs, j’ai l’impression qu’on ment un peu des deux côtés.D’un côté, certains psychiatres ont longtemps minimisé les effets indésirables, les troubles sexuels et les symptômes qui peuvent apparaître lors de l’arrêt. L’influence des laboratoires pharmaceutiques n’a sûrement pas aidé.De l’autre, une partie du discours actuel sur Internet donne parfois l’impression que l’arrêt d’un antidépresseur est nécessairement extrêmement difficile, qu’il doit durer des mois ou des années, et qu’une décroissance hyperbolique est indispensable pour tout le monde.La réalité est plus compliquée.J’ai développé la question de la décroissance hyperbolique dans cet article et dans cette vidéo (les problèmes de la décroissance hyperbolique), entre autres.Le sevrage des antidépresseurs existeVertiges, nausées, troubles du sommeil, anxiété, irritabilité ou sensations de décharges électriques peuvent apparaître lors de la diminution ou de l’arrêt de certains antidépresseurs.Une méta-analyse publiée dans The Lancet Psychiatry en 2024 estimait qu’après prise en compte des symptômes observés lors de l’arrêt d’un placebo, environ 15 % des patients présentaient des symptômes attribuables à l’arrêt de l’antidépresseur. Les formes sévères étaient beaucoup moins fréquentes et les résultats variaient fortement selon les études et les molécules. J’en ai déjà parlé.Source : Henssler J et al. Incidence of antidepressant discontinuation symptoms: a systematic review and meta-analysis. Lancet Psychiatry. 2024.Libido, troubles sexuels et PSSDLes troubles sexuels sous antidépresseurs sont un autre problème important : baisse du désir, difficultés orgasmiques ou troubles de l’érection notamment.Chez certains patients, des symptômes sexuels persistent après l’arrêt. On parle alors de PSSD (pour Post-SSRI Sexual Dysfunction).La fréquence réelle du PSSD reste très difficile à déterminer. Une étude rétrospective publiée en 2023 a estimé un risque de 0,46 %, mais uniquement dans une population très sélectionnée d’hommes jeunes et en utilisant notamment la prescription de traitements de la dysfonction érectile comme marqueur. Ce chiffre ne doit donc pas être présenté comme la prévalence du PSSD dans l’ensemble de la population.Source : Ben-Sheetrit J et al. Estimating the risk of irreversible post-SSRI sexual dysfunction (PSSD) due to serotonergic antidepressants. Ann Gen Psychiatry. 2023.La décroissance hyperbolique est-elle supérieure ?Le principe de la décroissance hyperbolique est pharmacologiquement intéressant : lorsque les doses deviennent faibles, de petites diminutions de dose peuvent correspondre à des variations proportionnellement plus importantes d’occupation des transporteurs.Mais une plausibilité pharmacologique n’est pas la même chose qu’une démonstration clinique.En 2026, un essai randomisé a été lancé pour comparer directement une décroissance linéaire à une décroissance hyperbolique. Le protocole est publié, mais on attend encore les résultats.Source : Safe discontinuation of antidepressants in individuals with clinically remitted depressive disorders: protocol for a randomised controlled trial. BMJ Open. 2026.Sevrage ou rechute ?C’est probablement une des questions les plus importantes en pratique.Un patient diminue son antidépresseur et va moins bien. Est-ce un syndrome de sevrage ? Une rechute dépressive ? Une combinaison des deux ?Les symptômes, leur chronologie, la molécule utilisée et la vitesse de diminution doivent être pris en compte. Réduire toute aggravation après l’arrêt à une rechute est trop simple. Considérer à l’inverse que toute aggravation est un sevrage l’est tout autant.C’est précisément le problème que j’essaie d’aborder dans cette vidéo : distinguer ce qui est démontré, ce qui est plausible et ce qui est parfois affirmé avec beaucoup plus de certitude que ne le permettent les données.Pour aller plus loin :* Pharmaco des troubles bipolaires* Bipolarité : de la violence à la pharmacothérapie* Les études du Tercian This is a public episode. If you'd like to discuss this with other subscribers or get access to bonus episodes, visit www.psychiatrieinternationale.com/subscribe -
Trouble borderline : ce qui compte vraiment pour le diagnostic 09.08.2026 11minLe trouble de la personnalité borderline ne se résume pas aux sautes d’humeur ou à la peur de l’abandon. Je reprends les critères du DSM, ce qui compte réellement dans le diagnostic et les principaux diagnostics différentiels, notamment le trouble bipolaire et le trouble de stress post-traumatique. Retrouvez moi sur le blog pour plus de contenu : michaelsikorav.com This is a public episode. If you'd like to discuss this with other subscribers or get access to bonus episodes, visit www.psychiatrieinternationale.com/subscribe -
Je suis psychiatre, bipolaire et j’ai failli tout perdre 08.08.2026 49minPeut-on être psychiatre, bipolaire et TDAH - et pourtant passer des années sans que le bon diagnostic soit posé ? Dans cet entretien, je raconte sans filtre ce que le trouble bipolaire a réellement changé dans ma vie, mes études, mon couple et mon rapport à la psychiatrie.Je reviens sur mes premières dépressions à l’adolescence, l’errance diagnostique, les phases hautes, les traitements qui n’ont pas fonctionné, les idées suicidaires, mais aussi ce qui m’a finalement permis de construire une vie plus stable. On parle également de TDAH adulte, de neuroatypie, de neurodiversité, d’autisme, de diagnostic tardif et de la place prise aujourd’hui par ces concepts dans le débat sur la santé mentale.Pourquoi peut-on déprimer alors que tout va objectivement bien ? À quoi ressemble réellement une décompensation bipolaire ? Que vit le conjoint d’une personne qui n’est pas stabilisée ? Quelle place donner aux médicaments et à la psychothérapie ? Et pourquoi les compétences interpersonnelles restent-elles essentielles même lorsque les symptômes sont contrôlés ? Un échange sur la bipolarité vu des deux côtés du bureau : celui du psychiatre et celui du patient.Retrouvez plus de contenu sur le blog : https://www.michaelsikorav.com This is a public episode. If you'd like to discuss this with other subscribers or get access to bonus episodes, visit www.psychiatrieinternationale.com/subscribe
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