TOKIO RADIO

TOKIO RADIO

Boris Pierre
Riik Prantsusmaa
Keel FR
Osad 56
Viimane 09.10.2026

TOKIO RADIO est un podcast culturel animé par Boris Pierre, fondateur du festival Réflexivité(s). Dans une ambiance de fin de soirée, il invite des artistes à explorer l’inattendu et à partager leur vision du monde. Les conversations mêlent art, beauté et mots, dans une grande spontanéité. Produit avec Revolver Studio et Dim Sum Entertainment, le podcast est hébergé par Audiomeans.

Osad

  • #57 Nicolas Laugero Lasserre, Fédérateur 09.10.2026
    Directeur de l’ICART, première école de la culture en France, collectionneur, commissaire d’exposition et entrepreneur culturel, Nicolas Laugero Lasserre construit des lieux, des projets et des rencontres autour de l’art. Lorsqu’il arrive à Paris, son histoire avec l’art n’est pourtant pas écrite. Il s’inscrit aux Cours Florent avec l’envie de devenir comédien et s’installe à la Butte-aux-Cailles. C’est là, dans la rue, qu’il découvre l’art urbain. Il achète sa première œuvre, un pochoir de Miss.Tic lors d’une vente caritative. Le geste pourrait sembler anecdotique. Il marque en réalité le début d’une collection qui compte aujourd’hui plus de 1 000 œuvres et d’un engagement qui ne le quittera plus. À la même époque, Nicolas cherche du travail en répondant aux petites annonces. Il entre à l’Espace Pierre Cardin, dont il prendra ensuite la direction. C’est là qu’il apprend son métier, au contact des artistes, du public et de tout ce qui permet à un projet culturel d’exister. La programmation, la production, la gestion d’un lieu, les représentations de Rome à Pékin. Il découvre surtout que la culture se fabrique. Cette idée va traverser tout son parcours. En parallèle, il fonde Artistik Rezo. D’abord média culturel, le projet devient un club, puis une galerie. Nicolas ne se contente déjà plus de parler des artistes. Il cherche à créer les endroits où ils peuvent être vus, rencontrés, accompagnés. Cette volonté de relier la culture au réel se retrouve lorsqu’il prend la direction de l’ICART, école consacrée au management culturel et au marché de l’art. Il développe de nouveaux campus et multiplie les passerelles entre les étudiants et les projets culturels. Puis il fait entrer sa propre collection dans un lieu inattendu. Près de 150 œuvres de 50 artistes prennent place dans l’école 42 créée par Xavier Niel. Banksy, Zevs, Jef Aérosol et d’autres investissent 4 000 m² de couloirs, d’escaliers et d’espaces de travail. ART42 est né. Sa collection cesse d’être seulement personnelle. Elle devient un lieu de découverte ouvert gratuitement au public. Nicolas se tourne ensuite vers la Seine. Avec Géraud Boursin et ses partenaires, il crée Fluctuart au pied du pont des Invalides, un centre d’art urbain flottant où se croisent expositions, librairie, événements, restauration et vie quotidienne. Là encore, l’accès aux expositions est gratuit. Fluctuart ouvre la voie à d’autres lieux. Quai de la Photo est consacré à la photographie contemporaine. Son de la Terre fait vivre le jazz et les musiques du monde. Le Marcounet accueille une scène musicale au pied de l’île Saint-Louis. NANNA, installée au pied de Notre-Dame, ouvre un nouveau chapitre autour de la littérature. La Seine devient progressivement un territoire culturel à part entière dans son parcours. Des centaines de milliers de personnes fréquentent chaque année ces lieux flottants. La même envie se retrouve dans son travail de commissaire d’exposition. Avec Capitale(s) à l’Hôtel de Ville de Paris, il participe à faire entrer l’art urbain au cœur d’une institution parisienne. Avec le Tunnel des Tuileries, il emprunte le chemin inverse et installe l’art directement dans la ville. Cet ancien tunnel routier devient un parcours artistique de près de 850 mètres. Dix artistes français et internationaux investissent ses murs avec des fresques monumentales. Le public traverse gratuitement les œuvres en marchant ou à vélo. Le lieu de passage devient lieu d’exposition. Nicolas a participé à l’organisation de plus d’une centaine d’expositions. Il a également coécrit un Que sais-je ? consacré à l’art urbain et a été nommé chevalier de l’ordre des Arts et des Lettres. Son parcours raconte aussi une histoire plus large. Celle d’un art urbain passé de la rue aux galeries, des murs aux grandes collections et aux institutions. Nicolas, lui, s’y est intéressé bien avant sa reconnaissance institutionnelle. Sa première acquisition remonte à une époque où son marché était encore embryonnaire. Depuis, il collectionne les œuvres autant qu’il construit les endroits où elles peuvent vivre, circuler et rencontrer leur public. Dans TOKIO, nous parlons d’art, bien sûr, mais aussi de désir, d’engagement, d’entrepreneuriat, de transmission et de cette énergie qui pousse certains à transformer leurs convictions et leurs passions en projets. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
  • #56 Stéphanie Tosi, Éclaireuse 08.09.2026 57min
    Une étincelle suffit parfois à déplacer une vie. Tout commence à Minorque. Passionnée de voile, Stéphanie Tosi y fait escale au cours d’une traversée et pousse la porte d’une chapelle où sont exposées les œuvres de plusieurs artistes. La rencontre avec ces œuvres, la simplicité du lieu, la liberté d’y entrer et de regarder : le déclic a lieu là. À l’époque, Stéphanie travaille pour un grand groupe de l’agroalimentaire. Elle ne vient pas du monde de l’art et son père, lui-même entrepreneur, tente de la dissuader de créer son entreprise. Elle le fera pourtant. En 2001 naît Carré d’artistes, avec une idée qui paraît simple : rendre l’art contemporain accessible à ceux qui n’en maîtrisent ni les codes ni les usages. Les prix sont affichés et déterminés par le format, les galeries s’ouvrent sur la rue, les œuvres originales deviennent accessibles à un nouveau public. Le modèle bouscule les habitudes du marché de l’art. Carré d’artistes sera accusé de faire du « low cost », de brader les artistes. Certains galeristes refuseront même d’exposer à ses côtés dans des salons. Vingt-cinq ans plus tard, l’entreprise est toujours là, déployée en France et à l’international, structurée, et poursuit son développement. Derrière cette réussite se pose une question plus exigeante : comment construit-on une entreprise autour d’une conviction ? Nous avons parlé de ce premier élan, mais surtout de ce qu’il faut pour ne pas le perdre en chemin. De la force de l’ADN d’une entreprise lorsqu’elle grandit, des choix qu’impose son développement et de ce fragile équilibre entre une vision et la réalité. Et puis des artistes, évidemment. De la place qu’ils occupent dans cette aventure et du regard que Stéphanie et son équipe portent sur celles et ceux sans qui rien de tout cela n’existerait. Mais aussi de ce qui vient avant l’entreprise, avant le modèle, avant même la décision de se lancer. Naît-on entrepreneur ou le devient-on ? Qu’est-ce qui mérite que l’on crée une entreprise ? Et comment une intuition surgie un jour, par hasard, dans une chapelle de Minorque peut-elle devenir l’histoire d’une vie ? Producteur et animateur Boris Pierre Enregistré au siège de Carré d’artistes Mixé par Studio Revolver Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
  • #55 Yoyo Maeght, Stellaire 03.07.2026 1t 12min
    Quand Joan Miró venait à Saint-Paul de Vence, elle le suivait du matin au soir. À trois ans et demi, elle discutait déjà avec Pablo Picasso. Jacques Prévert la surnommait « Yoyo ». Son grand-père, Aimé Maeght, a fondé avec Marguerite Maeght l’une des plus grandes aventures artistiques du XXᵉ siècle : la Fondation Maeght, où se sont croisés Miró, Giacometti, Chagall, Calder, Braque, Bonnard ou encore Matisse. Galeriste, éditrice, commissaire d’exposition, autrice de La Saga Maeght, Yoyo Maeght consacre depuis plus de quarante ans sa vie à transmettre cet héritage tout en accompagnant les artistes d’aujourd’hui. Mais derrière les noms qui ont façonné l’histoire de l’art se cache une femme qui a vécu cette aventure de l’intérieur. Une enfant qui jouait dans les ateliers des plus grands créateurs, une témoin privilégiée d’une époque où les artistes ne fréquentaient pas les musées mais la table familiale. Dans cet épisode de TOKIO, Yoyo Maeght nous ouvre les portes d’un monde disparu. Elle raconte les hommes et les femmes derrière les légendes, les moments d’intimité, les éclats de rire, les drames, les amitiés et les fractures d’une famille qui a profondément marqué l’histoire de l’art moderne. Une conversation rare, au plus près de la mémoire vivante des géants du XXᵉ siècle. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
  • #54 Christophe Bricard. Pharaon 09.06.2026 55min
    Christophe Bricard a longtemps parcouru le monde avant de jeter l’ancre dans le Luberon. Depuis vingt ans, il y vit, y travaille, et poursuit une quête qui ressemble davantage à un destin qu’à une carrière. Architecte d’intérieur, designer de mobilier, scénographe, artisan, inventeur, sculpteur. Les mots s’accumulent mais ne suffisent jamais vraiment à le définir. Christophe appartient à cette famille rare de créateurs qui refusent les frontières entre les disciplines. Autodidacte, il a appris en faisant. Le bois, le métal, la corne, la pierre, la résine, l’inox poli miroir. Il a travaillé la matière sous presque toutes ses formes avant de trouver celle qui allait changer le cours de son histoire : le verre de Murano. Dans cette conversation, nous avons parlé de création, de différence, d’intuition, de solitude, de beauté, d’obsession, de regard. Nous avons parlé de ce qui pousse certains êtres à consacrer leur vie entière à poursuivre une idée que les autres ne voient pas encore. Car derrière l’artiste se cache un bâtisseur, un homme qui agit sur le réel. Un homme qui semble comprendre intuitivement ce que beaucoup d’entre nous oublient. La lumière n’éclaire pas seulement le monde. Elle nous révèle à nous-mêmes. Ses œuvres monumentales nous rappellent que voir est peut-être un acte plus mystérieux qu’il n’y paraît. On pourrait parler de verre, de couleurs, de géométrie, de transparence. Mais ce serait passer à côté de l’essentiel. Christophe Bricard ne semble pas utiliser la lumière pour rendre le monde plus beau. Il l’utilise pour rendre certaines choses impossibles à ignorer. Elle devient une présence, une vigie. Peut-elle attirer suffisamment de regards, de mémoire, d’attention et de conscience pour empêcher qu’un paysage, un patrimoine ou une histoire disparaissent dans l’indifférence ? Cette idée traverse discrètement tout son travail. Nous avons aussi parlé de ce que signifie créer lorsque l’on habite le monde différemment. Diagnostiqué Autiste Asperger à cinquante ans, Christophe Bricard ne raconte pas une singularité à surmonter. Il raconte une autre manière d’observer, de ressentir et de construire. Une autre manière d’être au monde. Comme si, après avoir passé des décennies à observer la lumière sous toutes ses formes, il découvrait soudain celle qui éclairait son propre fonctionnement. Et je vous pose cette question : « À quel moment une œuvre cesse-t-elle d’être une œuvre pour devenir une sentinelle ? » - Émission enregistrée à Lourmarin, galerie-atelier Artokio ( promis on n’a pas fait exprès…)- Producteur et animateur Boris Pierre- Mixage Studio Revolver Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
  • #53 Lionel Roques. Cardinal 30.04.2026 44min
    On peut tourner autour du sujet autant qu’on veut. Sans entreprises, il n’y a pas de société. Sans entrepreneurs et sans salariés, il n’y a pas d’avenir. Lionel Roques, patron de PME, ne s’exprime pas depuis une position d’observateur. Il parle depuis l’intérieur. Depuis ce que signifie diriger, trancher, assumer pour soi et pour les autres, dans un environnement où rien ne peut être différé. Les entreprises ne sont pas une abstraction, elles sont une réalité indispensable, sur laquelle repose notre société, qu’on le reconnaisse ou non. Le constat qu’il pose est simple, presque évident, et pourtant rarement assumé avec cette netteté. Sans entreprises, il n’y a ni dynamique économique, ni emploi, ni projection possible. Ce n’est pas une opinion. C’est un fait. Elles constituent un pilier central, presque cardinal. Sa parole ne repose ni sur des principes, ni sur des théories. Cet entrepreneur s’exprime depuis un endroit devenu rare, celui de quelqu’un qui vit ce dont il parle. Des décisions prises et des risques engagés. Diriger, c’est accepter d’endosser bien plus que son propre rôle. C’est avancer dans un cadre qui, souvent, complexifie ce qui devrait rester évident. Il ne cherche pas à incarner. Il énonce. Avec une constance qui ne relève ni de la posture ni du discours, mais d’une exigence. Quelque chose de persistant, parfois inébranlable, parce qu’il sait ce que cela coûte de céder. Il parle de normes, de fiscalité, de décisions politiques hors-sol depuis plus de 40 ans. D’un système qui demande beaucoup à ceux qui tentent déjà de tenir. Engagé, au sens plein, Lionel Roques rappelle sans détour que l’entreprise n’est pas une variable d’ajustement. Elle est une condition. Je vous invite à lire son livre « Laissez-nous bosser ». Un titre comme un uppercut pour rappeler à nos dirigeants politiques et bureaucrates la valeur travail. Émission enregistrée dans son établissement Le Père Joseph à Rueil-Malmaison. Produit et animé par Boris Pierre Mixé par le studio Revolver Portrait Lionel Roques par Hannah Assouline Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
  • #52 Sarah Delanchy. Magnétique 15.04.2026 26min
    Sarah Delanchy ne cherche jamais à impressionner. Elle est là pour comprendre. Architecte, cartographe, illustratrice… Elle choisit surtout de prendre le temps, de faire à la main ce qui, aujourd’hui, peut être généré, accéléré, produit sans effort. Comme une nécessité, presque un acte de résistance. Une manière de dire : je prends le temps de ressentir avant de représenter. Elle trace à l’encre avec une précision presque obsessionnelle, chaque ligne cherche à retenir ce qui, autrement, disparaîtrait. Ses dessins pourraient faire penser à des plans mais ce serait passer à côté. On n’y projette pas un regard extérieur : on entre dedans. On s’y perd, volontairement. Sarah construit des systèmes vivants. Des espaces où l’on circule, où l’on observe, où l’on doute aussi de ce que l’on voit. Une manière de raconter un territoire sans le figer, de garder une trace dans un monde qui se transforme trop vite pour être saisi complètement. Puis il y a la matière, et la gravure. Des formes qui viennent de loin, des objets que l’on croit connaître, qu’elle déplace, qu’elle fait basculer. Comme si le passé n’était pas derrière nous, mais encore en train de travailler le présent. Des paysages, des routes, des fragments de voyage. Quelque chose de plus brut, presque plus instinctif. Moins contrôlé en apparence, mais avec la même exigence : choisir chaque ligne, chaque densité. Ce qui traverse tout cela, c’est le geste. Des tensions entre ce que l’on construit… et ce qui nous construit en retour. Cet épisode est une invitation à ralentir. À regarder autrement. À comprendre que parfois, dessiner un monde… c’est déjà essayer de ne pas le perdre. Enregistré à Montpellier Mixé par le Studio Revolver Produit et animé par Boris Pierre Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
  • #51 Joëlle Patris. Essentielle. 25.03.2026 1t 3min
    Avant d’être parfumeur, Joëlle Patris est d’abord une femme du mouvement. Elle voulait devenir danseuse, une discipline qu’elle pratique avec rigueur pendant plusieurs années. Cette première formation n’est pas anodine : elle installe un rapport sensible au corps, au rythme, à l’intuition. Autant d’éléments que l’on retrouvera plus tard dans sa manière de composer, guidée par une fascination ancienne pour les odeurs. Un très long séjour fondateur en Chine et en Indonésie lui permet de développer une approche profondément sensorielle. À son retour en France, elle redécouvre la créativité de la parfumerie fine, dans ce qu’elle a de plus subtil et historique. Elle travaille pour de nombreuses maisons prestigieuses ; ses créations naviguent entre parfumerie de niche, luxe et projets plus confidentiels. En 2019, elle fonde Le Parfumeur Français. Une décision guidée par la volonté d’exprimer son art en toute liberté. Adieu les logiques industrielles : elle privilégie désormais le sur-mesure et recrée un lien direct avec ses clients, les « amoureux du parfum ». Pour Joëlle, le parfum n’est pas un produit, c’est une œuvre. Elle le décrit comme une déclaration d’amour, un langage émotionnel, une expérience comparable à une galerie d’art qu’elle constitue petit à petit. Son atelier, installé près de Grasse, est pensé comme un espace intime. Un laboratoire entouré d’un jardin olfactif, véritable lieu d’accueil et d’échange, propice à l’expérience sensorielle. Joëlle insiste sur la nécessité de connaître les règles pour mieux les dépasser. Sa philosophie repose sur un équilibre de plus en plus rare : maîtriser la technique pour libérer sa créativité. À contre-courant de l’industrie, elle revendique une approche lente et accepte même le risque de l’insatisfaction pour préserver cette exigence. Le côté mercantile, plus de 6 000 nouveaux parfums par an, a effacé le sacré. Le parfum doit redevenir précieux et mystérieux. Alors la créatrice compose avec générosité et audace. Selon elle, « la parfumerie ne naît pas dans le beau. Elle naît dans le juste » : chaque œuvre est traversée comme une exploration intime. Le schéma classique « marque/fournisseur », ce n’est pas pour elle. L’artiste privilégie une relation humaine directe. Aujourd’hui, elle crée aussi bien des signatures olfactives pour la parfumerie et la cosmétique que pour l’hospitality et l’industrie. Des fragrances toujours exclusives et sur mesure. Parmi ses créations : • Colonia Mirra et Camelia – Acqua di Parma • Oud & Bergamot Rich Extract – Jo Malone • Rose Ardente et Encens Divin – L’Atelier de Givenchy • La Rose Gothique – Les Parfums de Rosine • Eaudemoiselle Rose à la Folie – Givenchy • De Guerre Lasse – Sabé Masson • Le Delà, Être Toi, Deep Down, On The Sofa, Overflowing – Sisology Ah, au fait ! Entre ses prises de notes dans un carnet, la pesée d’échantillons et la visite d’expositions à la Fondation Maeght, la danseuse a définitivement troqué ses ballerines… contre des gants de MMA. Le mouvement, je vous disais ! Emission enregistrée à l'atelier de la créatrice, dans son jardin, au soleil. Mixée par le studio Revolver Produite et animée par Boris Pierre Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
  • #50 Stéphanie Pillonca. Souveraine. 13.03.2026 1t 25min
    J’ai découvert le travail de Stéphanie Pillonca à l’occasion de la sortie du film Un invincible été, en mai 2023. Un mois plus tard, pour la deuxième édition du festival photographique Réflexivité(s), j’obtiens l’accord du producteur afin de le projeter au cinéma Le Cigalon, à Cucuron. Le film me bouleverse. Son titre, emprunté à Albert Camus, « Au milieu de l’hiver, j’ai découvert en moi un invincible été », résonne autrement dans le Luberon. L’écrivain a vécu ici, à Lourmarin. En plein mois de juillet, dans la salle obscure, ils sont douze. Douze aficionados qui rient et pleurent. Le guichetier me glisse, presque complice : « C’est un succès total. » Dans Un invincible été, Stéphanie signe le portrait d’Olivier Goy, entrepreneur confronté à la maladie de Charcot, la SLA. Elle nous confie : « Au début, j’ai dit non. Je ne voulais pas faire un film sur une maladie. Ça me semblait déjà vu. Puis j’ai rencontré Olivier. Et sa manière de parler de sa vie m’a fait changer d’avis ». Elle comprend alors qu’il ne veut pas parler de sa maladie. Il veut parler de vie afin de transformer son histoire en action utile pour les autres. Le tournage devient une course contre la montre, sa parole décline. Le dernier jour de tournage, juste après le clap de fin, il ne parlera plus. Et Stéphanie ajoute, avec un sourire qu’on devine : « Quoique… depuis, il n’a jamais autant parlé. »* Ce film s’inscrit dans une œuvre plus vaste où Stéphanie aborde les situations humaines les plus sensibles avec une précision documentaire qui n’efface jamais la délicatesse. Après des études de comédie au Conservatoire de Toulon, Stéphanie Pillonca rejoint La Classe Libre du Cours Florent à Paris. Elle commence devant la caméra, apprend le rythme, la lumière, la tension d’un plateau. Entre 1998 et 2001, elle travaille à la télévision, chroniqueuse, animatrice, notamment pour Exclusif. Elle passe par la Star Academy. Elle observe. Elle absorbe. Mais très vite, ce n’est plus l’exposition qui l’intéresse. C’est le regard. En vingt ans, elle construit une œuvre qui refuse le spectaculaire pour lui préférer l’intime. Documentaire ou fiction, peu importe la frontière. Ce qui l’attire, ce sont les trajectoires fragiles, les endroits où la vie vacille. - Elle filme une femme qui réapprend à marcher après un traumatisme.- Une communauté religieuse isolée du monde.- Des parents confrontés au handicap.- Des enfants que l’on attend.- Des adolescents que la justice regarde déjà autrement.Toujours la même attention, avec toujours la même retenue. En fiction, elle ne change pas de cap. Elle s’empare de l’autisme, du déni de grossesse, du cancer du sein, du handicap à l’adolescence. Non pour illustrer un sujet de société, mais pour raconter des vies traversées par ces réalités. - Dans Handigang, elle choisit un casting inclusif.- Dans Les Randonneuses, elle accompagne six femmes sur un sentier de montagne qui devient un chemin intérieur.- Dans Je te promets, adaptation française de This Is Us, elle travaille la nuance, l’émotion tenue, le lien invisible entre les êtres. Ce qu’elle cherche, ce n’est pas le réel brut. C’est la vérité émotionnelle. Regarder là où d’autres préfèrent détourner les yeux et le faire sans pathos. Son dernier long métrage de fiction, Jours d’après, marque une étape forte dans sa carrière. Le travail est fait, elle attend la sortie du film et la promotion. Elle adore la promotion. *Olivier Goy a enregistré sa voix avant de la perdre définitivement. Il s’exprime désormais avec sa voix de synthèse. Studio Revolver à Boulogne Billancourt Enregistrement au Club We Are Paris Producteur et animateur Boris Pierre Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
  • # 49 Carole Boinet. Ardente. 24.02.2026 46min
    Carole Boinet dirige la rédaction du magazine Les Inrockuptibles. Elle était arrivée à la rédaction en 2012 comme stagiaire. Les Inrocks, ce n’est pas seulement un magazine culturel. C’est un lieu de position. Un espace où la culture n’est jamais séparée du politique, où les œuvres dialoguent avec leur époque. Tenir un magazine papier aujourd’hui, c’est croire encore à la durée, à la conversation, à la nuance, au toucher. C’est refuser que tout se réduise au flux et à la réaction immédiate. C’est aussi assumer un rôle de défricheur : repérer, accompagner, parfois défendre avant que le consensus n’arrive. Depuis 2017, Carole pilote également le numéro spécial “Sexe” qui paraît désormais 2 fois par an. Elle ne sépare pas la culture de la responsabilité. Carole incarne une génération de dirigeantes pour qui tenir un média culturel représente un engagement. Née à Saint-Brieuc, dans un environnement marqué par la création, elle a très tôt compris que la culture n’est pas un décor, ses parents ont créé le festival Art Rock. Dans ses éditos, elle parle du magazine papier comme d’une relation physique, “matérialisée”, porteuse de possibles. Elle résume même la logique ainsi : la survie du papier passe aussi par des vidéos incarnées. Elle traite explicitement de sujets liés aux violences, aux rapports de domination, à la parole des femmes. Et elle se présente souvent comme travaillant à l’articulation culture + société + féminisme. Fin 2025, Carole publie son premier roman, L’Enthousiasme. Il y a des auteurs qui brûlent tout sur leur passage. Elle, elle maintient la braise sous contrôle mais on sent qu’elle pourrait tout incendier si elle lâchait la bride. Ce roman raconte la peur de l’embrasement, il est traversé par une tension entre maîtrise et combustion. Ce qui surprend le plus, c’est que le livre est beaucoup plus intense que son titre ne le laisse croire. Non pas intense au sens bruyant mais Intense au sens thermique. Il y a chez elle une manière de regarder le monde qui ne supporte ni la tiédeur ni la posture. Elle ne supporte pas l’enthousiasme factice. Alors elle l’écarte. Elle le démonte. Et elle le questionne. Mais ce faisant, elle révèle autre chose : Une ardeur sans naïveté. L’Enthousiasme n’est pas le livre d’une femme désabusée. C’est le livre d’une femme ardente qui refuse qu’on lui vende de la flamme en plastique. Et cette exigence-là, au fond, est une forme supérieure d’enthousiasme. ✨✨✨✨✨ Mixage studio revolver Crédits Photo Couverture Dorian Prost Producteur Animateur Boris Pierre Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
  • #48 Ambre Renard, le corps et le regard 23.12.2025 1t 8min
    Ambre Renard travaille avec l’image comme on travaille une matière vivante. Elle est photographe, modèle, dessinatrice, et refuse les cases trop étroites. Son parcours traverse le corps, le regard et le geste, toujours avec la même exigence de rester juste. Autodidacte, Ambre Renard commence par le dessin et l’illustration, avant de passer devant l’objectif comme mannequin. Cette expérience du corps regardé marque durablement son travail. Au terme d’une terrible maladie qui l’immobilise pendant 4 ans, elle prend en main l’appareil photo de son père. Une révélation qui l’aidera à sortir de son état léthargique. Depuis, elle n’est plus seulement celle qu’on regarde, elle devient celle qui cadre, choisit, révèle. Sa photographie artistique explore les détails, les silences, les textures, les fragments du quotidien. Autoportraits, natures mortes, paysages intimes, ses images ne racontent pas une histoire linéaire, elles ouvrent des espaces. Elles laissent au regardeur la place de respirer. Ambre travaille aussi pour des marques et projets créatifs, notamment en photographie de produit et en nature morte, tout en poursuivant une recherche personnelle exigeante. Son approche est sensorielle, souvent minimale, parfois brute, toujours incarnée. La nudité, quand elle apparaît, n’est jamais décorative, elle est présence, vulnérabilité, vérité. Le mannequinat n’a pas été pour elle un but, mais une expérience fondatrice. Quand Ambre passe derrière l’appareil, ce renversement n’est pas symbolique, il est vital. Il s’inscrit dans une reconquête du corps et de l’image Elle travaille en argentique et en numérique, refuse l’image bavarde et préfère la justesse à l’effet. Ses images tiennent par peu de choses - une lumière, une texture, un détail - mais ce peu est essentiel. Rien n’y est illustratif. Tout y est ressenti. Chez elle, il n’y a pas de hiérarchie entre art et commande, il n’y a qu’une manière de regarder. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
  • #47 Stéphane Brogniart, l’épaisseur du pas 09.12.2025 1t 10min
    Chez Stephane Brogniart, l’endurance n’est jamais sportive, elle est anthropologique. Elle met à jour l’épaisseur de l’être. Stéphane Brogniart n’entre jamais dans une pièce. Il la traverse. Non pas pour impressionner, ni pour s’imposer. Mais parce que son rapport au monde semble suivre une trajectoire différente : une ligne intérieure, tendue vers quelque chose qu’il est le seul à percevoir. Dans TOKIO, Stéphane n’a pas raconté un exploit. Il a raconté un chemin. Un chemin où l’endurance n’est pas une performance mais une manière d’habiter le temps. Où la solitude n’est pas un refuge mais un espace d’écoute. Où l’effort physique devient une enquête sur soi, sur les certitudes, les apparences, et parfois même l’idée de réussir. Ce qui frappe chez lui, ce n’est pas la capacité à aller loin. C’est la capacité à rester vrai alors que tout autour pousse à se construire un personnage. À TOKIO, il n’a pas déposé un récit héroïque sur la table, mais une présence nue, déroutante, presque indisciplinée. Une parole qui obéit à sa propre gravité. Une heure avec lui, c’est une heure à réapprendre à marcher droit dans son propre paysage intérieur. Il parle comme il vit, au plus près de ce qu’il pense réellement. C’est rare et ça surprend. Cette émission, au delà de ses défis, révèle sa manière d’aller droit au fond des choses, sans détour. Quand il décrit ce qu’il fait, on entend surtout ce qu’il refuse : les discours creux, les identités de façade, le besoin d’être validé. J’ai aimé la façon dont il déplace les questions au lieu d’y répondre. Parce qu’au fond, Stéphane nous rappelle que la vraie audace ne consiste pas à aller plus loin que les autres, mais à aller là où personne ne peut venir à notre place. La véritable endurance n’est peut-être pas dans l’effort, mais dans cette capacité à rester fidèle à ce qui ne fait pas de bruit. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
  • #46 Antoine Musy, Ranger 22.11.2025 34min
    Ce qui frappe chez Antoine Musy, ce n’est pas le décor dans lequel il évolue, mais la manière dont il s’y tient. Antoine partage sa vie entre plusieurs continents. L’Afrique australe, où il patrouille dans des réserves menacées par le braconnage, au contact des communautés rurales pour qui un rhinocéros ou un éléphant n’est jamais un animal “lointain”, mais une présence quotidienne. L’Asie du Sud-Est, où il s’est retrouvé aux côtés des orangs-outans, dans ces forêts où l’on suit les traces entre les racines, et où il a travaillé avec les Dayaks, qui vivent encore au plus près de la jungle. Et puis l’Asie maritime, où il a croisé la route des Bajaos, ces nomades de la mer pour qui la frontière entre l’homme et le vivant n’a jamais été une ligne, mais une respiration. À peine la trentaine, Ranger, formé aux unités anti-braconnage de la Global Conservation Force, il évolue dans des territoires où la lecture du terrain est une condition de survie. Une empreinte, une branche, une direction, chaque détail peut raconter une histoire, ou un danger. Une autre partie de son travail consiste à chercher ce point d’équilibre entre humains et animaux. Comprendre les habitudes, les peurs, les traditions. Discuter avec les communautés d’Afrique australe qui vivent près des corridors de migration. Écouter les pêcheurs et les familles Bajaos qui cohabitent depuis des siècles avec les requins, les tortues, les fonds marins. Observer comment les Dayaks protègent certaines zones sacrées où les orangs-outans trouvent encore refuge. Réconcilier les hommes et le sauvage, c’est aussi ça, son terrain. Et puis il y a ce qu’il transmet. Antoine crée des contenus à partir de ce qu’il vit, non pas pour divertir, mais pour rendre accessible la réalité du terrain : les unités K9, les opérations anti-braconnage, la réhabilitation d’animaux, les tensions entre survie économique et conservation, les victoires minuscules que personne ne filme. Vulgariser sans simplifier. Expliquer sans trahir. Être ranger, ce n’est pas seulement protéger des animaux. C’est défendre un équilibre fragile, faire face à la brutalité du réel, et accepter d’être exposé physiquement, mentalement, moralement. J’ai voulu comprendre ce qui pousse un homme de sa génération à choisir cette voie-là. Vivre dehors, rester vigilant, s’engager sans bruit, et malgré tout raconter, pour que d’autres comprennent. Émission animée avec Laurence Laborie. Enregistré dans une crêperie parisienne et mixée par Studio Revolver. Couverture par Maxime Mergalet On adore vos commentaires, n’hésitez pas à nous écrire. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
  • #45 Sandra Aubert, entrepreneure créative 09.11.2025 32min
    Sandra Aubert a l’art de frapper juste. Rien, chez elle, ne relève du hasard. Chaque mot est pesé, chaque geste semble porté par une idée claire : ne pas laisser le monde devenir indifférent. Sandra Aubert a commencé dans le concret. L’économie, les entreprises, le réel, avant de comprendre que le vrai levier, ce n’est pas la structure. C’est l’humain. Journaliste de formation, elle a gardé le goût du terrain, de la vérité captée dans la voix des autres. Mais c’est du côté de la fiction qu’elle a trouvé sa voie, celle qui permet de dire sans imposer, de transmettre sans ennuyer. Avec FF2R, elle a inventé une manière nouvelle de former, d’alerter, de sensibiliser : raconter pour que ça reste. Les épisodes qu’elle produit, inspirés des codes du cinéma et des séries, sont utilisés dans les entreprises pour former aux réflexes anti-cybercriminalité. Son intuition est simple, on retient ce qui nous touche, pas ce qu’on nous dicte. Elle conduit une Harley comme on mènerait un projet, sans peur du déséquilibre, avec ce mélange de maîtrise et d’instinct qu’on retrouve dans sa parole. Sa liberté n’a rien de décoratif. C’est une position de vie. Il y a chez elle une manière rare de tenir ensemble la rigueur et la chaleur. Une intelligence lucide, sensible, ancrée. Elle ne cherche pas à séduire ; elle cherche à transmettre. Et elle le fait avec cette force tranquille des gens qui savent exactement pourquoi ils sont là. Cette émission est co-animée avec Laurence Laborie. Mixé par Revolver Studio. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
  • #44 Hélène Maurice, écrivain 26.10.2025 1t 2min
    Los Angeles, 1990. Les palmiers du Strip, les néons, les excès, les illusions d’Hollywood. C’est là que débute L.A. Artificial, le premier roman d’Hélène Maurice — une plongée dans la jeunesse d’une actrice happée par le mirage californien, entre culture pop, rock alternatif et quête de soi. Hélène Maurice vit dans le Finistère. Elle enseigne l’histoire-géographie, mais c’est la mémoire des sons et des images qui nourrit sa plume. Enfant des nineties, elle porte pourtant en elle toute la culture musicale des années 70 : celle des guitares électriques, des voix libres, d’une époque où la musique cherchait encore à dire quelque chose au monde. Dans cette conversation, on parle de fiction et de mémoire, de transmission et de résistance, de ce que la culture populaire a fait de nous — et de ce que nous pouvons en faire aujourd’hui. On parle aussi de liberté, d’écriture, et du pouvoir des récits quand ils résonnent avec une époque. L.A. Artificial est un roman sur l’artifice et le désir d’authenticité. Et Hélène Maurice, par sa voix et sa culture, nous rappelle que parfois, les histoires les plus lucides naissent au cœur même de l’illusion. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
  • #43 Rudy Ricciotti, architecte visionnaire 08.10.2025 1t 7min
    Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
  • #42 Pénélope Bagieu, Dessinatrice de BD 20.09.2025 1t 8min
    Elle a donné vie à Joséphine, porté sur papier l’histoire de Cass Elliot avec California Dreamin’, adapté Roald Dahl avec Sacrées sorcières, et révélé au grand public les vies d’héroïnes oubliées avec Culottées, récompensé par le prestigieux Prix Eisner et adapté en série animée. Mais derrière ces succès, il y a une histoire plus intime. Dans cet épisode de TOKIO Radio, Pénélope Bagieu raconte ses débuts, son premier cachet, le soutien indéfectible de sa mère, ses routines de création, et sa relation singulière avec son éditeur. Elle parle de ses personnages comme s’ils continuaient à vivre en dehors des planches, partage ses projets, son humour, et son regard sur l’avenir. On parle aussi de la difficulté des femmes à s’imposer dans un monde d’hommes, des progrès accomplis, et des combats encore à mener. Une conversation drôle, sensible et lucide, fidèle à l’esprit de TOKIO. ©️Crédit photo Pauline Darley 🎧Mixage Studio Revolver 🎤Production / Animation Boris Pierre Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
  • #41 Hans Silvester, Photographe 05.09.2025 1t 4min
    Hans Silvester, un nom qui parle plus par son regard que par sa signature, et c’est précisément cela qui définit son héritage. Né en 1938 à Lörrach, il devient photographe presque naturellement dès l’adolescence, sa passion s’épanouissant à l’école de Fribourg. Dès 1960, la Camargue le marque. Sa première œuvre, Camargue, magnifiée par un texte de Jean Giono, lui ouvre les portes d’un monde qui l’absorbe. En 1962, plantant sa tente en Provence, il devient globe-trotter. Hans a photographié dans plus de 70 pays, et pourtant, son œuvre reste intimiste, lente, humaniste. Il est un voyageur sans folklore, qui refuse l’exotisme, et cherche le lien plus que l’image. En 1965, il rejoint RAPHO, l’agence photographique mythique française et entre dans la lignée des plus grands photographes humanistes. RAPHO a représenté des des légendes telles que Robert Doisneau, Willy Ronis, Sabine Weiss, Janine Niepce, Édouard Boubat. Et plus tard Hans Silvester, Marc Riboud, François Hers,.. En 1977, il devient un fondateur visuel de l’aventure éditoriale de GEO, le magazine référence de la photographie-reportage et réalise la couverture du numéro 0. Dès les années 70, Hans Silvester dénonce La déforestation en Amazonie, La pollution des rivières françaises, La surexploitation forestière en Amérique du Nord. Il fait œuvre militante avec des images sensibles, éloignées du spectaculaire et fidèles à sa sobriété. Puis, dans les années 2000, l’Éthiopie. Sa fascination pour les peintures corporelles des peuples de la vallée de l’Omo le pousse à s’y immerger. Il documente ce que personne d’autre n’a su photographier ainsi, en prenant le temps de vivre avec eux, souvent accompagné de sa femme Dora. Son travail est un témoignage exceptionnel de ces arts vivants, éphémères et habités, comme une empreinte du lien entre l’homme et la nature. Il n’a pas photographié les guerres, mais un autre type de fragilité, celle des Peuples Racines, des cultures en voie de disparition, de ces formes d’expression immatérielles. Cette quête, silencieuse et respectueuse, est la quintessence de son regard. En 2022, il est couronné du Prix International Planète Albert Kahn, honneur rare rappelant la portée historique et sensible de sa carrière. Hans Silvester, c’est un photographe hors mode, hors frontières, un témoin aux aguets, qui documente plus qu’il ne capture. Ses images nous racontent autre chose que des histoires. Elles nous rappellent qui nous sommes, et ce qui importe. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
  • #40 Philomène Remy, Grand Reporter 14.08.2025 45min
    De la douceur du cocon familial aux tranchées en Ukraine. Philomène Remy a fait un choix rare : quitter des certitudes pour affronter l’incertitude et l’âpreté du monde. Grand reporter, elle ne se contente pas de couvrir l’actualité, elle la construit au plus près du réel. Centrafrique, Cisjordanie, Liban, Gaza, Ukraine, autant de terrains sanglants qu’elle aborde non comme une simple liste de conflits, mais comme des lieux où des vies continuent, coûte que coûte. Sans fabriquer de sensationnel, sans aplatir les nuances, Philomène laisse au réel la place d’être complexe. Son travail donne au monde une chance de se dire. Elle signe aujourd’hui des reportages pour En société (France 5), après être passée par Ligne Rouge (BFM), France 24 et Channel 4. Ce qu’elle explore avant tout, ce sont les marges humaines des crises : l’éthique du regard, la confiance avec les témoins, et la responsabilité que porte chaque image. Pour réaliser « Russie, les enfants volés d’Ukraine », elle affronte l’enfer de la guerre avec son équipe de BFMTV, traverse tout le pays en voiture et tente de se rendre en Crimée. Son travail est primé au festival de télévision de Monte-Carlo par un jury prestigieux. Philomène Remy incarne un journalisme exigeant, respectueux, profondément humain, exactement ce dont on a besoin aujourd’hui. Dans cette conversation, on parle de cette ligne de crête où le métier rencontre l’éthique. Une ligne qu’elle ne lâche jamais. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
  • #39 Lena Fire, Actrice X 05.08.2025 34min
    On croit savoir. On fantasme. On juge très vite. Mais rarement on écoute. Lena Fire, elle, assume tout. Son métier. Son image. Son plaisir. Et surtout. Sa passion du sexe. Pas celle qu’on caricature. Une passion réelle, exigeante, traversée de choix, de limites, de liberté. Actrice X, oui. Et pleinement consciente. Le corps comme terrain d’expression. Le sexe comme langage. Le désir comme matière première. Elle est venue à TOKIO avec cette clarté peu commune, celle de ceux qui n’ont rien à cacher, rien à vendre, rien à prouver. Mais que sait-on vraiment d’une actrice X ? De ce qu’elle traverse, de ce qu’elle choisit, de ce qu’elle encaisse, de ce qu’elle transforme. Lena ne cherche pas à provoquer. Elle explique. Elle éclaire. Elle remet à l’endroit. Et derrière chaque mot, il y a cette évidence : elle sait ce qu’elle fait. Et pourquoi elle le fait. Elle déroule le fil d’une parole rare, lucide, entière, crue parfois, mais jamais gratuite. Pas pour se justifier mais pour faire savoir. Cette émission n’est ni un aveu, ni un manifeste. C’est un contrechamp. Et peut-être une invitation à poser un autre regard, un regard qui n’efface pas. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
  • #38 Matthias Harder - Helmut Newton Foundation 14.07.2025 34min
    Depuis Berlin, il veille sur l’héritage d’un photographe qui n’a jamais cessé de troubler le regard. Matthias Harder dirige la Fondation Helmut Newton. Il en est aussi le curateur en chef. Nommé par Helmut quelques mois avant son décès, puis accompagné par le regard de June, il orchestre depuis des années les expositions, les publications, les archives - mais surtout, il façonne une mémoire vivante. Celle de Helmut Newton, bien sûr, mais aussi celle de June Newton, Photographe elle aussi. Plus discrète, mais tout aussi précise, sous le nom d’Alice Springs, elle a construit une œuvre à part entière. On s’est retrouvés à Arles, dans la cuisine de Julia de Bierre, fondatrice de la Galerie Huit. Loin des grandes institutions, on a parlé de photographie, de regard, de pouvoir, de tendresse aussi. Et de cette ligne fine entre fascination et inconfort. Une plongée lucide dans les coulisses de la photographie contemporaine, entre passion, responsabilité et mémoire. Dans cette conversation, nous parlons longuement de ce photographe qui a bousculé les codes, imposé une esthétique aussi radicale qu’irrévérencieuse, tout autant que de la présence fondamentale d’Alice Springs. Un échange amical et généreux. Et cette intimité particulière que seule la radio permet, quand la voix devient le lieu du partage. English version : From Berlin, he watches over the legacy of a photographer who never stopped unsettling the gaze. Matthias Harder is the director and chief curator of the Helmut Newton Foundation. Appointed by Helmut just a few months before his death, and later accompanied by June’s sharp eye, he has been curating exhibitions, publications, and archives for years — but above all, he has been shaping a living memory. The memory of Helmut Newton, of course — but also that of June Newton, herself a photographer. More discreet, yet equally precise. Under the name Alice Springs, she built a body of work all her own. We met in Arles, in the kitchen of Julia de Bierre, founder of Galerie Huit. Far from the major institutions, we spoke about photography, about the gaze, about power — and tenderness, too. About that delicate line between fascination and discomfort. A clear-eyed dive into the backstage of contemporary photography, where passion, responsibility and memory intertwine. In this conversation, we speak at length about a photographer who broke all the rules and carved out a style both radical and irreverent — as well as about the essential presence of Alice Springs. A warm, generous exchange. And that special intimacy only radio can offer, when the voice becomes a space for sharing. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

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