✝️ Credo

✝️ Credo

Dominicains de Bordeaux
Zemlja Francuska
Žanrovi Christianity, Religion & Spirituality
Jezik FR
Epizode 83
Najnovija 27.04.2026

Le Credo est le cœur de la foi chrétienne. Dans ce podcast, chaque article de la profession de foi est présenté, expliqué et replacé dans l’ensemble du mystère chrétien. À partir du symbole de la foi proclamé par l’Église, les épisodes offrent une catéchèse claire, structurée et accessible, permettant de mieux saisir ce que signifie croire en Dieu, en Jésus‑Christ, en l’Esprit Saint, en l’Église, et en la vie éternelle. Un podcast de formation fondamentale, pour entrer dans l’intelligence de la foi, approfondir son sens, et en vivre plus consciemment.

Epizode

  • Dieu parle 09.04.2026 12min
    La foi peut-elle commencer ? Désir de bonheur, émerveillement et RévélationQu’est-ce qui fait naître la foi chrétienne ? Avant même toute adhésion à un credo, la foi prend racine dans l’expérience humaine la plus universelle : le désir. Désir d’un bonheur sans limite, d’une vérité ultime, d’un sens capable de traverser la finitude et la fragilité de nos vies.Dans cet épisode d’ouverture consacré au Credo, nous explorons ces points de départ intérieurs où la foi peut éclore : l’émerveillement devant la beauté du monde, la quête intellectuelle de la vérité, l’appel silencieux de la conscience morale, mais aussi la confrontation à la condition tragique de l’existence, marquée par la mort et l’impossibilité d’aimer à la mesure de notre désir.Car si l’attente habite l’homme, elle n’est pas encore la foi. La foi naît lorsque Dieu prend la parole. Où et comment parle-t-il ? À travers la création, la beauté, la conscience humaine, Dieu prépare l’homme à entendre davantage. Mais surtout, il se révèle dans l’histoire : par l’appel d’Abraham, la mission de Moïse, la voix des prophètes, et finalement par la personne même du Christ Jésus, plénitude de la Révélation chrétienne.Cet épisode pose les fondations d’un parcours pas à pas du Credo, compris comme une réponse libre et confiante de l’homme à la parole que Dieu lui adresse, transmise par les Écritures et le témoignage ininterrompu de l’Église.👉 Une invitation à redécouvrir la foi non comme un système abstrait, mais comme une rencontre vivante, enracinée dans l’expérience humaine la plus profonde.🎙️ Un podcast des dominicains de Bordeaux
  • L'homme répond 13.04.2026 11min
    Croire : une réponse, une intelligence, une rencontreQu’est-ce que croire, au juste ? La foi chrétienne n’est ni une illusion passagère ni une construction imaginaire destinée à rassurer. Elle naît d’une rencontre : la rencontre entre la parole que Dieu adresse à l’homme et la réponse libre que l’homme choisit de lui donner.Dans cet épisode, nous poursuivons notre parcours pas à pas du Credo pour comprendre comment la foi se forme, grandit et devient véritablement adulte. La foi commence toujours par une initiative de Dieu, une grâce antérieure qui travaille le cœur de l’homme, souvent à travers les événements de la vie, les épreuves, mais aussi par la prédication, par des paroles entendues, parfois confuses, parfois encore mal comprises. Ces premiers pas sont hésitants, mais ils ouvrent un chemin de recherche et de confiance.La foi se déploie alors selon trois dimensions inséparables. D’abord, Dieu qui parle : nous croyons parce que Dieu s’est révélé, parce qu’il a pris l’initiative de nous dire quelque chose de lui-même. Ensuite, ce que Dieu dit : la foi n’est jamais aveugle, elle engage l’intelligence, même si la compréhension demeure toujours partielle et imparfaite. Enfin, la foi est un mouvement vers Dieu : une confiance, une orientation de toute la vie vers celui qui promet le salut.À travers de belles images, comme celle du « point de vue » qui révèle soudain l’harmonie d’un ensemble jusque-là confus, cet épisode montre que la foi est moins une démonstration qu’une rencontre personnelle. Dieu n’est pas un objet que l’on prouve, mais quelqu’un à qui l’on répond, à la manière d’une parole d’amour qui appelle une confiance.Cette rencontre intime n’enferme pourtant jamais le croyant dans une expérience isolée. Le « je crois » de la foi personnelle s’inscrit toujours dans un « nous croyons » : celui de l’Église, de la communion des croyants à travers le temps, d’Abraham aux apôtres, jusqu’à aujourd’hui. Confesser sa foi, c’est entrer dans cette histoire vivante où Dieu rencontre l’humanité entière.🎙️ Un podcast des dominicains de Bordeaux
  • Je crois 14.04.2026 12min
    « Je crois » : une foi reçue, partagée et confesséeDire le Credo, ce n’est pas seulement prononcer une formule : c’est professer sa foi, confesser une relation vivante avec Dieu. Dans cet épisode, nous poursuivons notre chemin à travers les articles du Credo pour approfondir ce que signifie vraiment dire « je crois ».La foi chrétienne est toujours une réponse à l’appel de Dieu, un appel adressé à l’humanité tout entière, révélé pleinement en Jésus-Christ. Si cette réponse est personnelle et intime, elle n’est jamais isolée. Dire « je crois » revient toujours, en même temps, à dire « nous croyons ». Car la foi est reçue : transmise par l’Église, nourrie par l’Écriture, portée par le témoignage des générations de croyants qui nous ont précédés.Cet épisode met en lumière la dimension profondément communautaire de la foi. Nous croyons avec les mots de l’Église, avec le langage qu’elle a façonné pour dire ce qu’elle croit « de tout son cœur ». Ces mots, ce sont les symboles de la foi : le Credo des apôtres, sobre et fondamental, et le Credo de Nicée-Constantinople, plus développé, fruit des grands débats théologiques des premiers siècles.Que signifie le mot « symbole » ? Dans l’Antiquité, il désignait un objet partagé servant de signe de reconnaissance. De la même manière, le symbole de la foi permet aux chrétiens de se reconnaître, de manifester leur unité, de confesser ensemble la même rencontre avec le Christ. Dire le Credo, c’est dire à l’autre : « Voilà ce que je crois », et découvrir avec émerveillement que cette foi est partagée.À travers l’histoire des formules de foi — depuis les confessions les plus simples (« Jésus est le Christ ») jusqu’aux formulations conciliaires plus précises — cet épisode montre comment la foi de l’Église se déploie, s’approfondit et se transmet, toujours fidèle au même noyau vivant.Un épisode pour comprendre comment notre foi personnelle s’enracine dans la foi de l’Église et comment, en professant le Credo, nous entrons dans la grande communion des croyants, à travers le temps et l’espace.🎙️ Un podcast des dominicains de Bordeaux
  • Un seul Dieu 15.04.2026 12min
    « Je crois en un seul Dieu » : l’unicité de Dieu, source de vie et de salutOù trouver la foi de l’Église ? L’Église dit sa foi dans le Credo, cette grande prière commune qui rassemble les chrétiens et exprime, sous forme de symbole, ce que l’Église croit et confesse. Dans cet épisode, nous entrons enfin dans le texte lui-même, en commençant par sa première affirmation fondamentale : « Je crois en un seul Dieu ».Que signifie croire en un Dieu unique ? Cette profession de foi engage une rupture radicale avec le polythéisme, où le divin se disperse en une multitude de dieux chargés de gouverner les différents aspects du monde. Face à ces visions religieuses multiples, la foi biblique affirme l’existence d’un seul Dieu, créateur du ciel et de la terre, maître de l’histoire et source de toute vie.L’épisode retrace le cheminement d’Israël vers cette foi monothéiste. D’abord marquée par une alliance exclusive avec un Dieu particulier — une monolâtrie — la foi d’Israël découvre progressivement que ce Dieu n’est pas « un dieu parmi d’autres », mais l’unique Dieu véritable, face auquel les idoles se révèlent être de simples illusions. Cette unicité de Dieu n’est pas une abstraction philosophique : elle est une expérience vitale et salvatrice. « Écoute, Israël, le Seigneur notre Dieu est l’unique Seigneur. »Dire qu’il n’y a qu’un seul Dieu, c’est aussi affirmer que ce Dieu est le Dieu de tous les peuples. Judaïsme, christianisme et islam partagent cette foi en l’unicité divine. Mais une question essentielle demeure : quelle relation entretenons-nous avec ce Dieu unique ? Car une même personne peut être connue de façons très différentes — comme père, voisin ou maître. Il en va de même pour Dieu.L’épisode invite alors à aller plus loin : qui est ce Dieu en qui nous croyons ? Loin d’un principe impersonnel ou d’un juge lointain, Dieu se révèle dans les Écritures comme le Dieu vivant, source de tout être, éternellement jeune et créateur. Il se nomme lui-même : « Je suis celui qui suis ». Il est le Dieu saint, infiniment autre, mais aussi le Dieu de tendresse et de pitié, celui qui pardonne et sauve. Et, dans le Nouveau Testament, cette révélation atteint son sommet : « Dieu est amour ».Ainsi, croire en un seul Dieu transforme profondément notre regard sur le monde, sur les autres et sur nous-mêmes. Cette foi devient action de grâce, reconnaissance de la dignité de toute personne humaine et confiance radicale en Dieu, seul véritable appui au cœur de ce qui passe.🎙️ Un podcast des dominicains de Bordeaux
  • Le Père 16.04.2026 12min
    « Je crois en Dieu, le Père » : une paternité révélée et vécueAprès avoir confessé la foi chrétienne en un Dieu unique, cet épisode nous fait entrer plus avant dans le mystère proprement biblique de Dieu : « Je crois en un seul Dieu, le Père Tout-Puissant ». Avant même de considérer la toute-puissance divine, le Credo nous invite à accueillir un nom décisif : Père.Loin d’un principe abstrait ou d’une divinité lointaine, la révélation biblique dévoile Dieu comme un Père qui engendre, accompagne, cherche et sauve. Bien des images faussées de Dieu – policier céleste, rival de notre liberté, juge arbitraire – sont ici interrogées et dépassées. La foi chrétienne appelle une véritable conversion du regard : apprendre à reconnaître Dieu non comme un obstacle à notre bonheur, mais comme sa source.Cet épisode plonge dans l’expérience fondatrice du peuple d’Israël, engendré non par la force ou la chair, mais par la promesse gratuite adressée à Abraham et Sarah. Israël découvre peu à peu que son existence même est portée par une parole fidèle, indéfectible : Dieu est Père parce qu’il donne la vie, protège, relève et ne renonce jamais à son peuple, même dans l’épreuve de l’exil.La paternité divine se révèle aussi dans une tendresse profondément concrète. Les Écritures osent parler de la miséricorde de Dieu avec des images maternelles : un amour viscéral, une compassion qui ne peut oublier l’enfant porté dans son sein. Cette paternité est donc à la fois puissance créatrice et proximité infinie.Au sommet de la révélation, Jésus-Christ dévoile une relation encore plus profonde : Dieu n’est pas seulement « notre Père », il est « mon Père ». Dans la vie, les gestes, la mort et la résurrection du Christ, se donne à entrevoir le mystère trinitaire : une vie de relation, de don et d’amour, dans laquelle nous sommes appelés à entrer. Lorsque Jésus nous apprend à dire « Notre Père », il nous fait participer à sa propre relation filiale.Dire que Dieu est Père n’est donc pas une simple métaphore projetée à partir de nos expériences humaines. C’est au contraire toute paternité humaine qui trouve sa source et sa vérité dans cette paternité première, « de qui toute paternité au ciel et sur la terre tire son nom ». La foi chrétienne devient alors une obéissance confiante, filiale, portée par la certitude d’être aimé, cherché et relevé.Un épisode invite à méditer en profondeur ce nom central du Credo : Père, cœur battant de la foi chrétienne.🎙️ Un podcast des dominicains de Bordeaux
  • Père, fils et Esprit-Saint 17.04.2026 12min
    Le Père, le Fils et l’Esprit : entrer dans le mystère de la TrinitéLorsque nous professons : « Je crois en un seul Dieu, le Père Tout-Puissant », nous confessons bien plus qu’une paternité bienveillante et créatrice. Pour la foi chrétienne, cette paternité divine comporte deux dimensions étroitement liées : Dieu est notre Père, source de toute vie et objet de notre confiance, mais il est aussi, d’une manière unique et propre au Nouveau Testament, le Père du Fils éternel.Cet épisode nous conduit au cœur même de la foi chrétienne : le mystère de la Trinité. Un mystère non pas inventé par des théologiens, mais révélé progressivement à travers la vie, la mort et la résurrection de Jésus-Christ. Le Nouveau Testament ne prononce jamais le mot « Trinité », et pourtant il place le lecteur devant un paradoxe immense : le Dieu unique, confessé depuis des siècles par Israël, se révèle comme vivant de toute éternité en trois personnes — le Père, le Fils et l’Esprit Saint.Jésus ne parle pas de Dieu seulement comme « notre Père », mais comme « mon Père », dans une relation propre, unique, antérieure même à la création du monde. Cette révélation oblige l’Église à forger un langage précis pour dire sans trahir le mystère : le Fils n’est pas seulement « de même nature » que le Père, il est un avec lui, consubstantiel, partageant une seule vie, une seule lumière, un seul être.L’épisode rappelle également les grands piliers de la foi chrétienne : certaines vérités, comme l’existence de Dieu ou sa providence, peuvent être atteintes par la raison humaine. Mais d’autres — l’Incarnation et la Trinité — ne peuvent être connues que par la Révélation. Elles dépassent l’intelligence sans jamais la contredire, et conduisent non à une explication exhaustive, mais à la contemplation et à l’adoration.La Trinité n’est pas un concept abstrait : elle est le cœur vivant de Dieu. Le Père se dit et s’engendre dans le Verbe éternel, le Fils ; de leur amour réciproque jaillit l’Esprit Saint. Dieu est, avant toute création, une communion, un don éternel, une vie qui se donne.Cette vie trinitaire éclaire aussi l’œuvre de la création et du salut. Dieu nous pense dans son Verbe et nous aime dans l’Esprit avant même notre existence. La foi trinitaire révèle ainsi que l’origine du monde n’est pas un acte froid ou mécanique, mais un acte d’amour. Confesser la Trinité, c’est reconnaître en Dieu la source jaillissante de toute vie, appelée à se communiquer.Un épisode exigeant et lumineux, pour entrer humblement dans le mystère central de la foi chrétienne.🎙️ Un podcast des dominicains de Bordeaux
  • Le Tout-Puissant 18.04.2026 12min
    « Le Père Tout-Puissant » : une puissance d’amour face au mystère du malLorsque le Credo confesse la foi chrétienne en « un seul Dieu, le Père Tout-Puissant », il associe étroitement deux mots que l’on ne peut jamais séparer : Père et Tout-Puissant. Cet épisode nous invite à redécouvrir le sens profondément chrétien des attributs divins, à rebours des images déformées d’un Dieu arbitraire ou écrasant.La toute-puissance de Dieu n’est pas une force capricieuse qui violerait la logique ou les lois de la création. Dieu ne fait pas l’absurde, il ne veut pas le contradictoire. Sa toute-puissance désigne sa capacité à accomplir tout ce qui est réellement possible, et toujours selon la sagesse et le bien le plus grand. Parce qu’il est Père, la toute-puissance divine est fondamentalement bienveillante, ordonnée au salut et à la croissance morale de l’humanité.Mais cette confession se heurte immédiatement à une question brûlante : si Dieu est tout-puissant et Père, pourquoi le mal existe-t-il ? L’épisode aborde sans détour le scandale du mal moral — la liberté capable de choisir le péché — et du mal de souffrance — la maladie, la mort, les drames de l’existence. La tradition chrétienne distingue ce que Dieu veut et ce qu’il permet. Dieu ne veut pas le mal, mais il le permet par respect pour la liberté qu’il a donnée à ses créatures, car on ne peut aimer véritablement sans pouvoir refuser.Face au mystère du mal, Dieu ne répond pas par une théorie abstraite. Il répond en entrant lui-même dans notre histoire. La toute-puissance divine se révèle de manière paradoxale dans la faiblesse de la croix et la puissance de la résurrection. Dieu ne supprime pas la souffrance par un décret, mais la traverse avec nous et la transfigure par l’amour.L’épisode évoque ensuite d’autres attributs classiques de Dieu, souvent mal compris. Dieu est simple : il n’est pas composé de parties, il ne change pas, il n’évolue pas comme les créatures. Son être est identique à son amour, à sa sagesse et à sa bonté. Cette simplicité fonde l’immutabilité divine : Dieu ne change pas, et son projet de salut demeure inébranlable. Là où tout passe et se transforme, Dieu reste fidèle.Enfin, l’éternité divine n’est pas une durée infinie, mais une présence hors du temps, capable d’embrasser d’un seul regard l’ensemble de l’histoire. Dieu porte tous les temps dans son amour créateur, comme une source qui demeure tandis que les événements s’écoulent.Un épisode exigeant et apaisant, pour comprendre que la toute-puissance de Dieu est, avant tout, une puissance de charité, qui respecte la liberté humaine et ouvre un chemin d’espérance au cœur même du mystère du mal.🎙️ Un podcast des dominicains de Bordeaux
  • Créateur 19.04.2026 12min
    « Créateur du ciel et de la terre » : une création libre, bénie et toujours en dépendance de DieuLa foi chrétienne exprimée dans le Credo est une foi en Dieu créateur. Non pas en un Dieu lointain ou indifférent à notre monde, mais en un Père Tout-Puissant qui donne l’existence à tout ce qui est, visible et invisible. Cet épisode propose une entrée patiente et exigeante dans ce que la foi chrétienne entend réellement par le mot « création ».Les récits bibliques de la Genèse déploient une imagerie forte et poétique : Dieu façonne, sépare, nomme, bénit. Mais ces images ne doivent ni être comprises de façon naïve ni rejetées comme dépassées. La Bible ne se présente pas comme un traité scientifique. Elle est un témoignage théologique, inscrit dans une culture et un langage précis, destiné à révéler le sens profond de l’existence du monde.Dire que Dieu crée, au sens biblique, signifie d’abord une vérité métaphysique fondamentale : tout ce qui existe pourrait ne pas exister. Chaque être est contingent, dépendant. S’il existe quelque chose plutôt que rien, c’est qu’il y a une cause première qui, à chaque instant, donne l’être. La création n’est donc pas seulement un commencement dans le temps, mais une dépendance radicale et continue de toute chose à l’égard de Dieu.Mais la révélation biblique va bien plus loin. Le verbe « créer » est réservé à Dieu seul. Il ne signifie pas transformer ou organiser une matière préexistante, mais faire surgir du neuf, à partir du néant. Dieu seul crée, et il crée seul. Il n’a besoin ni d’intermédiaires, ni d’assistants, ni de combats mythologiques. Le monde n’est pas issu d’une généalogie divine, ni d’un processus nécessaire : il est le fruit d’un acte libre.Dieu crée librement, sans contrainte ni besoin. Il ne crée pas par manque, mais par surabondance. La création n’est pas un produit secondaire de la divinité ; elle est un don. Et ce don se déploie par la parole : « Dieu dit, et cela fut ». La parole divine instaure l’ordre, la distinction, la cohérence du réel. Dès les premières pages de l’Écriture, se dessine le mystère du Verbe créateur.Chaque étape de la création est scellée par un même refrain : « Dieu vit que cela était bon ». Le monde n’est ni illusoire, ni mauvais par nature, ni une chute. Il repose sous la bénédiction de Dieu. Confesser Dieu créateur, c’est reconnaître cette bonté fondamentale de l’existence et recevoir le monde comme un don confié, porté par un regard de bienveillance.Un épisode pour redécouvrir la création non comme un récit concurrent des sciences, mais comme une confession de foi : celle d’un Dieu libre, source de l’être, qui appelle le monde à l’existence et le bénit.🎙️ Un podcast des dominicains de Bordeaux
  • Univers visible et invisible 27.04.2026 12min
    « Créateur de l’univers visible et invisible » : anges, liberté et combat spirituelLorsque le Credo confesse Dieu comme « créateur du ciel et de la terre, de l’univers visible et invisible », il affirme que l’acte créateur de Dieu ne se limite pas au monde matériel que nos sens peuvent percevoir. La foi chrétienne reconnaît l’existence d’un monde invisible, spirituel, qui précède et accompagne l’histoire humaine : le monde des anges.Cet épisode nous invite à élargir notre compréhension de la création. Dès les premiers versets de la Genèse, le « ciel et la terre » désignent l’ensemble du réel, bien avant la simple distinction entre firmament et terre ferme. L’univers créé comprend donc des réalités spirituelles, invisibles mais réelles, que l’Église confesse explicitement dans le Credo.Qui sont les anges ? Le mot « ange » signifie d’abord « messager » : celui qui porte une parole, une mission. Mais cette fonction suppose une nature propre. Les anges sont des créatures spirituelles, des « purs esprits », capables de connaître, d’aimer et de choisir, sans être liés à un corps, contrairement à l’homme qui est un esprit incarné. Avec les hommes, ils constituent le sommet de la création : des êtres capables de répondre librement à l’appel d’amour de Dieu.L’épisode éclaire la différence entre la liberté humaine et la liberté angélique. L’homme choisit lentement, dans le temps, par des actes répétés. Les anges, eux, se déterminent par un acte unique de l’intelligence et de la volonté. Leur histoire est déjà accomplie. Appelés à entrer dans l’intimité de Dieu, certains ont accueilli ce don dans l’adoration et l’humilité — « Qui est comme Dieu ? » — tandis que d’autres ont refusé de recevoir leur accomplissement comme une grâce.Ce refus radical donne naissance au monde des anges déchus, les démons, caractérisé par le repli sur soi, la volonté d’être sa propre fin, sa propre source de joie. Ce choix inaugure l’histoire du mal spirituel, qui précède l’histoire humaine et influencera ensuite, de manière indirecte mais réelle, la liberté de l’homme.La révélation biblique montre ainsi la présence discrète mais active des anges et des démons tout au long de l’histoire du salut : anges messagers, anges protecteurs, anges gardiens, mais aussi tentations, suggestions et combats intérieurs. Le monde visible et invisible se croisent constamment, jusqu’à leur réunion finale dans la Jérusalem céleste, où anges et hommes glorifiés participeront à l’unique louange de Dieu.Un épisode pour redécouvrir la profondeur du Credo et comprendre que la création n’est pas seulement matérielle, mais aussi spirituelle, appelée tout entière — visible et invisible — à la communion éternelle avec Dieu.🎙️ Un podcast des dominicains de Bordeaux
  • L'homme et la chute 27.04.2026 12min
    L’homme créé : image de Dieu, liberté et rupture originelleLe Credo confesse Dieu comme créateur du ciel et de la terre, de l’univers visible et invisible. Après avoir évoqué la création du monde et celle des anges, cet épisode s’arrête sur le couronnement de l’acte créateur : la création de l’homme.La révélation biblique présente l’homme comme une créature singulière, située à la frontière du monde matériel et du monde spirituel. Pour comprendre ce que la Bible dit de l’homme, il est essentiel de distinguer le message théologique du langage imagé par lequel il est transmis. Les récits de la Genèse utilisent les symboles et les images d’une culture ancienne ; ils ne cherchent pas à fournir une explication scientifique, mais à dévoiler le sens profond de l’existence humaine.L’homme apparaît comme une rupture dans l’univers : être de parole, de conscience de soi, capable de se reconnaître, de nommer le monde et de s’y situer. Il ne se reconnaît pas dans les animaux ; aucun ne peut être pour lui une « aide qui lui corresponde ». La création de la femme manifeste alors que l’humanité est créée pour la relation. Tirée du côté de l’homme, la femme est son égale, son vis-à-vis. La première parole de l’homme devant la femme est une parole de poésie et d’émerveillement : l’humanité s’ouvre à la communion.Créé homme et femme, l’être humain reflète la vie même de Dieu. La bénédiction de la fécondité et de la sexualité appartient à l’ordre de la création : elle est un don originel, et non une conséquence du péché. L’homme est appelé à cultiver le jardin, à servir et à garder la création, dans une relation d’amitié avec Dieu et avec son prochain.Mais cette harmonie originelle est fragile. Le récit biblique du péché originel décrit non une faute biologique ou sexuelle, mais une rupture de la volonté. L’homme cherche à s’emparer de ce qui ne peut être que reçu : la connaissance du bien et du mal. La désobéissance naît de la défiance envers Dieu, soupçonné de s’opposer au bonheur humain. Ce choix entraîne des conséquences profondes : la peur de Dieu, la honte de soi, la rupture intérieure, la désagrégation des relations et l’incapacité à assumer pleinement sa responsabilité.Cette blessure originelle marque désormais la condition humaine : un repli sur soi, une fragilité de la liberté, une inclination au péché et à la mort. Toutefois, la foi chrétienne ne s’arrête pas à ce constat. Face au péché, Dieu ne renonce pas à l’homme : dès l’origine se profile la promesse du salut et de la rédemption.Un épisode essentiel pour comprendre la vision chrétienne de l’homme : créé pour l’amitié avec Dieu, libre et responsable, blessé mais toujours appelé à être relevé par la grâce.🎙️ Un podcast des dominicains de Bordeaux
  • L'économie du Salut 27.04.2026 12min
    De la création à la rédemption : l’histoire sainte, réponse de Dieu au malLe Credo ne confesse pas seulement la foi en Dieu créateur, mais aussi en Dieu sauveur. Après avoir contemplé la création et les origines mystérieuses du mal dans l’histoire humaine, cet épisode nous fait entrer dans ce que la tradition chrétienne appelle l’économie de la rédemption : la réponse patiente et fidèle de Dieu au péché de l’homme.La rupture originelle a blessé profondément la relation entre Dieu et l’humanité : peur de Dieu, honte de soi, désagrégation des relations, repli sur soi. Face à ce drame, Dieu ne se résigne pas. Il engage toute son œuvre pour restaurer l’amitié perdue. Cette œuvre de salut se déploie dans l’histoire sous la forme d’alliances successives, qui structurent ce que la Bible nomme l’histoire sainte.Le terme « économie », dans son sens théologique, ne désigne pas une gestion matérielle mais l’ensemble des moyens que Dieu, comme maître bienveillant de la maison, met en œuvre pour conduire l’humanité vers sa joie et son accomplissement. Dès après la chute, cette économie prend la forme d’une pédagogie divine de la miséricorde.L’épisode retrace les grandes étapes de cette histoire du salut. Avec Noé, l’humanité passe à travers les eaux de la mort pour recevoir une alliance nouvelle. Avec Abraham, Dieu inaugure une relation fondée sur la foi : un homme quitte ses sécurités pour répondre à l’appel du Dieu unique et reçoit la promesse d’un fils et d’une bénédiction pour tous les peuples. Abraham devient ainsi le père des croyants.Cette promesse se précise avec Moïse : Dieu libère son peuple de l’esclavage, le fait passer à travers la mer, lui donne sa Loi au Sinaï pour l’éduquer à une relation juste avec lui. La Loi n’est pas une fin en soi, mais une préparation à l’accueil du Messie. Puis vient l’alliance avec David, à qui est promise une descendance royale dont le règne n’aura pas de fin : un fils qui pourra appeler Dieu « mon Père ».Enfin, l’épreuve de l’exil manifeste à la fois la gravité du péché et l’infinie fidélité de Dieu. Même lorsque tout semble perdu — la terre, le Temple, la ville sainte — Dieu continue d’agir pour donner à son peuple « l’espérance et l’avenir ».Toutes ces alliances convergent vers un accomplissement unique : la venue de Jésus-Christ, le Fils unique de Dieu, notre Seigneur. En confessant notre foi en Jésus-Christ, nous affirmons que Dieu a répondu au scandale du mal non par une idée ou une théorie, mais par une personne : son propre Fils, don ultime et définitif de sa miséricorde.Un épisode clé pour comprendre le Credo comme la mémoire vivante de l’histoire du salut et comme la profession d’une espérance enracinée dans la fidélité de Dieu.🎙️ Un podcast des dominicains de Bordeaux
  • Jésus-Christ est Seigneur 27.04.2026 12min
    « Jésus-Christ, le Fils unique de Dieu, notre Seigneur » : le cœur de la foi chrétienneLa profession de foi des chrétiens, telle qu’elle s’exprime dans le Credo, s’est précisée au fil des siècles. Pourtant, dès l’origine, elle possède un noyau simple et décisif : « Jésus est le Christ », « Jésus-Christ est Seigneur ». Cet épisode nous conduit au cœur même de la foi chrétienne, là où tout converge : la confession de Jésus comme Fils unique de Dieu et Seigneur.Tout commence par un nom : Jésus. Ce nom n’est pas anodin. Donné à l’enfant par ordre de l’ange, il signifie « Dieu sauve ». Il désigne la mission même de celui qui vient : sauver l’humanité de ses péchés. En confessant Jésus, les chrétiens confessent l’acte ultime par lequel Dieu répond au mystère du mal : non par une idée, mais par une personne donnée pour le salut du monde.Jésus est appelé le Christ — le Messie — c’est-à-dire « celui qui a reçu l’onction ». Ce titre inscrit Jésus dans toute l’attente d’Israël : l’accomplissement des promesses faites à Abraham, à Moïse et à David. En lui s’accomplit l’espérance des prophètes. Il est l’homme historique en qui Dieu manifeste définitivement sa bienveillance pour l’humanité.Mais la foi chrétienne va plus loin encore : Jésus-Christ est Seigneur. Ce mot, loin d’être honorifique, est chargé d’une densité théologique immense. Dans la tradition biblique, « le Seigneur » est le nom même de Dieu, celui que l’on substitue au Nom imprononçable. Confesser Jésus comme Seigneur, c’est confesser sa divinité. C’est reconnaître en cet homme le Dieu vivant venu habiter parmi nous.Le Credo affirme alors ce qui constitue le cœur du mystère chrétien : Jésus est le Fils unique de Dieu, vrai Dieu et vrai homme. Il est consubstantiel au Père : non seulement de même nature, mais partageant la même vie, le même être. Le Verbe éternel, par qui tout a été créé, entre dans notre histoire sans perdre sa divinité, assumant pleinement notre humanité pour nous communiquer la vie divine.Dans le Christ s’accomplissent les grandes figures de l’histoire du salut : il est roi dont le règne n’a pas de fin, prophète en qui Dieu se dit tout entier, et grand prêtre qui s’offre lui-même pour la rédemption du monde. En confessant Jésus-Christ, Fils unique de Dieu, Seigneur, l’Église proclame le dessein bienveillant de Dieu porté à son accomplissement.Un épisode central pour comprendre que toute la foi chrétienne converge vers cette confession simple et radicale : Jésus-Christ est le Seigneur.🎙️ Un podcast des dominicains de Bordeaux
  • Jésus-Christ est fils de Dieu 27.04.2026 12min
    « Jésus-Christ, Fils de Dieu » : révélation de la filiation et appel à devenir filsAu cœur du Credo se trouve une confession décisive : « Jésus-Christ est Seigneur ». En approfondissant cette foi, l’Église affirme aussi que Jésus est le Fils de Dieu. Cet épisode explore le sens profond de cette expression et ce qu’elle révèle à la fois sur Jésus et sur notre propre vocation.Dire que Jésus est Fils de Dieu ne signifie pas simplement qu’il serait un envoyé privilégié ou un prophète éminent. Dans les Évangiles, Jésus se présente comme le Fils au sens le plus fort : celui qui connaît le Père de toute éternité, qui l’a vu, qui vit de sa vie même. Cette vérité n’est pas le fruit d’un raisonnement humain ; elle relève de la Révélation. Lorsque Pierre confesse : « Tu es le Messie, le Fils du Dieu vivant », Jésus lui répond que cette connaissance vient du Père lui-même.Tout au long de sa mission, Jésus dévoile cette relation filiale unique. Elle apparaît de manière éclatante lors de son baptême dans le Jourdain : le Fils entre librement dans les eaux du repentir pour porter les péchés du monde, l’Esprit repose sur lui, et la voix du Père se fait entendre : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé ». La Trinité se manifeste, et Jésus est révélé comme Fils par excellence.Mais cette révélation ne concerne pas Jésus seul. S’il est venu dans notre chair, c’est pour nous donner part à sa propre relation avec le Père. L’homme a été créé pour la filiation : être regardé, désiré et aimé pour lui-même par Dieu. Le péché a obscurci et blessé cette relation, mais il ne l’a pas supprimée. En Jésus-Christ, image parfaite du Père invisible, cette vocation est restaurée et rendue accessible par grâce.L’épisode souligne une grande vérité biblique : l’homme n’est pas fait pour le monde, c’est le monde qui est fait pour l’homme. Unique créature voulue pour elle-même, l’homme est appelé à vivre comme fils, non comme centre absolu de tout. Cette filiation n’est pas seulement une identité reçue, mais aussi une responsabilité. Dans le Nouveau Testament, devenir fils de Dieu engage un agir conforme à cet amour : vivre dans la vérité, le don de soi et la confiance filiale.Être fils de Dieu, c’est refuser le repli égoïste et consentir à recevoir la vie comme un don. Jésus vient précisément pour cela : faire de nous des fils adoptifs, capables de dire « Père » avec vérité. Il accomplit ainsi la promesse faite à Abraham : le don du Fils par qui toutes les nations seront bénies.Un épisode central pour comprendre que la foi chrétienne n’est pas seulement une croyance, mais une transformation de l’identité : appelés à devenir, en Jésus-Christ, les fils bien-aimés du Père.🎙️ Un podcast des dominicains de Bordeaux
  • Jésus descend du Ciel et prend chair 27.04.2026 12min
    « Descendu du ciel, il a pris chair » : le mystère central de l’IncarnationAu cœur du Credo, l’Église confesse une affirmation décisive pour la foi chrétienne : Jésus-Christ, Fils de Dieu, est descendu du ciel et a pris chair. Cet épisode propose de s’arrêter sur ces paroles simples en apparence, mais d’une densité théologique inouïe, qui expriment le cœur même du mystère chrétien.Descendre du ciel ne signifie pas un déplacement spatial, comme si Dieu quittait un lieu pour en rejoindre un autre. Cette expression dit que le Verbe éternel, qui est Dieu et qui est auprès de Dieu, entre librement dans notre histoire. Le Prologue de saint Jean l’exprime avec force : « Le Verbe s’est fait chair et il a habité parmi nous ». Dieu assume réellement la condition humaine, sans cesser d’être Dieu.Face à ce mystère, l’histoire de l’Église a dû tracer un chemin étroit entre deux tentations opposées. La première consiste à réduire Jésus à un homme exceptionnel, adopté par Dieu à un moment de son existence. Les doctrines adoptionnistes ou ariennes affirmaient un Jésus supérieur aux autres hommes, mais créé, et non Dieu lui-même. L’Église a répondu avec clarté : Jésus n’est pas une créature, mais le Fils engendré, non créé, consubstantiel au Père. « Moi et le Père, nous sommes un ».La tentation inverse consiste à nier le réalisme de l’Incarnation. Selon le docétisme, Jésus ne serait qu’un Dieu déguisé en homme, son humanité n’étant qu’une apparence. Là encore, la foi chrétienne s’y oppose fermement : Jésus est véritablement homme. Il a un corps réel, une intelligence humaine, une volonté humaine, des émotions humaines. Il pleure, il a faim, il éprouve l’angoisse, il souffre et il meurt.Ce patient travail doctrinal conduit au grand principe formulé par les Pères de l’Église : « Ce qui n’est pas assumé n’est pas sauvé ». Tout ce qui fait l’homme — corps, intelligence, volonté, affectivité — a été assumé par le Verbe pour être sauvé. Le concile de Chalcédoine le formulera avec précision : une seule Personne, le Verbe éternel, subsiste en deux natures, divine et humaine, sans confusion ni séparation.Ainsi, lorsque Jésus agit, parle, souffre ou meurt, c’est Dieu lui-même qui agit à travers son humanité. L’humanité du Christ devient l’« instrument conjoint » de sa divinité : non un simple masque, mais la médiation réelle par laquelle Dieu se rend accessible à l’homme. Toucher l’humanité du Christ, c’est rencontrer Dieu.La finalité de l’Incarnation est alors révélée : Dieu s’est fait homme pour que l’homme puisse devenir participant de la vie divine. En descendant du ciel et en prenant chair, le Fils ouvre à l’humanité blessée le chemin de la communion avec Dieu.Un épisode fondamental pour comprendre que la foi chrétienne repose sur une affirmation vertigineuse : Dieu s’est rendu proche, jusqu’à partager notre condition, afin de nous faire partager sa propre vie.🎙️ Un podcast des dominicains de Bordeaux
  • Jésus est né de la Vierge Marie 27.04.2026 12min
    « Conçu du Saint-Esprit, né de la Vierge Marie » : Marie au cœur du mystère du ChristAu centre de la foi chrétienne se tient le mystère de l’Incarnation : Dieu s’est fait chair pour notre salut. En confessant dans le Credo que Jésus-Christ a été « conçu du Saint-Esprit, né de la Vierge Marie », l’Église nous invite à contempler le rôle unique de Marie dans l’histoire du salut.Cet épisode propose d’entrer dans ce que la théologie appelle le dogme marial, en soulignant d’emblée une vérité essentielle : tout ce que la foi chrétienne dit de Marie est entièrement ordonné au mystère du Christ. La mariologie est inséparablement christologique. Ainsi, le titre central de Marie Mère de Dieu n’est pas né d’une dévotion mariale isolée, mais d’un débat décisif sur l’identité même de Jésus.Si Marie est proclamée Mère de Dieu (Théotokos), c’est parce que celui qu’elle met au monde n’est pas seulement un homme uni à Dieu, mais Dieu lui-même fait chair. Elle n’est pas la source de sa divinité, mais elle est véritablement la mère de la Personne divine du Fils dans son humanité. En affirmant ce titre, l’Église protège la vérité de l’Incarnation : l’enfant de la crèche est le Verbe éternel de Dieu.Dieu aurait pu sauver l’humanité sans passer par Marie. Pourtant, il a voulu entrer dans notre histoire par le consentement libre d’une femme. Ce choix manifeste une loi profonde de l’économie du salut : Dieu ne sauve pas l’homme sans l’homme. La réponse de Marie — « Qu’il me soit fait selon ta parole » — devient le modèle de toute collaboration humaine à la grâce. Comme le dira saint Augustin, Dieu qui nous a créés sans nous ne nous sauve pas sans nous.L’épisode éclaire ensuite la signification de la virginité de Marie, souvent difficile à comprendre pour l’homme moderne. Loin d’être un détail biologique, elle est un signe théologique : Jésus n’a pas d’autre Père que Dieu. Sa naissance virginale manifeste que la source de sa vie est entièrement divine et que son origine ne dépend pas d’une initiative humaine. Elle exprime aussi le don total de Marie à Dieu, sa disponibilité sans partage à l’œuvre du salut.Enfin, une juste place est donnée à saint Joseph, figure essentielle et souvent silencieuse. Père non par la chair mais par l’accueil, le nom, l’éducation et la transmission, Joseph donne à Jésus son insertion concrète dans l’histoire humaine. Il rappelle que la paternité dépasse la biologie : elle est aussi responsabilité, fidélité et service.Un épisode pour comprendre que, dans le mystère de Marie, c’est toujours le Christ qui est confessé : Dieu qui a voulu avoir besoin d’une réponse humaine pour entrer dans notre monde et nous faire entrer, à notre tour, dans sa vie.🎙️ Un podcast des dominicains de Bordeaux
  • Marie dans l'Histoire Sainte 27.04.2026 12min
    Marie dans l’histoire du salut : Immaculée, associée à l’œuvre du Christ et mère de l’ÉgliseL’Incarnation du Fils de Dieu est le cœur de la foi chrétienne. En confessant que Dieu a voulu passer par la Vierge Marie pour entrer dans notre histoire « pour nous les hommes et pour notre salut », le Credo ouvre une méditation sur la place unique de Marie dans l’histoire du salut.Cet épisode invite à contempler Marie non pas isolément, mais dans le grand mouvement de l’histoire sainte. Elle est l’aboutissement d’une longue attente biblique : celle du Fils de la promesse. Tout l’Ancien Testament peut se lire comme une histoire tendue vers cette naissance, portée par les figures des justes et des saintes femmes qui transmettent la vie jusqu’à ce que puisse naître le Sauveur. Marie, humble servante, recueille en elle toute cette attente et y répond au nom de l’humanité entière.À partir de la salutation de l’ange — « Je te salue, pleine de grâce » — l’Église a progressivement perçu le mystère de l’Immaculée Conception. Affirmer que Marie est conçue sans péché originel ne revient nullement à nier sa condition humaine. Comme tout être humain, elle est conçue de parents humains. Mais Dieu l’a préservée, par anticipation des mérites du Christ, de la blessure du péché originel, afin qu’elle puisse répondre à son appel dans une liberté pleine et intacte.Loin de restreindre sa liberté, cette grâce la rend au contraire pleinement humaine. Le péché n’agrandit jamais la liberté : il la diminue. Marie, préservée de cette atteinte, est capable d’un acquiescement total, spontané et personnel à la volonté de Dieu. Elle aurait pu refuser, mais elle choisit de répondre de tout son être : « Qu’il me soit fait selon ta parole ».Marie est ainsi reconnue par l’Église comme fille de l’humanité, héritière des promesses anciennes ; comme sœur, partageant l’épreuve, la foi et la confiance ; et, dans l’ordre de la grâce, comme mère. Sa coopération à l’œuvre du salut ne s’arrête pas à l’Annonciation. Elle accompagne le Christ dans son enfance, au début de sa vie publique, au pied de la croix, puis au cœur de l’Église naissante à la Pentecôte.Au terme de sa vie terrestre, la foi chrétienne confesse que Marie est pleinement associée à la gloire de son Fils : c’est le mystère de l’Assomption, par lequel elle participe déjà, corps et âme, à la résurrection promise à tous. Dans le paradis, se tiennent désormais un homme et une femme glorifiés : le Christ ressuscité et sa mère, associée à son œuvre.C’est pourquoi l’Église reconnaît en Marie non seulement un modèle de foi, d’espérance et de charité, mais véritablement la Mère de l’Église. Glorifiée auprès de Dieu, elle continue d’intercéder pour les croyants. Par elle est venu le salut ; par sa prière maternelle, il continue d’atteindre chacun.Un épisode contemplatif et profondément théologique, pour saisir combien Dieu a voulu associer une créature humaine à l’œuvre même du salut, et comment, en Marie, l’humanité trouve déjà sa réponse la plus pure à l’appel de Dieu.🎙️ Un podcast des dominicains de Bordeaux
  • Baptême et prédication du Christ 27.04.2026 12min
    Le ministère public de Jésus : signes, enseignement et manifestation du FilsAprès avoir contemplé le mystère de l’Incarnation et la place de la Vierge Marie dans l’histoire du salut, le Credo nous conduit vers le cœur de la vie terrestre de Jésus : son ministère public. Cet épisode ouvre la méditation sur ces trois années décisives où le Christ se manifeste publiquement comme Sauveur.Les Évangiles nous montrent d’abord un long temps de silence : la vie cachée à Nazareth, où Jésus grandit humblement, soumis à Marie et à Joseph. Puis vient l’heure de la révélation. Le ministère public s’ouvre par un geste paradoxal et profondément révélateur : le baptême de Jésus dans le Jourdain.Jésus ne commence pas en maître ou en juge, mais en se plaçant au milieu des pécheurs. Il entre le dernier dans les eaux, prenant sur lui le poids du péché du monde. En agissant ainsi, il inaugure déjà l’œuvre de la rédemption. Jean le Baptiste le désigne alors comme « l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde ».Au sortir des eaux, se manifeste le mystère trinitaire : les cieux s’ouvrent, l’Esprit repose sur Jésus, et la voix du Père proclame : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé ». Ce n’est pas un commencement de filiation, mais une manifestation : l’aujourd’hui éternel de Dieu entre dans le temps de l’histoire. Jésus est révélé comme le Fils, le Messie envoyé pour sauver.Aussitôt, l’Esprit le conduit au désert, où Jésus affronte le tentateur. Là encore, il agit en notre nom, reprenant l’histoire de l’humanité pour la conduire à la victoire sur le mal. Son ministère commence par cette confrontation décisive avec le prince de ce monde.Tout au long de ces années, Jésus agit et enseigne. Les Évangiles parlent moins de « miracles » que de signes : des gestes qui révèlent sa mission et son identité. Guérisons, délivrances, résurrections sont autant de signes qui manifestent la venue du Royaume de Dieu. Ces actes sont toujours accompagnés d’un enseignement qui en éclaire le sens profond.Jésus se révèle comme maître et rabbi. Sa prédication trouve une expression particulièrement dense dans le sermon sur la montagne, véritable charte de la vie chrétienne. Les béatitudes y dessinent un chemin paradoxal de bonheur, fondé sur la pauvreté du cœur, la douceur, la miséricorde, la quête de justice et la paix.Allant au-delà de la Loi ancienne, Jésus en manifeste l’accomplissement radical : l’appel à la sainteté comme participation à la perfection de Dieu lui-même. Cet enseignement culmine dans le commandement nouveau : « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés ». La nouveauté n’est pas l’amour, mais la mesure de cet amour, qui va jusqu’au don total de soi.Ainsi, le ministère public de Jésus révèle progressivement qui il est et pourquoi il est venu : le Fils bien-aimé du Père, venu poser en actes et en paroles l’amour de Dieu pour le monde, jusqu’à livrer sa vie pour que l’homme ait la vie éternelle.🎙️ Un podcast des dominicains de Bordeaux
  • Le Christ guérit et pardonne 27.04.2026 12min
    Guérir, libérer, pardonner : le Royaume de Dieu à l’œuvre dans le ministère de JésusLe Credo confesse que Jésus-Christ est venu pour nous révéler le cœur de Dieu et nous introduire dans une relation filiale avec le Père. Après avoir contemplé son baptême et sa prédication, cet épisode s’arrête sur une dimension centrale de son ministère public : les guérisons, les libérations et le pardon des péchés comme signes de la venue du Royaume de Dieu.Jésus n’est pas seulement un maître qui enseigne une sagesse morale. Il ne se contente pas d’indiquer un chemin : il fait advenir ce qu’il annonce. Le Royaume de Dieu qu’il proclame n’est pas une idée abstraite, mais une réalité vivante qui se manifeste par des actes concrets. Les guérisons occupent dans les Évangiles une place tout à fait particulière, toujours liées à une restauration profonde de la personne.Jésus refuse toute interprétation simpliste qui ferait de la maladie une sanction directe d’un péché personnel. Pourtant, il affirme clairement le lien biblique entre le mal, les forces de mort et la rupture de l’homme avec Dieu. La guérison devient alors un signe du salut : elle exprime le rétablissement d’une relation juste avec le Père, une relation filiale, pacifiée, libérée.C’est pourquoi Jésus associe souvent la guérison à un appel à la conversion : « Va, et ne pèche plus ». Il ne s’agit pas de condamner, mais de réintroduire l’homme dans le Royaume, là où le péché, la maladie et la mort perdent leur pouvoir. Le Royaume est présent là où l’homme retrouve Dieu comme Père.Cette œuvre de restauration s’étend aussi à la lutte contre les puissances du mal. Les Évangiles témoignent de manière insistante des expulsions de démons opérées par Jésus. Ces récits ne relèvent pas de l’anecdote ni du spectaculaire. Ils manifestent la victoire du Christ sur « l’accusateur » et la libération de l’homme de toute emprise qui l’éloigne de Dieu. Fait frappant : les démons reconnaissent immédiatement en Jésus « le Saint de Dieu ». Mais Jésus refuse que cette vérité soit proclamée par eux : la révélation de son identité est destinée aux cœurs qui croient, non aux puissances de ténèbres.Parmi tous les actes de Jésus, un geste provoque une opposition décisive : le pardon des péchés. Jésus ne se contente pas de dénoncer le mal ou d’encourager la vertu : il pardonne. Et cette initiative suscite un scandale légitime aux yeux de ses contemporains : « Qui peut pardonner les péchés sinon Dieu seul ? » En agissant ainsi, Jésus se situe délibérément au niveau de Dieu lui-même.Face à Jésus, il n’y a alors que deux issues possibles : reconnaître en lui le Messie, le Fils de Dieu, ou l’accuser de blasphème. Cette alternative ouvre directement sur le mystère de la Passion. Les actes de Jésus — guérir, libérer, pardonner — révèlent ce qu’il est, mais déclenchent aussi le rejet qui conduira à sa mort.Un épisode essentiel pour comprendre que le ministère public de Jésus n’est pas une morale améliorée, mais une irruption du Royaume de Dieu dans l’histoire humaine : un Royaume où l’homme est guéri, réconcilié et rendu à sa dignité de fils.🎙️ Un podcast des dominicains de Bordeaux
  • La Cène 27.04.2026 12min
    Jésus appelle les Douze et se donne en Eucharistie : le Royaume transmis à l’ÉgliseLa foi confessée dans le Credo est entièrement centrée sur la personne du Christ Jésus. Après avoir contemplé son enseignement et ses œuvres — guérisons, libérations, pardon des péchés — cet épisode met en lumière une dimension essentielle mais parfois méconnue de son ministère public : le choix des apôtres et l’institution de l’Eucharistie.L’action de Jésus n’est jamais improvisée ni purement spontanée. Elle s’inscrit dans une mission reçue du Père : faire advenir le Royaume de Dieu et rétablir l’humanité dans une relation filiale avec lui. Pour que ce Royaume atteigne tous les peuples et traverse le temps, Jésus ne se contente pas de parler aux foules. Il choisit.Au milieu de la multitude de disciples, Jésus appelle librement Douze hommes. Ce choix n’est ni arbitraire ni élitiste : il est profondément symbolique. Les Douze renvoient aux douze tribus d’Israël et manifestent la refondation du peuple de Dieu. Avant de les appeler, Jésus passe la nuit en prière. Il les choisit « pour être avec lui », pour entrer dans l’intimité de son enseignement, puis pour être envoyés en avant de lui comme témoins et pasteurs du Royaume.Les apôtres ne reçoivent pas un savoir secret réservé à quelques initiés : ce que Jésus leur révèle, il le fait afin qu’ils le transmettent à tous. Ils deviennent les dépositaires d’événements uniques — la Transfiguration, par exemple — où la gloire divine du Christ se manifeste dans sa chair. Ils sont établis témoins pour l’Église de tous les temps.Mais la mission du Christ ne s’accomplit pleinement qu’en allant jusqu’au don total de sa vie. Avant d’entrer dans sa Passion, Jésus pose un acte décisif qui unit tous les chrétiens à son sacrifice : l’institution de l’Eucharistie. Dans le contexte du repas pascal — mémoire de la libération d’Israël — Jésus se désigne lui-même comme l’Agneau véritable. Il donne son Corps et son Sang, établissant l’Alliance nouvelle et éternelle « pour la rémission des péchés ».En livrant l’Eucharistie, Jésus confie à ses apôtres non seulement un enseignement ou un souvenir, mais sa présence vivante. L’Église reçoit ainsi le sacrement qui est à la fois la source et le sommet de toute la vie chrétienne. Dans l’Eucharistie, ce n’est pas seulement la grâce qui est donnée, mais l’Auteur même de la grâce : le Christ vivant, vrai Dieu et vrai homme.À travers les apôtres et leurs successeurs, cette présence est rendue accessible à chaque génération. La mission confiée par le Christ consiste à transmettre non seulement sa parole, mais le Christ lui-même, offert pour la vie du monde.Un épisode décisif pour comprendre que le Royaume de Dieu n’est pas une idée abstraite, mais une réalité transmise dans le temps par une communauté appelée, envoyée et nourrie par l’Eucharistie.🎙️ Un podcast des dominicains de Bordeaux
  • Crucifié sous Ponce Pilate 27.04.2026 12min
    Crucifié pour nous sous Ponce Pilate : la Passion librement consentie du FilsAu cœur du Credo chrétien se trouve un événement décisif : la Passion de Jésus-Christ, « crucifié pour nous sous Ponce Pilate ». Cet épisode nous fait entrer dans ce mystère central de la foi, là où se révèle pleinement l’identité de Jésus et l’amour rédempteur de Dieu.La première prédication de l’Église, rapportée dans les Actes des Apôtres, s’appuie précisément sur ce point : celui qui a été mis à mort et que Dieu a ressuscité est le Messie annoncé par les Écritures. Ce n’est pas une théorie qui fonde la foi chrétienne, mais un événement historique, inscrit dans le temps, porté par le mystère pascal.La Passion n’est pas un accident de l’histoire ni l’échec d’un projet. Jésus sait où il va. Tout au long de son ministère, il annonce à ses disciples qu’il sera livré, qu’il souffrira, qu’il mourra, et qu’il ressuscitera. Cette lucidité atteint son point culminant dans l’agonie à Gethsémani. Là, l’humanité du Christ est saisie d’angoisse devant la souffrance et la mort à venir. Sa prière révèle la vérité de l’Incarnation : une volonté humaine tremblante, mais pleinement unie à la volonté du Père — « Non pas ma volonté, mais la tienne ».La Passion est donc volontaire. Jésus ne fuit pas, ne se défend pas par la force, ne cherche pas à se sauver lui-même. Lorsqu’il est arrêté, il se livre librement : « Je suis ». C’est le nom divin lui-même qui fait tomber ses adversaires, signe que celui qui va souffrir reste souverain jusque dans l’abaissement.Le récit de la Passion montre une responsabilité largement partagée. Autorités religieuses et pouvoir romain, peur, lâcheté, calcul politique, abandon des disciples : tous prennent part, d’une manière ou d’une autre, au drame. Et pourtant, au cœur même de cette injustice, des figures de fidélité et de compassion apparaissent : Marie, le disciple bien-aimé, Marie-Madeleine, Simon de Cyrène, le centurion. Le récit ne cherche pas des coupables, mais révèle une vérité plus profonde : c’est pour nous que le Christ souffre.Dans sa Passion, Jésus ne se contente pas d’enseigner le pardon, il le vit. Il prie pour ceux qui le crucifient, console jusqu’au dernier instant, remet son esprit entre les mains du Père dans une confiance filiale parfaite. Son cri sur la croix n’est pas désespoir, mais l’extrême profondeur de la prière de l’innocent livré.La Croix est ainsi le sommet de l’œuvre de salut. Jésus ne meurt pas parce que le péché est plus fort que Dieu, mais parce que l’amour de Dieu est allé jusqu’au bout. Comme le dira saint Paul, il a été « fait péché pour nous », non parce qu’il aurait péché, mais parce qu’il s’identifie totalement à la condition humaine blessée pour la sauver de l’intérieur.Confesser le Christ « crucifié pour nous sous Ponce Pilate », c’est reconnaître que le salut n’est pas une idée, mais une vie donnée. C’est croire que, dans la faiblesse apparente de la Croix, se dévoile la toute-puissance de l’amour de Dieu.🎙️ Un podcast des dominicains de Bordeaux