Choses à Savoir TECH VERTE
Choses à Savoir
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Ce podcast explore les innovations et les actualités dans le domaine de la Green Tech, couvrant des sujets comme les énergies renouvelables, les technologies durables et les solutions écologiques. Chaque épisode présente des informations claires et concises pour comprendre les enjeux environnementaux actuels. Idéal pour ceux qui souhaitent rester informés sur les avancées technologiques vertes.
Episode
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SpaceX cherche de nouvelles terres pour ses datacenters ? 30.07.2026 2mntSpaceX ne se contente plus de lancer des fusées et des satellites. Depuis février, l’entreprise d’Elon Musk a absorbé xAI, sa start-up spécialisée dans l’intelligence artificielle. Cette opération particulièrement risquée a donné naissance à SpaceXAI, une entité chargée d’exploiter des centres de données et de vendre leur puissance de calcul.La nouvelle structure avance rapidement. Elle aurait déjà conclu d’importants contrats avec Anthropic et Google. Cette diversification intervient après l’entrée en Bourse historique de SpaceX, en juin, qui pousse désormais le groupe à multiplier ses activités et ses sources de revenus. Mais pour vendre toujours davantage de calcul informatique, encore faut-il disposer des infrastructures nécessaires. SpaceXAI exploite déjà les centres de données Colossus, dans le Tennessee. L’ensemble représenterait environ un gigawatt de capacité et mobiliserait plusieurs centaines de milliers de processeurs graphiques NVIDIA. Ces GPU, initialement conçus pour l’affichage, sont devenus essentiels pour entraîner et faire fonctionner les modèles d’intelligence artificielle.Selon The Information, l’entreprise cherche désormais à reproduire, voire dépasser, cette puissance au Texas. Plusieurs emplacements seraient actuellement étudiés. Deux scénarios sont envisagés : construire un centre entièrement neuf ou reconvertir un entrepôt existant, comme cela avait été fait pour Colossus. Cette expansion terrestre ne constitue toutefois qu’une partie de la stratégie. SpaceX prépare également le déploiement de milliers de centres de données en orbite grâce à de futurs satellites baptisés AI1. D’autres installations au sol pourraient encore suivre.Reste la question de leur alimentation énergétique. À Memphis, les habitants proches de Colossus dénoncent régulièrement les effets des turbines à gaz sur la qualité de l’air. Ces critiques n’ont, jusqu’ici, pas conduit SpaceXAI à modifier son approche. Au Texas, les tensions environnementales se multiplient également. SpaceX vient d’obtenir l’accès à des terrains situés dans une réserve protégée afin d’agrandir ses activités spatiales. La décision provoque la colère d’associations écologistes et de populations autochtones.L’entreprise construit aussi Starpipe, un gazoduc de treize kilomètres destiné à alimenter directement les lancements de la mégafusée Starship. Soutenue par le gouvernement américain, SpaceX progresse donc simultanément dans l’espace, l’intelligence artificielle et l’énergie. Mais derrière cette croissance spectaculaire se pose une question : quel sera, à long terme, le coût environnemental d’une expansion qui semble aujourd’hui sans limites ? Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations. -
Les satellites aident à prévoir les catastrophes naturelles ? 29.07.2026 2mntFace aux catastrophes naturelles et aux pollutions, gagner quelques heures peut sauver des vies. C’est tout l’enjeu de la télédétection spatiale, mise en lumière récemment par le Programme national de télédétection spatiale. Treize projets montrent comment satellites, drones et intelligence artificielle transforment l’observation de la planète en outil d’alerte et d’intervention.À Strasbourg, la plateforme SERTIT convertit les images satellites en cartes utilisables par les secours en moins de six heures. Elle peut délimiter une zone inondée, estimer la hauteur de l’eau ou identifier les routes encore praticables. Ces cartes sont produites en moyenne en cinq heures et vingt minutes. Après le séisme d’Haïti, en 2010, des documents d’impact avaient été livrés en quarante heures. Le service surveille aussi presque en temps réel les incendies, vingt-quatre heures sur vingt-quatre. L’intelligence artificielle aide également à retrouver des rescapés sur des images de drones parfois difficiles à interpréter. Elle analyse automatiquement les formes, les mouvements et la position des personnes pour orienter plus vite les équipes de secours.Autre menace discrète : les glissements de terrain, responsables d’environ 4 000 morts chaque année. Grâce aux radars Sentinel-1, l’interférométrie InSAR compare des images prises à quelques jours d’intervalle et détecte des déplacements de quelques centimètres. Le jeu de données ISSLIDE a été créé pour entraîner des algorithmes à repérer ces mouvements lents avant une rupture brutale. Dans les Alpes, après la crue de La Bérarde, les satellites Pléiades et SPOT, associés au LiDAR et aux drones, ont permis de reconstruire précisément le relief en trois dimensions.La télédétection suit aussi la pollution de l’air, responsable de près de quatre millions de morts prématurées par an. Des capteurs multispectraux cartographient les particules en 3D et aident à distinguer trafic, industrie, poussières désertiques ou fumées d’incendies. En mer, radar et infrarouge améliorent la détection des nappes d’hydrocarbures. Dans les Caraïbes, le projet SargAlert prévoit les échouements de sargasses jusqu’à deux mois à l’avance. Volcans, îlots de chaleur urbains, sécheresses agricoles : l’espace offre désormais une vision globale. Le défi reste de transformer ces algorithmes de recherche en services rapides, fiables et opérationnels, car face à une catastrophe, la donnée n’est utile que si elle arrive à temps. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations. -
De l’eau de mer sur les nuages pour calmer El Niño ? 28.07.2026 2mntUn nouvel épisode El Niño est en train de s’installer dans le Pacifique équatorial. En juin 2026, l’Agence américaine d’observation océanique et atmosphérique, la NOAA, ainsi que l’Organisation météorologique mondiale ont confirmé son arrivée, après une hausse marquée de la température des eaux de surface. Selon les experts, il existe 63 % de chances que cet épisode soit qualifié de « très fort », au point de devenir l’un des plus puissants de l’histoire moderne. El Niño modifie profondément la circulation atmosphérique mondiale. Il entraîne généralement une hausse temporaire de la température globale et déplace les zones de pluie et de sécheresse, avec des conséquences parfois majeures sur plusieurs continents.Face à cette menace, Jessica Wan, climatologue à l’Université de Californie, étudie une méthode de géo-ingénierie ciblée : l’éclaircissement des nuages marins. Ses travaux ont été publiés le 8 juillet 2026 dans la revue Science Advances. Le principe consiste à équiper des navires de buses capables de pulvériser de très fines gouttelettes d’eau salée sous les stratocumulus marins. L’eau s’évapore, mais les minuscules cristaux de sel restent en suspension. L’humidité se condense autour d’eux, ce qui rend les nuages plus denses, plus blancs et plus réfléchissants. Ils renvoient alors davantage de rayonnement solaire vers l’espace.L’équipe a simulé deux épisodes historiques particulièrement intenses, ceux de 1997-1998 et de 2015-2016. D’après ses modèles, intervenir sur 7 % du Pacifique Sud-Est pourrait refroidir suffisamment l’océan pour casser la boucle de rétroaction qui renforce El Niño. Le calendrier serait déterminant. Une intervention commencée dès juin, pendant la montée du phénomène, puis poursuivie jusqu’en février, pourrait faire baisser la température de surface de la mer de 1,88 degré. Une diminution suffisante, selon les chercheurs, pour neutraliser une grande partie des anomalies météorologiques mondiales. Cette méthode aurait l’avantage d’être temporaire et réversible à chaque cycle. Mais elle comporte aussi des risques. Un refroidissement excessif pourrait provoquer une transition brutale vers La Niña, aggravant notamment les sécheresses dans la Corne de l’Afrique. Modifier les grands courants thermiques du Pacifique pourrait également produire des effets incontrôlés, comme des vagues de chaleur inattendues en Europe ou en Asie. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations. -
Une gigafactory pour batterie sodium-ion aux USA ? 27.07.2026 2mntAux États-Unis, le sodium-ion veut sortir des laboratoires pour entrer dans l’ère industrielle. La start-up californienne Peak Energy prévoit de construire à Sacramento une immense usine de batteries destinées au stockage d’électricité à l’échelle des réseaux. Fondée en 2023, l’entreprise s’est spécialisée dans le stockage stationnaire, c’est-à-dire des batteries qui ne servent pas à faire rouler des véhicules, mais à conserver l’énergie produite par des centrales solaires ou éoliennes, puis à la restituer lorsque la demande augmente. Elles peuvent aussi alimenter des usines, des villes ou des centres de données en cas de coupure.Le projet, annoncé le 8 juillet 2026, doit voir le jour au Metro Air Park de Sacramento. Avec une superficie de 16 700 mètres carrés, le site entre dans la catégorie des gigafactories, ces usines capables de produire des batteries à très grande échelle. Peak Energy prévoit d’y fabriquer de vastes unités sodium-ion, comparables à des conteneurs maritimes et fonctionnant avec un refroidissement passif.La production doit commencer au premier trimestre 2027. À terme, l’usine assemblerait chaque année suffisamment de batteries pour atteindre une capacité cumulée de quatre gigawattheures, soit, selon Peak Energy, de quoi alimenter quatre millions de foyers. L’intérêt du sodium-ion tient d’abord à son coût. D’après Crystal Bethke, du Bureau de développement économique du comté de Sacramento, cette technologie réduirait de 20 % le prix du stockage tout en garantissant une disponibilité de 99 %. Elle présente également un avantage important en matière de sécurité. Sa chimie serait beaucoup plus stable que celle des batteries lithium-ion, réduisant presque totalement le risque d’incendie. Cette stabilité permet aussi de se passer de systèmes actifs de refroidissement, donc de limiter la consommation électrique interne et les besoins de maintenance.Autre atout : le sodium provient notamment du sel, une ressource abondante aux États-Unis. Peak Energy entend ainsi réduire la dépendance aux importations de lithium, de cobalt et de graphite, souvent liées à la Chine. Enfin, ces batteries fonctionneraient efficacement entre moins 40 et plus 55 degrés. Une résistance particulièrement utile pour les réseaux électriques, les parcs renouvelables et les data centers, qui recherchent des solutions fiables dans toutes les conditions. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations. -
Connecter les oscillateurs pour une IA 1000 fois plus économe ? 26.07.2026 2mntEt si l’intelligence artificielle cessait de dépendre de milliards de transistors pour s’appuyer sur un principe vieux comme les métronomes ? C’est le pari d’Unconventional AI, une start-up née des travaux de chercheurs du MIT et de Stanford. Son ambition : utiliser la synchronisation de systèmes physiques pour concevoir une IA jusqu’à mille fois moins énergivore que l’informatique classique.L’enjeu est considérable. Les générateurs d’images comme Midjourney ou Dall-E reposent souvent sur la diffusion. Le modèle part d’un bruit visuel, puis le transforme progressivement en image cohérente. Cette opération exige généralement entre vingt et cinquante étapes, parfois jusqu’à cent, même si les gains deviennent faibles au-delà d’un certain seuil. Répétée à l’échelle de millions de requêtes, elle entraîne une consommation électrique importante. Unconventional AI propose donc de changer de fondation. Les ordinateurs classiques utilisent des transistors, de minuscules interrupteurs qui passent du zéro au un. Chaque bascule consomme de l’énergie. La start-up mise, elle, sur des oscillateurs physiques : des éléments qui produisent un mouvement périodique, comme un métronome. Lorsqu’ils sont reliés, ces oscillateurs tendent naturellement à se synchroniser.En connectant des milliers d’entre eux selon le modèle mathématique de Kuramoto, l’entreprise affirme pouvoir réaliser des calculs complexes, notamment pour générer des images. Le traitement ne serait plus effectué uniquement par une succession d’opérations logiques, mais par l’évolution physique du système lui-même. Cette approche a donné naissance à Un-0, une première preuve de concept rendue publique sur GitHub. Le modèle utilise un réseau d’oscillateurs pour produire des images. Le projet réunit Sara Achour, professeure à Stanford, Michael Carbin, professeur associé au MIT, MeeLan Lee, ancienne ingénieure chez Google, et Naveen Rao, ancien responsable de l’intelligence artificielle chez Databricks.La promesse reste toutefois à confirmer. Un-0 n’est encore qu’une démonstration expérimentale. Transformer ce principe en matériel fiable, industrialisable et compétitif représente un défi immense. Mais à l’heure où l’IA devient toujours plus gourmande en énergie, cette piste intrigue. Plutôt que de forcer les machines à calculer davantage, Unconventional AI propose de laisser la physique travailler. Et peut-être, demain, les modèles les plus sobres fonctionneront-ils au rythme de milliers de métronomes invisibles. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations. -
Electrique : les taxes n’ont pas arrêté les constructeurs chinois ? 23.07.2026 2mntÀ l’été 2024, l’Union européenne décidait de surtaxer les voitures électriques fabriquées en Chine. L’objectif était clair : ralentir la progression des constructeurs chinois sur le marché européen et protéger davantage l’industrie automobile du continent. Deux ans plus tard, le bilan apparaît pour le moins contrasté.Selon une étude de l’organisation Transport & Environment, les véhicules électriques produits en Chine représentaient 22 % des ventes européennes en 2024, contre 17 % au premier trimestre 2026. À première vue, les droits de douane semblent donc avoir produit un effet. Mais cette baisse en proportion masque une autre réalité : le nombre de véhicules concernés reste pratiquement stable, autour de 350 000 unités par an. Si leur part recule, c’est surtout parce que le marché européen de l’électrique continue de grandir.Les marques chinoises ont également adapté leur stratégie. Pour échapper aux surtaxes visant les modèles entièrement électriques, elles ont fortement développé leur offre de véhicules hybrides. Leur part de ce marché est ainsi passée de 3 % en 2024 à 13 % en Europe. Plusieurs constructeurs préparent aussi une implantation industrielle directe dans l’Union européenne, ce qui permettrait de produire localement et de contourner les taxes appliquées aux importations.Autre effet inattendu : les mesures européennes pénalisent davantage Tesla et certaines marques européennes que leurs concurrentes chinoises. Aujourd’hui, les constructeurs chinois représentent 54 % des voitures fabriquées en Chine puis importées en Europe. En 2021, cette proportion n’était que de 15 %. Tesla compte encore pour 19 % des véhicules chinois vendus sur le marché européen. En revanche, la part des marques européennes produisant en Chine s’est nettement contractée : elle est passée de 38 % en 2024 à seulement 23 % au premier trimestre 2026.Cette progression des groupes chinois s’explique en grande partie par leur compétitivité. Malgré les surtaxes, leurs voitures restent en moyenne 21 % moins chères que les modèles proposés par les marques européennes. Les droits de douane ont donc modifié les flux commerciaux, mais sans véritablement freiner les constructeurs chinois. Ces derniers ont diversifié leurs motorisations, réorganisé leur production et continué à miser sur leur principal avantage : des prix difficiles à concurrencer. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations. -
Une pile française au sucre, et sans aucun métal ? 22.07.2026 2mntProduire de l’électricité avec du sucre, de l’air et des enzymes : c’est la technologie développée par BeFC, une jeune entreprise grenobloise issue de vingt années de recherche au CNRS et à l’Université Grenoble Alpes. Présentée récemment à VivaTech, sa pile se distingue par ce qu’elle ne contient pas : ni lithium, ni cobalt, ni plomb, ni aucun autre métal.Son fonctionnement repose sur une réaction d’oxydoréduction entre une anode et une cathode. C’est le principe électrochimique classique d’une pile, mais ici, le glucose fournit les électrons, tandis que l’oxygène ambiant et les enzymes permettent de produire le courant. Une molécule de sucre contient vingt-quatre électrons. BeFC n’en exploite actuellement que deux, mais obtient déjà des performances proches de celles d’une pile bouton. Le dispositif prend la forme d’un film souple d’environ un millimètre d’épaisseur, imprimé sur du papier avec une encre conductrice à base de carbone. L’entreprise vise désormais 700 microns. Cette pile ne risque ni de fuir, ni de prendre feu, ni d’exploser. Techniquement, il s’agit d’une pile à combustible biologique plutôt que d’une batterie. Elle peut donc finir avec les déchets ordinaires sans présenter les mêmes dangers que les piles au lithium.L’enjeu concerne notamment les objets jetables. Un test de grossesse numérique, par exemple, contient souvent une pile bouton qui termine dans les ordures ménagères. Avec la technologie de BeFC, l’incinération revient essentiellement à brûler du papier et des substances non dangereuses. Les applications visées sont nombreuses : patchs de température, suivi du glucose, poches de stomie connectées, bandages intelligents, mais aussi traçabilité des colis. La pile peut alimenter des capteurs mesurant les chocs, la température ou l’ouverture d’un paquet, puis transmettre les données par NFC, Bluetooth, LoRaWAN, Sigfox ou radio.BeFC travaille déjà avec DS Smith, Medtronic et Capitainer. Son autonomie, autrefois limitée à quelques jours, atteint désormais environ un mois et demi. Après avoir levé 16 millions d’euros en 2023, l’entreprise cherche aujourd’hui 8 millions supplémentaires pour industrialiser sa solution et descendre sous un euro par pile. Son autre argument est stratégique : une fabrication entièrement française, dans une Europe encore très dépendante des métaux importés d’Asie. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations. -
Un cloud plus vert avec recyclage de chaleur en France ? 21.07.2026 2mntScaleway renforce ses ambitions dans le calcul intensif. La filiale du groupe iliad vient d’officialiser le rachat de Qarnot, une entreprise française spécialisée dans le calcul haute performance, ou HPC. Cette technologie permet d’exécuter rapidement des simulations complexes utilisées dans l’automobile, l’aéronautique, l’énergie, l’industrie ou les sciences de la vie.Avec cette acquisition, Scaleway affirme devenir le seul acteur européen capable de réunir, sur une même plateforme, des services de cloud, d’intelligence artificielle et de calcul haute performance. L’opération présente également un enjeu de souveraineté numérique. Scaleway et Qarnot sont deux entreprises européennes soumises au droit du continent, et non à des législations extraterritoriales susceptibles d’obliger un fournisseur à transmettre des données à un gouvernement étranger. Cela n’exclut évidemment pas qu’une autorité européenne puisse demander un accès pour des raisons de sécurité.Les deux sociétés partagent aussi une culture de l’open source. Elles utilisent notamment les standards de l’Open Compute Project, un ensemble de spécifications publiques et collaboratives permettant de concevoir des infrastructures informatiques sans dépendre entièrement de technologies propriétaires. Qarnot dispose déjà d’une clientèle solide, avec MaiaSpace, Alpine Racing, Natixis ou ATR Aircraft. Sa plateforme de HPC à la demande permet à ces entreprises de réduire certains cycles de validation de plusieurs jours à quelques heures, tout en accédant à davantage de puissance qu’avec leurs propres équipements internes.Mais son principal atout se trouve dans la gestion de la chaleur. Qarnot utilise un système breveté de refroidissement liquide direct capable de récupérer jusqu’à 95 % de l’énergie thermique produite par les serveurs. Cette chaleur peut ensuite alimenter des réseaux urbains, des bâtiments publics, des sites industriels ou chauffer l’eau de piscines. À Brescia, en Italie, une infrastructure HPC a déjà été raccordée au réseau de chaleur local avec l’énergéticien A2A. Selon Qarnot, ce procédé permet à ses clients de réduire de 80 % l’empreinte carbone de leurs simulations. Pour Scaleway, l’objectif est désormais de consommer l’énergie une seule fois, mais de l’utiliser deux fois : d’abord pour calculer, ensuite pour chauffer. Le groupe veut ainsi démontrer que souveraineté numérique et sobriété énergétique peuvent progresser ensemble. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations. -
Bientôt des satellites miroirs géants ? 20.07.2026 2mntEt si la nuit n’était plus tout à fait noire ? La start-up californienne Reflect Orbital veut installer en orbite des miroirs géants capables de renvoyer la lumière du Soleil vers la Terre après son coucher. L’objectif serait d’alimenter des centrales photovoltaïques plus longtemps ou d’éclairer des zones sinistrées pour faciliter les secours.À terme, l’entreprise imagine une ceinture de plus de 50 000 satellites réfléchissants autour de la planète. Une ambition encore lointaine, mais qui vient de franchir une première étape. Le jeudi 9 juillet, l’autorité américaine des télécommunications, la FCC, a autorisé le lancement d’un satellite expérimental baptisé Earendil-1. Celui-ci emportera un miroir orientable de 5,5 mètres de côté. Pour justifier son feu vert, la FCC s’appuie sur le Communications Act, qui l’invite à favoriser les nouvelles technologies susceptibles de servir l’intérêt général. Mais cette décision a immédiatement ravivé les inquiétudes des astronomes.L’American Astronomical Society évoque plusieurs risques : un possible danger pour les yeux des astronomes amateurs observant au télescope, un éblouissement soudain pour les pilotes ou les automobilistes, ainsi que des perturbations pour les grands observatoires scientifiques. La FCC répond que sa mission principale concerne l’utilisation des fréquences radio, et non les effets de la lumière réfléchie. Elle estime par ailleurs que ces incidents restent peu probables. La contestation dépasse cependant la seule astronomie. La Royal Astronomical Society et l’Observatoire européen austral redoutent une aggravation de la pollution lumineuse, susceptible de gêner les observations mais aussi de perturber des centaines d’espèces animales dépendantes de l’alternance naturelle entre le jour et la nuit. Le 8 juillet, plusieurs organisations environnementales, dont Earthjustice et DarkSky International, ont demandé à la FCC d’imposer une étude d’impact complète avant toute nouvelle autorisation de centre de données orbital. Elles alertent également sur de possibles effets sur la couche d’ozone, la stratosphère et la qualité du ciel nocturne. Pendant ce temps, les projets se multiplient. SpaceX demande l’autorisation de déployer 100 000 nouveaux satellites Starlink, tandis que le projet Starmind évoque un million de data centers en orbite. Reflect Orbital prévoit, elle, de lancer Earendil-1 avant la fin de l’année et promet d’éviter les observatoires. Reste à savoir si une telle précaution suffira. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations. -
Canicule : un site gratuit dit exactement quand ouvrir vos fenêtres ? 19.07.2026 2mntEn période de canicule, quelques minutes peuvent faire toute la différence. Ouvrir les fenêtres trop tard, alors que l’air extérieur s’est déjà réchauffé, revient parfois à inviter la chaleur chez soi. Pour aider les habitants à choisir le bon moment, une application gratuite baptisée NADIR indique quand aérer, puis quand tout refermer.Accessible depuis n’importe quel navigateur et également disponible sur iOS, l’outil demande d’abord quelques informations : la ville ou la position de l’utilisateur, la température mesurée dans le logement, l’inertie des murs, la puissance de la ventilation et l’orientation des façades. L’inertie désigne ici la capacité d’un bâtiment à conserver la fraîcheur ou, au contraire, la chaleur. Les occupants d’un appartement traversant peuvent renseigner deux orientations différentes afin d’affiner la simulation. NADIR associe ensuite ces données aux prévisions météorologiques heure par heure fournies par Open-Meteo. L’application simule l’évolution probable de la température intérieure pendant un peu plus de vingt-quatre heures. Elle affiche une recommandation immédiate, les horaires conseillés pour ouvrir et fermer, ainsi qu’un graphique comparant la température extérieure à celle estimée dans le logement.L’outil peut même déconseiller toute aération lorsque la nuit reste trop chaude. Il estime également le nombre de degrés susceptibles d’être gagnés au moment du pic de chaleur, en fonction de l’heure choisie, de l’inertie du bâtiment et de la ventilation disponible. Un second créneau d’ouverture peut être proposé, tandis qu’une humidité extérieure élevée peut rendre l’aération moins avantageuse. Les calculs sont effectués directement dans le navigateur. Seules les coordonnées nécessaires aux prévisions météorologiques sont transmises à Open-Meteo.NADIR a été développé par Solal Gendrin, un Villeurbannais de 28 ans, également conseiller écologiste à la Métropole de Lyon. Il avait déjà créé Lyon Pocket, consacré aux transports lyonnais, ainsi que TCL 2040 et OpenProjets. Comme ces précédents services, NADIR est gratuit, sans publicité, sans inscription et sans collecte de données personnelles. Ses résultats restent indicatifs : l’application ne connaît ni l’isolation exacte du logement ni la force réelle du vent. Elle affine néanmoins le conseil de l’ADEME : ouvrir quand l’air extérieur devient plus frais, puis refermer avant le retour de la chaleur. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations. -
La France veut construire 11 parcs éoliens en mer ? 16.07.2026 2mntBruxelles vient de donner son feu vert à un vaste programme français de soutien à l’éolien en mer. Autorisé lundi 13 juillet, ce dispositif représente 63 milliards d’euros d’aides réparties sur vingt-cinq ans. Il doit accompagner la construction et l’exploitation de onze parcs offshore en mer du Nord, dans l’Atlantique et en Méditerranée.À terme, ces installations pourraient atteindre une puissance cumulée de 11,1 gigawatts et produire jusqu’à 47,8 térawattheures d’électricité renouvelable chaque année. Cela représenterait environ 10,6 % de la consommation électrique annuelle française. La répartition des parcs sur trois façades maritimes doit également limiter les risques liés aux conditions météorologiques, aux infrastructures portuaires et à l’organisation des chantiers.Le mécanisme de financement retenu repose sur des appels d’offres transparents et ouverts à tous les candidats. Chaque opérateur proposera un prix cible auquel il souhaite vendre son électricité. Une fois le contrat attribué, ce tarif sera comparé régulièrement au prix réel observé sur le marché. Ce système porte un nom : le contrat sur différence bidirectionnel. Son fonctionnement est relativement simple. Lorsque le prix du marché descend sous le tarif prévu, l’État verse la différence à l’exploitant afin de stabiliser ses revenus et de sécuriser l’investissement. Mais lorsque le prix du marché dépasse le niveau fixé, l’opérateur reverse le surplus aux autorités françaises.Le dispositif partage donc le risque entre la puissance publique et les producteurs, plutôt que d’accorder une subvention sans contrepartie. Une limite est toutefois prévue : aucune compensation ne sera versée lorsque les prix de l’électricité deviennent négatifs. Avant d’autoriser ce programme, la Commission européenne a vérifié sa conformité avec le CISAF, le cadre adopté le 25 juin 2025 pour soutenir l’industrie propre, les énergies renouvelables et la décarbonation. Bruxelles estime que les aides françaises sont nécessaires, adaptées et proportionnées au regard des règles du marché intérieur. Parmi les onze parcs concernés, trois bénéficiaient déjà d’un précédent régime d’aides approuvé en août 2025. Le nouveau dispositif vient désormais le remplacer. Pour Teresa Ribera, vice-présidente exécutive de la Commission, cette décision confirme l’engagement de la France vers un système énergétique entièrement décarboné. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations. -
Les climatiseurs « propres » débarquent en Europe ? 15.07.2026 2mntFace à la multiplication des vagues de chaleur, chercheurs et industriels tentent de réinventer la climatisation. Leur objectif : refroidir les bâtiments sans utiliser les gaz ni les fluides frigorigènes des appareils conventionnels. L’enjeu devient urgent. Fin juin, les températures ont dépassé 40 degrés dans une grande partie de la France, lors du troisième épisode de chaleur de l’année. Ventilateurs et climatiseurs portables ont alors été pris d’assaut, jusqu’à épuisement de certains stocks.L’Europe reste pourtant relativement peu équipée. Environ 20 % des foyers disposent de la climatisation, contre près de 90 % aux États-Unis et seulement 4 % au Royaume-Uni. Cette proportion devrait augmenter avec la fréquence des canicules. Il ne s’agit pas seulement de confort : en 2019, l’accès au refroidissement aurait permis d’éviter près de 200 000 décès prématurés parmi les plus de 65 ans dans le monde. Mais les climatiseurs classiques posent un problème environnemental. Le refroidissement représente déjà environ 3 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre, notamment à cause de l’électricité consommée. Cette demande énergétique pourrait plus que tripler d’ici 2050. La France bénéficie d’une électricité majoritairement bas carbone, mais ce n’est pas le cas partout en Europe.Autre difficulté : les gaz fluorés utilisés comme réfrigérants. En cas de fuite, certains peuvent réchauffer l’atmosphère des milliers de fois plus que le CO₂. L’Union européenne a donc décidé en 2024 de les supprimer progressivement. Une piste prometteuse consiste à utiliser le refroidissement à l’état solide. Ici, aucun fluide ne circule : certains matériaux changent simplement de température lorsqu’ils sont étirés, comprimés ou soumis à un courant électrique ou à un champ magnétique.À l’université de la Sarre, en Allemagne, une équipe dirigée par Paul Motzki teste ainsi des alliages de nickel et de titane. Étirés puis relâchés, ils pourraient abaisser la température intérieure de 5 à 10 degrés. Les chercheurs collaborent avec l’entreprise irlandaise Exergyn pour envisager un déploiement dans des bâtiments neufs. D’autres solutions émergent. Mimic Systems teste une pompe à chaleur à semi-conducteurs à Vancouver. En France, Leviathan Dynamics développe le Golgoth, capable de chauffer comme de refroidir. Magnotherm mise sur les champs magnétiques, tandis que la société britannique Barocal travaille sur des cristaux plastiques libérant de la chaleur sous pression. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations. -
New York suspend la construction de datacenters ? 14.07.2026 2mntAux États-Unis, l’expansion rapide des centres de données commence à rencontrer une opposition politique de plus en plus nette. Après Seattle, où un projet de moratoire sur les nouvelles constructions a récemment été débattu avec le soutien d’une partie de la population, mais aussi de certains employés d’Amazon, c’est désormais l’État de New York qui décide de ralentir le mouvement.Les autorités new-yorkaises viennent d’adopter un moratoire d’un an sur la construction de nouveaux data centers consommant au moins 50 mégawatts. À titre de comparaison, une telle puissance correspond aux besoins électriques de plusieurs dizaines de milliers de foyers. La mesure vise donc principalement les plus grandes installations, notamment celles destinées à faire fonctionner les services d’intelligence artificielle. La gouverneure Kathy Hochul justifie cette décision par les inquiétudes croissantes liées à leur développement. Selon elle, ces infrastructures risquent d’alourdir les factures d’électricité, de solliciter excessivement les ressources naturelles et de provoquer une opposition toujours plus forte parmi les habitants de l’État.L’essor de l’intelligence artificielle générative explique en grande partie cette accélération. Pour entraîner les modèles, puis répondre aux requêtes des utilisateurs, les entreprises technologiques ont besoin d’immenses capacités de calcul. Celles-ci sont concentrées dans des centres de données remplis de serveurs, qui consomment beaucoup d’électricité et nécessitent également d’importants systèmes de refroidissement. Cette demande supplémentaire pèse sur les réseaux électriques américains. Elle peut obliger les opérateurs à renforcer leurs infrastructures, à mobiliser de nouvelles capacités de production et, potentiellement, à répercuter une partie des coûts sur les consommateurs.La défiance gagne d’ailleurs l’ensemble du pays. Selon un récent sondage réalisé par Reuters et Ipsos, seul un Américain sur trois approuve le rythme actuel de développement des centres de données. La majorité des personnes interrogées ne souhaiterait pas non plus voir une telle installation construite dans sa propre communauté. New York pourrait donc ouvrir la voie. Dans plusieurs dizaines d’États, des propositions de loi ont déjà été déposées pour mieux encadrer l’implantation des data centers, leur consommation énergétique et leurs conséquences locales. Le moratoire new-yorkais ne signifie pas l’arrêt définitif des projets, mais il impose une pause : le temps d’évaluer si la course à l’intelligence artificielle peut continuer sans faire supporter l’essentiel de son coût aux territoires et à leurs habitants. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations. -
L’IA inquiète en analysant les modèles climatiques ? 13.07.2026 2mntLe constat climatique est déjà bien établi. Entre 2011 et 2020, la température moyenne mondiale était supérieure de 1,1 degré à celle de la période préindustrielle. Cette hausse est principalement liée aux émissions humaines de gaz à effet de serre. Depuis 1850, environ 2 400 milliards de tonnes de dioxyde de carbone ont été rejetées dans l’atmosphère, dont près de la moitié au cours des trente dernières années.Dans son dernier rapport, le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat, le Giec, rappelait également que les politiques actuellement mises en œuvre à travers le monde nous placent sur une trajectoire d’environ trois degrés de réchauffement d’ici à 2100. Des climatologues américains et suisses ont désormais utilisé l’intelligence artificielle pour préciser ces projections, notamment à l’échelle régionale. Les chercheurs, issus de l’université d’État du Colorado, de Stanford et de l’École polytechnique fédérale de Zurich, présentent leurs résultats dans la revue *Environmental Research Letters*. Ils ont eu recours à une méthode appelée apprentissage par transfert. Son principe consiste à utiliser les connaissances acquises par un système lors d’une première tâche pour améliorer ses performances sur une tâche comparable. Dans ce cas précis, l’intelligence artificielle a analysé les résultats de dix modèles climatiques différents afin d’affiner les prévisions de température.L’étude porte sur les 46 grandes régions définies par le Giec. Selon les chercheurs, 34 d’entre elles pourraient dépasser un réchauffement de 1,5 degré dès 2040. Plus inquiétant encore, 26 régions devraient franchir le seuil des trois degrés d’ici à 2060. Ces niveaux seraient donc atteints plus tôt que ne le suggéraient certaines études précédentes. Il faut rappeler que le rapport du Giec publié en 2021 reposait sur des observations disponibles jusqu’en 2019 ou 2020. Son prochain grand rapport est attendu autour de 2027.L’intérêt de l’intelligence artificielle ne consiste pas seulement à améliorer les projections mondiales. Elle peut aussi aider à mieux comprendre les évolutions locales, là où l’incertitude reste plus importante. Or, ce sont précisément ces données régionales qui permettent d’anticiper les conséquences concrètes du réchauffement et d’adapter les politiques publiques. Pour les chercheurs, ces nouvelles techniques pourraient donc devenir un outil essentiel afin d’éclairer les décisions à venir. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations. -
Que révèle les 66 milliards d’arbres plantés en Chine ? 12.07.2026 2mntDepuis 1978, la Chine mène l’un des plus vastes projets de reboisement jamais engagés. Baptisé « Grande Muraille verte », ce programme devait à l’origine ralentir l’avancée des déserts du Gobi et du Taklamakan. Près d’un demi-siècle plus tard, environ 66 milliards d’arbres ont été plantés. Pékin prévoit d’en ajouter 34 milliards supplémentaires d’ici le milieu du siècle.Une étude conduite par des chercheurs de l’Université de Pékin à Shenzhen montre aujourd’hui que ces forêts artificielles développent leur feuillage beaucoup plus rapidement que les forêts naturelles. Les scientifiques se sont appuyés sur des observations satellitaires pour mesurer l’indice de surface foliaire. Cet indicateur permet d’évaluer la densité de la canopée, autrement dit la quantité de feuilles présentes, et donc la capacité des arbres à capter du dioxyde de carbone. Selon leurs résultats, la surface foliaire des forêts plantées progresse 66 % plus vite. L’âge explique une grande partie de cet écart : les arbres issus des campagnes de reboisement sont généralement plus jeunes et traversent donc une phase de croissance intense.Mais cette différence ne disparaît pas complètement lorsque l’on compare des arbres du même âge. Les plantations conservent alors un avantage de 4,6 %, particulièrement marqué dans les forêts mixtes et les peuplements sempervirents, composés d’arbres qui gardent leurs feuilles toute l’année. Cette croissance plus rapide tient notamment au choix d’espèces comme les peupliers ou les eucalyptus, mais aussi à l’entretien des parcelles. Fertilisation, suppression de la végétation concurrente et suivi régulier permettent aux arbres de profiter davantage de l’augmentation du CO₂ atmosphérique. Cet avantage atteint toutefois son maximum entre 30 et 40 ans, avant de diminuer. Ces résultats confirment que le reboisement peut absorber rapidement du carbone. Mais les plantations ne remplacent pas les forêts naturelles. Celles-ci croissent plus lentement, tout en stockant le carbone sur une durée plus longue et en résistant mieux aux changements environnementaux. Les chercheurs appellent donc à améliorer les modèles climatiques et les politiques forestières. Planter beaucoup ne suffit pas : l’âge des arbres, les essences choisies et les méthodes de gestion déterminent largement l’efficacité climatique d’une forêt. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations. -
Pénurie de CO2 : une menace pour les semi-conducteurs ? 09.07.2026 2mntOn pense souvent que les puces les plus avancées reposent d’abord sur des machines de gravure ultramodernes. Mais leur fabrication dépend aussi de matières premières beaucoup plus discrètes. Parmi elles : du dioxyde de carbone industriel de très haute pureté, issu notamment du raffinage du pétrole et du traitement du gaz naturel.Dans les salles blanches, ce CO2 sert à nettoyer les équipements, à contrôler certaines réactions chimiques pendant la lithographie et à accompagner la planarisation, une opération qui permet d’aplanir les différentes couches d’une puce. Il peut aussi être utilisé sous forme supercritique, c’est-à-dire dans un état intermédiaire entre le liquide et le gaz, afin de nettoyer des structures de quelques nanomètres sans les endommager. Le niveau de pureté exigé atteint au minimum 99,999 %, bien au-delà du CO2 utilisé dans les boissons gazeuses. Or, ce produit n’est fabriqué que sur un nombre limité de sites. Quand les raffineries sud-coréennes ralentissent leur activité en raison des incertitudes sur l’approvisionnement en pétrole brut venu du Moyen-Orient, les usines de Samsung et SK Hynix se retrouvent directement sous pression. Selon le média spécialisé The Elec, Samsung consomme chaque mois entre 1 800 et 2 000 tonnes de CO2 pour ses activités liées aux mémoires et aux puces logiques. SK Hynix en utilise entre 600 et 700 tonnes. Depuis janvier 2026, le prix du CO2 liquide a augmenté de 20 % en Corée du Sud. Les deux groupes ont donc commencé à constituer des stocks.L’enjeu dépasse largement le pays. La Corée du Sud produit environ 80 % de la mémoire DRAM mondiale et une part importante de la mémoire flash NAND. Une pénurie locale pourrait donc affecter l’ensemble de l’industrie électronique. Ce risque rappelle d’autres alertes. En 2022, la guerre en Ukraine avait révélé que 70 % du néon de qualité semi-conducteur provenait de deux usines ukrainiennes. Début 2026, des tensions sur l’hélium avaient suscité les mêmes inquiétudes. Pour l’Europe, la leçon est claire. Le European Chips Act mobilise 43 milliards d’euros pour développer des usines, notamment à Dresde et à Crolles. Mais construire des fabs ne suffit pas : encore faut-il sécuriser tous les gaz et matériaux indispensables à leur fonctionnement. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations. -
Une ville américaine refuse les eaux usées de Meta ? 08.07.2026 2mntLes centres de données consomment énormément d’électricité et d’eau. Mais ils peuvent aussi perturber les réseaux d’assainissement. À Cheyenne, dans le Wyoming, un chantier mené pour Meta a provoqué une contamination bactérienne qui a affecté deux stations d’épuration pendant plusieurs mois.Le projet Cosmo, estimé à 740 millions d’euros, doit s’étendre sur environ 7,5 hectares. En février, le laboratoire municipal a détecté une bactérie inhabituelle, appelée Cupriavidus gilardii. Résistante aux métaux, elle a été retrouvée lors d’un contrôle de routine. Le service public chargé de l’eau a retracé la contamination jusqu’aux opérations de remplissage et de rinçage réalisées par Goat Systems sur le futur campus de Meta. Avant leur mise en service, les circuits de refroidissement sont remplis d’eau, puis rincés afin d’évacuer les résidus présents dans les canalisations. L’eau usée est ensuite rejetée dans les égouts. C’est ainsi que la bactérie aurait atteint le réseau municipal.Le 24 mars, l’autorisation de rejet de Goat Systems a été retirée. La restriction concerne désormais tous les centres de données raccordés au réseau de Cheyenne, y compris ceux qui utilisent un refroidissement en circuit fermé. Ces systèmes sont pourtant présentés comme économes en eau, puisqu’une fois remplis, ils font circuler le même liquide en permanence. Mais leur installation produit tout de même un premier rejet avant la fermeture du circuit. L’incident inquiète d’autant plus que Cheyenne réutilise ses eaux traitées pour arroser ses parcs, ses golfs et d’autres espaces verts. Une contamination pourrait donc être dispersée dans l’air sous forme de fines gouttelettes. La bactérie n’est pas officiellement réglementée, mais elle a suffisamment perturbé le traitement pour entraîner une non-conformité importante.Meta précise que la substance a été détectée dans les eaux usées, pas dans l’eau potable. Son entrepreneur général, Fortis, a interrompu les rejets et fait désormais évacuer l’eau hors du site. Une expertise indépendante n’aurait retrouvé aucune trace de la bactérie. Cette affaire illustre les tensions croissantes autour des data centers. Aux États-Unis, les contestations portent sur l’eau, l’énergie, le bruit et le manque de transparence. En France, depuis le 1er janvier, les installations de plus de 500 kilowatts doivent déclarer leur consommation annuelle d’eau. Une obligation qui n’existe toujours pas au niveau fédéral américain. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations. -
La « Grande Muraille photovoltaïque » visible depuis l’espace ? 07.07.2026 2mntDans le désert de Kubuqi, en Mongolie intérieure, la Chine déploie un projet solaire aux dimensions presque continentales. Les médias locaux l’ont surnommé la « Grande Muraille photovoltaïque ». Malgré son nom, il ne s’agit pas d’une centrale unique, mais d’un vaste alignement de parcs solaires construits par plusieurs opérateurs le long de la frontière nord du désert.À terme, ce corridor doit s’étendre sur près de 400 kilomètres, avec une largeur pouvant atteindre cinq kilomètres. L’objectif affiché pour 2030 est considérable : 100 gigawatts de puissance installée et près de 40 térawattheures d’électricité produits chaque année. Cela correspondrait à environ 9 % de la consommation électrique annuelle française. Une partie de l’ensemble fonctionne déjà. La centrale de Junma s’est notamment fait remarquer par ses panneaux disposés en forme de cheval au galop. Cette réalisation figure au Guinness World Records comme la plus grande image photovoltaïque au monde.Le calendrier doit toutefois être considéré avec prudence. Les autorités chinoises annonçaient plus de 10 gigawatts installés en 2025, ainsi que 29 gigawatts supplémentaires en construction. Mais des données relayées par la NASA à la fin de 2024 évoquaient plutôt 5,4 gigawatts réellement déployés. L’objectif de 2030 reste néanmoins crédible au regard du rythme chinois : en mai 2025 seulement, le pays a ajouté 93 gigawatts de capacités photovoltaïques.Pour transporter cette énergie vers les grands centres de consommation, de nouvelles lignes à très haute tension sont construites sur près de 1 300 kilomètres, jusqu’à la mégarégion Pékin-Tianjin-Hebei. La muraille solaire poursuit aussi un objectif environnemental. En ombrageant les sols, les panneaux réduisent l’évaporation, préservent davantage l’humidité et favorisent le retour de certaines plantes. Ils doivent également ralentir les vents, limiter le déplacement des dunes, réduire les tempêtes de sable et protéger le fleuve Jaune contre l’ensablement. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations. -
La physique peut doubler la durée de vie des batteries ? 06.07.2026 2mntLes batteries restent l’un des principaux points faibles des voitures électriques. Avec le temps, elles perdent en capacité, ce qui réduit leur autonomie et accélère leur remplacement. Or, plus elles s’usent vite, plus il faut recycler leurs composants et extraire de nouveaux métaux critiques, comme le nickel ou le cobalt.Pour améliorer leur longévité, les chercheurs travaillent généralement sur la chimie des électrodes ou de l’électrolyte, ce liquide qui permet aux ions lithium de circuler dans la batterie. Mais les gains obtenus dépassent rarement 5 à 10 %. Des ingénieurs de l’université de Cambridge, au Royaume-Uni, ont donc choisi une tout autre approche. Leurs travaux, publiés dans la revue *Nature Energy*, montrent qu’il serait possible de doubler la durée de vie d’une batterie lithium-ion sans modifier sa composition chimique.Pour comprendre, il faut imaginer qu’une batterie « respire ». Lorsqu’elle se charge ou se décharge, les ions lithium se déplacent entre l’anode et la cathode. Ces mouvements provoquent de légères dilatations et contractions des matériaux. À force de cycles, ces contraintes mécaniques finissent par dégrader les composants internes. Les chercheurs ont utilisé des batteries disponibles dans le commerce. Ils n’ont remplacé ni les électrodes ni l’électrolyte. Ils ont simplement ajouté de petits coussins d’air capables de se gonfler ou de se dégonfler pendant les cycles, afin de maintenir une pression constante sur la batterie. Les résultats indiquent qu’une pression bien réglée peut doubler sa longévité. Mais tout repose sur un équilibre précis. La zone idéale se situe autour de 12,5 bars, soit environ quatre fois la pression habituellement appliquée aux batteries bouton. Une pression trop forte favorise le dépôt de lithium sur l’anode. À l’inverse, une pression insuffisante peut entraîner des fissures dans la cathode.Ces travaux restent encore limités au laboratoire. Mais leurs conséquences potentielles sont importantes, notamment pour le marché des véhicules électriques d’occasion. Des batteries plus durables réduiraient les besoins de remplacement, le volume de déchets à recycler et la demande en matières premières. L’équipe de Cambridge a déjà déposé une demande de brevet. Son prochain défi consiste désormais à transformer cette idée mécanique, relativement simple, en une solution viable à l’échelle industrielle. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations. -
Un mini-réacteur nucléaire 3D pour data centers ? 05.07.2026 2mntLa course à l’énergie pour alimenter l’intelligence artificielle produit des projets toujours plus spectaculaires. Le 1er juillet, la start-up américaine Ampera a présenté ce qu’elle décrit comme le premier module de réacteur nucléaire imprimé en 3D au monde, pensé pour fournir de l’électricité aux centres de données.L’objet est bien réel : une sphère en carbure de silicium d’environ deux mètres, fabriquée d’un seul bloc. À l’intérieur, une structure dite gyroïde forme un réseau complexe de canaux larges de deux millimètres. Cette géométrie, impossible à obtenir avec des machines-outils classiques, augmente fortement la surface d’échange thermique. Le matériau utilisé peut, lui, résister à des températures proches de 3 000 degrés. La fabrication impressionne. Le fonctionnement annoncé reste toutefois à démontrer. Le cœur est dit sous-critique : il ne peut pas maintenir seul une réaction nucléaire en chaîne. Pour fonctionner, il doit recevoir en permanence des neutrons produits par un accélérateur. Si celui-ci s’arrête, la réaction s’éteint. Le thorium utilisé n’est pas directement fissile : bombardé par des neutrons, il se transforme en uranium 233, qui peut alors servir de combustible.Ampera promet des réacteurs de 15 à 30 mégawatts installés dans des conteneurs standards, capables de fonctionner trente ans sans rechargement. Le groupe prévoit une première partie consacrée à la conversion électrique dès 2027, puis un module nucléaire vers 2030, sous réserve de l’autorisation du régulateur américain. Mais la sphère présentée n’a encore jamais été mise en service et n’a produit aucun électron. Le partenaire technologique censé financer le projet n’a pas non plus été identifié.L’idée n’est pas nouvelle. Dès les années 1990, le prix Nobel Carlo Rubbia avait proposé au CERN un réacteur sous-critique au thorium piloté par accélérateur. Trente ans plus tard, aucun système comparable ne fonctionne commercialement. En Belgique, le projet MYRRHA travaille depuis des décennies sur un démonstrateur de 100 mégawatts. La Chine développe également son propre programme. Si ce concept revient aujourd’hui, c’est parce que les data centers réclament une énergie abondante, continue et décarbonée. Meta, Microsoft ou NVIDIA multiplient déjà les initiatives autour du nucléaire. Ampera expose donc une prouesse industrielle prometteuse, mais encore très éloignée d’une centrale opérationnelle. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
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