Les mots panés

Les mots panés

Les Mots Panés
Land Benin
Taal FR
Afleveringen 35
Laatste 12.09.2026

Les mots panés est un podcast animé par Lindagbé, une Béninoise passionnée de mots et de partage. Chaque épisode explore un nom, un prénom, une expression ou un mot issu de l’une des langues parlées au Bénin. L’objectif est de mieux se découvrir, se comprendre et s’émerveiller à travers ces trésors linguistiques. Le podcast cherche aussi à créer des liens entre les auditeurs grâce à la richesse des langues béninoises.

Afleveringen

  • S3 - Épisode 2 : Les souvenirs - yé ni flin nou 12.09.2026 2min
    Se rappeler : yé ni Flin (fi lin) nouOuidad, permets-moi de te dire avant la fin de ma lettre que je t'aime toujours car tu es ma meilleure amie et que je continuerai à le faire. Je ne m'en souvenais même plus, mais ce texte est tiré de la fin de mon 1er devoir de français en 6ème. Le cycle de la vie fait que ma fille a un gros chagrin ces temps-ci parce que ses copines de garderie sont parties et moi qui avait déjà oublié le mien, je l'ai un peu banalisée !Aujourd'hui, on parle des souvenirs avec l'expression : yé ni Flin nou en goun ! Vous écoutez les mots panés, je suis Lindagbé et ici on explore les trésors des langues du Bénin. Pour se comprendre, s'émerveiller et tisser des liens. C'est parti !En goun, pour dire se rappeler de quelque chose on utilise l'expression : yé ni Flin nou !Que se cache-t-il derrière ces mots : Flin = forme contractée à mon avis de = fi lin lin = un endroit lointain = le verbe se rappeler Yé ni fi lin nou c'est donc aller chercher quelque chose loin, ici dans sa mémoire. Pour les curieux, voici le contenu de la lettre au complet : Chère Ouidad,Comment vas-tu ? Et la famille ? Est-ce qu'elle se porte bien ? Dieu merci. Je t'écris cette lettre pour te parler de mon nouvel établissement scolaire qui est le collège Notre Dame de Lourdes de Porto-Novo, du premier jour de la rentrée et des premiers cours de la classe de 6ème.Le premier jour de la rentrée, je t'avoue que j'étais désorientée. Je ne connaissais personne, sauf ma grande soeur, que tu connais très bien. Je me suis collée à elle, mais ce ne fut plus pour longtemps, car j'ai retrouvé mes amies que j'ai eues à rencontrer pour le concours du prytanée militaire.Quelques minutes plus tard on sonna pour la cérémonie des couleurs. Après on entra en classe pour commencer les cours. On avait biologie ce que nous on appelait observation aux cours primaires. Le professeur de biologie entra alors en classe et donna le programme biologie de l'année, ce qu'on ne nous donnait pas aux cours primaires, puis repartit.Notre second cours était le cours de maths. Le professeur de maths entra alors en classe après le professeur de biologie. Il nous donna aussi le programme et donna un premier cours sur les droites. J'étais très contente de connaître un nouveau monde, où, on n'avait plus un seul maitre pour plusieurs leçons.Ouidad, permets-moi de te dire avant la fin de ma lettre que je t'aime toujours car tu es ma meilleure amie et que je continuerai à le faire.Toutes mes amitiés.Et bonjour à Mouf. Ciao!Ta meilleure amie PersideMon père l’a trouvée physiquement pour me permettre d'aller chercher dans ma mémoire. Je ne me suis pas rappelée du contenu mais la lettre m'a permis de revoir les visages de Ouidad, Fifamè, Sitan, Mouf, Bola, Déo, Helmut, … de nous revoir dans nos uniformes vert ou rouge à petits carreaux, le zem qui nous emmenait tous les matins, le petit gobelet de tapioca au lait concentré sucré pour la récré à 10h, la chanson de Noël que je voulais leur apprendre en ce2 mais qui n'a pas eu beaucoup de succès sauf une fois rentrée en classe 🤣, et puis la liste est trop longue !J'espère que cet épisode, aura le mérite de vous faire vous rappeler quelque chose de lointain mais qui vous fera certainement du bien. À très bientôt pour une nouvelle découverte. N'oubliez pas de vous abonner pour ne manquer aucun épisode et de partager ce podcast avec vos proches.
  • S3 - Épisode 1 : Les dékanmènou - Les mots qui nous parlent 03.09.2026 4min
    Novembre 2020 : ma fille vient de naître, elle n'arrive pas à respirer toute seule et devra être transférée dans un autre hôpital. C'est alors que son père lui récite ses panégyriques : yè rou oki, o mon olofa… Ses signes vitaux s'améliorent et nous sortons de l'hôpital une semaine après. Une coïncidence ? J'aime penser qu'elle a reconnu d'où elle vient et que le message est passé.Pour inaugurer cette troisième saison, je vous ramène aux origines mêmes de ce podcast pour explorer la puissance des panégyriques. Et pour ouvrir le bal, je vous fais découvrir les miens, ceux des Dékanmènou de la vallée de l’Ouémé. Écoutons ensemble le texte en wémè, suivi d’une traduction pratique.  « Vous écoutez Les mots panés. Je suis Lindagbé, et ici, on explore les trésors des langues du Bénin : pour se comprendre, s'émerveiller… et tisser des liens. C’est parti ! »Ahovi honlinouAyinonDavi / DahoviGouvi Ayonhènou / Gouvi - AyonhènouAko go zon Xwèda bo toun agban bo ayon hèDin din é gbon fi houtoAvoun non dou mè do nou xwo xwo nounAko yi ahouan mondji ma bouAdan djro yan dé bo é lè glé do alito, a do gbé é houè a man do gbé é houèGbo to gbo éÉ do ko guédé guédé non gbo mè tonÉ kpa to bo ta blaouGbé to yi gbé alan kouAdan houzou adjidji non so mè zon xwomèE hou do awoto bo klo alo do awotomèÈ hou nan kpo wou ma hou hlonAkouè houzou akpakoun bo ton koun do HonlinAkouènon mèxwoto​Quand j'étais plus jeune, chaque rencontre de famille était une occasion de se faire réciter ses panégyriques. Il y a quelques semaines, j'ai entendu mon père les réciter à un ami, un frère malade, et j'ai vu la vague d'émotions que ces mots ont suscitée.​Ce que je vous partage maintenant pour la deuxième partie de cet épisode n'est pas une traduction littérale. Mais j'ai essayé d'en garder le plus de sens et de force possible.​Prince de Honlin.Seigneur des terres.Descendant de la lignée du fils aîné.Protégé de la divinité Gou.​Chasseur adroit qui tue toujours le gibier.  ​Guerrier qui ne périt jamais au combat et retourne toujours chez lui.  ​Celui qui est soudainement pris d'une saine colère contre l'ennemi.  ​Celui qui frappe avec une rage qui fait peur à celui qui sème la terreur.  ​Celui qui n'oublie jamais une offense, même ancienne.  ​Celui qui neutralise son adversaire sans merci.  ​Celui qui règle ses comptes sans culpabilité. Celui qui, de retour de Xwéda, ouvre ses bagages et fait éclater de joie les siens.  Le multiplicateur de richesse, qui sait faire germer l’argent telle une graine de haricot.​Je dédie cet épisode aux Dékanmènou, à nous qui sommes loin, mais tellement proches de chez nous.  ​Merci de m'avoir écoutée. À très bientôt pour une nouvelle découverte.👉 N’oubliez pas de vous abonner pour ne rien manquer… et de partager ce podcast avec vos proches !
  • S2 - Épisode 16 : Koudékouto - Les mauvaises langues 27.05.2026 3min
    Koudekouto : kou dé kou to mon non ba Hin kpoQuelle que soit la cause de ta mort, on trouvera toujours une raison malveillante pour la justifier. « Vous les connaissez, ces histoires sordides que l'on raconte dès que quelqu'un meurt au Bénin ?"Ah, c’était une sorcière hein, ses enfants vont enfin avoir la paix." ou encore "Tu ne sais pas comment il est devenu riche ? Il a fait des sacrifices, même sa femme avait peur de lui." »On a beau faire, la mort ne fait pas taire les langues. Il faut toujours qu’on trouve une raison cachée, une faute ou un mystère.C’est pour cela que le patronyme que je vous présente aujourd’hui se porte comme un véritable bouclier : Koudékouto. « Vous écoutez Les mots panés. Je suis Lindagbé, et ici, on explore les trésors des langues du Bénin : pour se comprendre, s'émerveiller… et tisser des liens. C’est parti ! »Koudékouto est un patronyme wémè, originaire de la belle vallée de l'Ouémé du Bénin. Il vient de la phrase : « Kou dé kou to mon non ba Hin kpo ». Ce qui se traduit par : « Quelle que soit la cause de ta mort, on trouvera toujours une raison malveillante pour la justifier. »C'est un classique, n'est-ce pas ? Quand nous décidons de dire du mal de quelqu'un, nous le faisons rarement en face. Il vaut mieux attendre que la personne ne soit plus là, qu'elle ne puisse plus se défendre. Parce que, c’est tellement plus facile à faire quand il n'y a personne pour laisser place à la contradiction !Porter le nom de Koudékouto aujourd'hui, c'est comme se promener avec une armure contre les mauvaises langues. Un Koudékouto ne devrait donc pas prendre les ragots personnellement car de toutes les façons, les gens parleront. Autant s’en détacher. C’est dur à faire, vraiment très dur... mais c'est le message de ce nom. Pour finir, j’aimerais dire que cette habitude de parler dans le dos des gens est universelle. En français, nous avons par exemple le célèbre dicton : « Les absents ont toujours tort » pour l’exprimer. En anglais, pour parler de cette fâcheuse habitude de s'en prendre à ceux qui ne peuvent plus riposter, on utilise souvent l'expression to speak ill of the dead – parler en mal des morts, qui fait parfaitement écho à notre découverte du jour.Avant de nous quitter, j'ai une question pour vous : comment réagissez-vous face à la médisance ? Et soyons honnêtes... qu’est-ce qui vous amène, parfois, à jouer les mauvaises langues ?Merci de m’avoir écoutée. On se retrouve très vite pour un nouveau voyage au cœur des mots. À bientôt.👉 N’oubliez pas de vous abonner pour ne rien manquer… et de partager ce podcast avec vos proches !
  • S2 - Épisode 15 : Iréti - Espérer 22.05.2026 3min
    Iréti En acceptant l’offre de mon premier emploi, je n’étais pas satisfaite de mon salaire mais en même temps j’étais reconnaissante d’avoir eu l’opportunité d’exprimer mes talents de développeur. Bref, j’étais surtout très contente de pouvoir renouveler mon titre de séjour. Mais secrètement, j’avais comme l’intuition, l’espoir que si je faisais mes preuves, j’aurais une augmentation avant la fin de l’année. Rien n’était donc perdu pour moi !Aujourd’hui, je vous emmène à la découverte du prénom yoruba Ireti. Parce qu'espérer, ce n'est pas seulement croiser les doigts, c’est tout un art de vivre.Vous écoutez Les mots panés. Je suis Lindagbé, et ici, on explore les trésors des langues du Bénin : pour se comprendre, s'émerveiller… et tisser des liens. C’est parti !Ireti est un prénom yoruba magnifique, que j’ai souvent entendu donner à des filles. Comme d'habitude, allons à la découverte de ses mots. Ireti vient de la phrase : ì-retí. ì : l'acte de. retí : être dans l'attente, être dans l'expectative. Mot à mot, ce prénom veut dire : "L'acte d'être dans l'attente."C'est-à-dire espérer. L'espoir qui permet de mobiliser les ressources nécessaires pour affronter l’échec, la peur, l’abandon, la perte, l’inconnu. L’espoir qui fait qu’on reste positif et convaincu. Cet espoir, qui m'a poussée à agir, à donner le meilleur de moi-même et à obtenir mon augmentation quelques mois après mes débuts.En ce sens, Iréti, c’est un prénom souvent donné pour célébrer la venue d'un enfant tant désiré. C’est le prénom que ma tante, qui a attendu 10 ans de mariage avant de concevoir, aurait pu donner à sa fille aînée. Il me rappelle un peu le prénom Sourou, qui veut dire patience et que je vous ai déjà présenté.Donner le prénom Ireti à un enfant, c’est lui chuchoter toute sa vie « Le fait d'espérer a fait que tu es parmi nous. Tu es comme un miracle, et c'est désormais à ton tour de faire de l'espoir le moteur de ta vie. »Maintenant que vous connaissez Ireti, dites-moi : Qu'est-ce que vous espérez fort en ce moment, et comment préparez-vous activement pour le recevoir ?Avant de se quitter, voici deux autres prénoms de différentes cultures qui font écho à l'esprit d'Ireti : Amal : l'espoir, en arabe Nadia / Nadine : l'espérance ou espoir en slaveMerci de m’avoir écoutée. On se retrouve très vite pour un nouveau voyage au cœur des mots. À bientôt.👉 N’oubliez pas de vous abonner pour ne rien manquer… et de partager ce podcast avec vos proches.
  • S2 - Épisode 14 : Yé ni gbon vo - Être différent 21.05.2026 3min
    Yé ni gbon vo : être différentBon. J'ai un prénom assez atypique à prononcer au Canada. Lindagbé. C'est rare de s'en sortir du premier coup quand on n'est pas habitué. Mais je vous rassure, ça va dans les deux sens ! Moi aussi, je bugge complètement sur des trucs très simples d’ici. Je ne sais pas si vous avez déjà vécu ça, mais... j’avais un collègue dont le nom de famille est aussi un prénom courant du style Pierre. Eh bien, sans une gymnastique cérébrale intense, je finissais toujours par inverser les deux. Pourquoi ? Parce que je ne suis pas habituée.Aujourd’hui, on va parler de la notion de différence à travers l’expression goun : « Yé ni Vous écoutez Les Mots Panés. Je suis Lindagbé, et ici, on explore les trésors des langues du Bénin pour se comprendre, s’émerveiller et tisser des liens. C’est parti !« Yé ni gbon vo » s'utilise pour désigner quelqu'un ou quelque chose qui sort de la norme, qui est différent.Allons voir ce qui se cache derrière ces mots : Gbon veut dire : prendre un chemin, passer par. Vo veut dire : à part. Mot à mot, cette phrase signifie : « prendre un chemin à part ».J'adore cette image. Ce qui est chouette avec l'idée de « prendre un chemin à part », c'est qu'on la vit au quotidien. Moi, par exemple : quand je vais au bureau, j'adore mettre un tabla en pagne tissé. C’est la petite différence que j’aime exprimer. Ça ne m'empêche pas de faire mon travail, de collaborer avec mes collègues, et à la fin de la journée, de rentrer chez moi. Chacun sur sa propre route.Que ce soit mon prénom, mon foulard, ou le nom de mon collègue, la différence, c'est à mon avis une question de perspective. Elle s’exprime différemment selon notre environnement, nos choix personnels, notre culture ou nos habitudes. Ce qui est la norme pour l'un peut être un vrai casse-tête pour l'autre... car nous sommes tous le « différent » de quelqu'un.« Yé ni gbon vo ». C’est l’acte d’assumer sa différence sans s'isoler des autres. C'est avoir le courage d'avancer sur sa propre route. Et puis prendre un chemin différent aide souvent à faire des découvertes extraordinaires n’est-ce pas ?En français, une expression équivalente serait « sortir des sentiers battus », pour dire s’aventurer sur une route que personne n'a encore pris.En anglais, on dit : "take the road less traveled" – emprunter la route la moins fréquentée – ou encore de march to the beat of his own drum – avancer au rythme de son propre tambour.Avant de vous laisser, j'ai une question pour vous : comment exprimez-vous votre différence au quotidien ?Laissez-moi un commentaire, j’ai vraiment hâte de vous lire !Merci de m’avoir écoutée. On se retrouve très vite pour une nouvelle découverte. D'ici là, abonnez-vous pour ne rater aucun épisode et partagez ce podcast autour de vous.
  • S2 - Épisode 13 : Boladé 15.04.2026 2min
    Ma fille avait l'habitude de débarquer au beau milieu de la nuit avec l'arsenal complet pour se rendormir à mes côtés : doudou, oreiller, chaussures, ballon... bref, tout ce qui croisait son chemin si vous voulez mon avis. Un vrai petit déménagement ! Puisqu'on parle de quelqu'un qui vient les bras chargés, je vous propose d'aller à la découverte du prénom Boladé, "celui/celle qui vient avec …”👉 N’oubliez pas de vous abonner pour ne rien manquer… et de partagez ce podcast avec vos proches.Vous écoutez Les mots panés.Je suis Lindagbé, et ici, on explore les trésors des langues du Bénin : pour se comprendre, s’émerveiller… et tisser des liens. C’est parti.Le prénom à l’honneur : BoladéBoladé est un prénom en langue yoruba, parlée au sud du Bénin, au Nigéria et au Togo ! C'est un prénom qui se port au masculin comme au féminin. Que signifie Boladé ?Il vient de la phrase « Bá ọlá dé ».bá : ensemble, avecọlá : noblesse, richesse, gloiredé : arriver, retournerCe qui veut dire :« La richesse est arrivée avec lui/elle » ou « Qui vient avec la richesse ».Choisir d'appeler son enfant Boladé, c’est lui dire que par sa seule présence, il a enrichi nos vies au-delà de tout ce qu'on pouvait imaginer. C'est une manière de lui rappeler, chaque jour, qu'il est lui-même notre richesse. C'est aussi un vœu formulé pour son avenir. C'est lui souhaiter une vie d'abondance, non seulement matérielle pour qu'il ne manque jamais de rien, mais également une véritable richesse de cœur et d'esprit, faite de joies et de liens profonds qu'ils pourra tisser au fil de sa vie. Maintenant que vous connaissez Boladé… dites-moi : quelle est la plus grande « richesse » que vous ayez accueillie dans votre vie ?Avant de se quitter, voici deux prénoms qui résonnent avec cette idée de richesse qui arrive ou qui entoure :Darius : celui qui possède la bonté Odile : la richesse🎧 Merci d’avoir écouté Les mots panés.On se retrouve très vite pour une nouvelle découverte!À bientôt.
  • S2 - Épisode 12 : Toujours sur les nerfs ! - Yé ni dou kan 08.04.2026 3min
    Saison 2, épisode 12, prise numéro 2. Je tiens absolument à ouvrir chaque épisode par une anecdote qui m’amène à l’expression ou au prénom du jour. Mais celle que j'ai choisie m’a tellement fait tourner en rond que j’ai fini par abandonner la semaine passée.Bref, restons simples : partons à la découverte de l’expression goun « Yé ni dou kan ».« Vous écoutez Les Mots Panés. Je suis Lindagbé. Ici, on explore les trésors des langues du Bénin pour se comprendre, s’émerveiller et tisser des liens. C’est parti ! »« Yé ni dou kan » sert à décrire un tempérament colérique, quelqu'un qui démarre au quart de tour de façon constante.Mais que cache réellement cette formule ?Dou signifie « manger » ou « mordre ».Kan désigne la « corde », mais dans l'anatomie humaine, ce terme renvoie aux vaisseaux sanguins.Littéralement, « Yé ni dou kan » revient donc à « manger ou mordre ses propres vaisseaux ».Si vous vous souvenez de notre épisode sur « yé ni Yran houn » (pour désigner la sévérité), vous y verrez sûrement des similitudes. Néanmoins, yé ni dou kan évoque une souffrance physique bien plus marquée.Imaginez le supplice si, à chaque perte de patience, il fallait se ronger les veines ? Cette expression nous rappelle avec sagesse qu’en s'emportant à tout bout de champ, la première victime de cette destruction, c'est soi-même. On finit par « dévorer » sa propre santé.Celui qui « mange ses vaisseaux » manque profondément de patience. C’est un être imprévisible dont on redoute les réactions, même face à une attention censée lui faire plaisir.Nous avons tous des jours « sans », où l'irritabilité prend le dessus. Mais faire de la colère un mode de vie est épuisant. Pour traduire ce trait de caractère en français, on dira d'une telle personne qu'elle est « soupe au lait » — ça bout vite et déborde pour un rien — ou encore qu’elle a le « sang chaud » ou les « nerfs à fleur de peau ».Avant de nous quitter, j'ai une question pour vous : connaissez-vous dans votre entourage quelqu'un d'abonné à ce comportement, toujours prêt à exploser pour une broutille ? Ou peut-être avez-vous une expression de chez vous pour désigner ces colériques invétérés ?Laissez-moi un commentaire, j’ai hâte de vous lire !Merci de m’avoir écoutée. On se retrouve très vite pour une nouvelle découverte. D'ici-là, abonnez-vous pour ne rater aucun épisode et partagez ce podcast autour de vous.
  • S2 - Épisode 11 : Sèdami - Tant qu'il y a de la vie ! 25.03.2026 3min
    Je descends du bus, je me dépêche, j'arrive sur le quai du métro... et là, sous mes yeux, les portes se ferment. Le train part. Sans moi.Vous connaissez cette frustration ? Pourtant, le prochain train est dans trois petites minutes, mais rien à faire, le FOMO est bien là. On a l'impression d'avoir raté notre chance.Mais aujourd'hui, je vous emmène à la découverte du prénom Sèdami. Parce qu'il va nous apprendre une chose essentielle : le train de votre destinée, vous ne pourrez jamais le manquer.Vous écoutez Les mots panés. Je suis Lindagbé, et ici, on explore les trésors des langues du Bénin : pour se comprendre, s'émerveiller… et tisser des liens. C’est parti.Sèdami est un prénom wémè, que l'on retrouve aussi dans d'autres langues de la même famille, comme le goun ou le fon. C'est un prénom magnifique, qui se porte aussi bien au masculin qu'au féminin.Sèdami vient de la phrase : Nou é sè d’ami mon non dji wé.Que se cache-t-il derrière ces mots ?Nou : une chose.Sè : l'âme, le destin.ami : huiledji : accoucherWé : asticots.Mis bout à bout, ça veut littéralement dire : "Ce qui est huilé par le destin ne développe pas d’asticots."Pourquoi ? Dans la nature, ce qui développe des asticots, c'est ce qui a pourri. C'est ce qui est mort. À l'inverse, l'huile a un pouvoir de conservation qui permet de freiner la décomposition des aliments et donc de les protéger du temps qui passe.Sèdami, c'est une façon de dire que tant qu'il y a de la vie, il y a de l'espoir. L'espoir, c'est cette huile protectrice. Et la vie, avec nos combats de tous les jours, c'est ce destin qui continue de s'écrire.Alors, si une porte s'est fermée devant vous, si un projet a échoué... dites-vous que ce n'était sûrement pas le bon chemin à prendre, le bon train. Parce que celui qui vous est vraiment réservé, lui, vous attendra toujours.Maintenant que vous connaissez Sèdami, dites-moi :Avez-vous déjà raté une opportunité, pour réaliser plus tard que le destin vous réservait finalement quelque chose de bien meilleur ?Racontez-moi ça en commentaire, j'ai très hâte de vous lire.Avant de se quitter, voici trois autres prénoms à travers le monde qui portent cette même confiance absolue en l'avenir :Anselme, d'origine germanique, qui signifie « la protection divine » – comme un bouclier invisible.Théodora, d'origine grecque, signifiant « le don de Dieu », pour nous rappeler que ce qui nous est réservé ne nous échappera pas.Et Faustine, d'origine latine, veut dire « chanceuse ».Merci de m’avoir écoutée. On se retrouve très vite pour une nouvelle découverte. À bientôt.👉 N’oubliez pas de vous abonner pour ne manquer aucun épisode, et de partager ce podcast avec quelqu'un qui a besoin d'être rassuré aujourd'hui.
  • S2 - Épisode 10 : Dur dur d'être sévère - Yé ni yran houn 18.03.2026 3min
    ​Quand j’avais 8 ans, j'avais une peur bleue de tomber dans la classe de Maître Paulin. Il était connu pour être l'enseignant le plus sévère de l'école. Avec lui, il fallait filer droit, sinon c'était la chicotte, le palmatoire , aucune négociation possible. Les connaisseurs savent de quoi je parle. ​Pour décrire ce tempérament, on utilise une expression très intéressante en goun : « yé ni Yran houn ». Et c’est précisément ce que nous allons découvrir aujourd'hui.​« Vous écoutez Les Mots Panés. Je suis Lindagbé. Ici, on explore les trésors des langues du Bénin pour se comprendre, s’émerveiller et tisser des liens. C’est parti ! »​Pour qualifier quelqu’un de très sévère en goun, on dit : « É Yran houn ». Et si l’on veut donner encore plus de force à cette image, pour indiquer une rigidité sans faille, on dira : « é Yran houn gbaou ».​Mais que se cache-t-il derrière ces mots ?​Yran veut dire « mauvais ».​Houn, c’est le « sang ».​Littéralement, « Yé ni Yran houn », c’est l’action de « se rendre le sang mauvais ». Cette expression traduit l’idée qu’une personne sévère empoisonne son propre sang, qu’elle le « gâte » par sa propre dureté.​Si vous vous souvenez de l’épisode sur « yé ni gblé ho min » (se fâcher), qui signifie littéralement « s’abîmer les entrailles », nous restons dans le même esprit.Néanmoins, Se fâcher est souvent une réaction passagère, un état qui finit par s'arrêter. La sévérité, elle, est perçue comme un trait de caractère, une posture continue. Quelqu’un de sévère aurait donc, en quelque sorte, le sang « constamment mauvais ». C’est être sous pression, au sens propre comme au figuré. À force d'exigence, on finit par s'étouffer soi-même.​Ça m’arrive, moi aussi, d’être sévère, de me montrer inflexible. Je vais donc commencer par balayer devant ma porte avant de vous bombarder de conseils : prenons juste conscience que cette dureté nous fait du mal. Il est important de garder en tête qu’on peut toujours s'améliorer en laissant toujours un peu plus de place à la souplesse et la bienveillance.​Pour traduire ce tempérament, la langue française utilise une expression que vous connaissez sans doute : « être une peau de vache ». On évoque ici une enveloppe dure, une cuirasse inflexible. Au Québec, l'équivalent serait de dire que quelqu'un est « toff » (de l'anglais tough) toujours dans le même esprit. ​Et vous ? Qui, dans votre enfance, considériez-vous comme une personne très sévère ? Quelle est l’expression de chez vous qui décrit le mieux cette rigidité, ce « mauvais sang » ?​Partagez-la moi en commentaire, je suis impatiente de vous lire !​Merci de m’avoir écoutée. On se retrouve très vite pour une nouvelle découverte. D'ici-là, n’oubliez pas de vous abonner pour ne rater aucun épisode et de partager ce podcast. À bientôt !
  • S2 - Épisode 9 : Durojayé - Parce que nous n'avons qu'une seule vie ! 11.03.2026 3min
    Durojayé  : Parce que nous n’avons qu’une seule vieJ'ai 4 réveils. 5h30, le premier. Histoire de me prévenir que ça arrive.6h, le deuxième. "Commence à sérieusement te réveiller."6h30, le troisième. "Es-tu réveillée ?"7h, le dernier. Là, c’est trop tard. Réveille-toi.Puis à 17h, le programme intensif recommence. Sans aucun répit. Jusqu'à 20h. Pour personne.Mais parfois... je laisse couler. Je respire. Je vis. Je profite.Aujourd’hui, je vous emmène à la découverte du prénom yoruba Durojayé.Parce que savoir appuyer sur le bouton "Pause", c’est un chemin d’or pour bien profiter de la vie.Vous écoutez Les mots panés.Je suis Lindagbé, et ici, on explore les trésors des langues du Bénin : pour se comprendre, s'émerveiller… et tisser des liens. C’est parti !Durojayé est un prénom en yoruba, que j’ai souvent entendu porter par des femmes. Mais je suis sûre qu’il pourrait aussi être porté par des hommes.Durojayé vient de la phrase : Dúró-jẹ-ayé.Dúró : attendre, rester.Jẹ : manger, savourer, profiter.Ayé : la vieMot à mot, cette phrase veut dire : "Attends et savoure la vie." (Pause)Parce que parfois, nous sommes trop pressés.Pressés de réussir, de nous marier, d'acheter la maison, d'être aussi riche qu'un tel…On ne se laisse pas le temps de respirer. On oublie d'apprécier où nous sommes rendus dans notre vie. De voir le chemin parcouru et d'apprécier les efforts que nous y avons mis.Je ne m'arrête pas souvent, moi non plus.Mais quand ça m'arrive, je prends le temps de contempler mon environnement. Je me rappelle d'où je viens. Je vois ce que j'ai accompli. Et je laisse ce sentiment de satisfaction me remplir.Ce prénom, il ne dit pas "sois heureux quoi qu'il arrive".Il dit quelque chose qui peut paraître trivial mais tellement difficile à embrasser quand on rentre dans l’engrenage de nos journées : "Ne passe pas à côté de ta vie." Il dit : Tu es là. Souffle. Respire. Profite de la vie, ça va bien aller.Ne te précipite pas, chaque chose viendra en son temps. Ton tour arrivera, tant que tu persévères !Parce que nous n'avons qu'une seule vie. Maintenant que vous connaissez Durojayé, dites-moi :Quel est le moment de votre semaine où vous vous sentez vraiment en train de vivre — et pas juste de gérer ?Avant de se quitter, voici trois autres prénoms qui font écho à l'esprit de Durojayé :Sùúrù : la patience en yorubaSéréna qui veut dire sérénité en latinIina chez les navajo (navahu) : la vieMerci de m’avoir écoutée. On se retrouve très vite pour un nouveau voyage au cœur des mots.À bientôt.👉 N’oubliez pas de vous abonner pour ne rien manquer…et de partager ce podcast avec vos proches.
  • S2 - Épisode 8 : Attachez vos tuques ! 02.03.2026 3min
    Attacher sa tuque - Akon kpi kpanJ’habite au Québec depuis presque 10 ans et l’hiver m'a fait découvrir les plus belles subtilités de la langue française, telle qu'elle est parlée ici. Aujourd’hui, je change le scénario : on part de l'hiver québécois avec l'expression “Attache ta tuque”, pour s’envoler vers le Bénin. C’est ma façon de me réchauffer, tout en rendant hommage à mon lieu de résidence avec un véritable appel au courage pour affronter l'hiver de la vie.« Vous écoutez Les mots panés. Je suis Lindagbé, et ici, on explore les trésors des langues du Bénin — pour se comprendre, s’émerveiller et tisser des liens. C’est parti ! »Que veut dire “Attache ta tuque” et quel est son équivalent en goun ? Voici le mystère que nous allons résoudre sans plus tarder !Je suis arrivée à Montréal le 31 décembre 2017. Depuis, l'adaptation à l'hiver est un éternel recommencement. La tuque, c’est l’accessoire qu’il ne faut pas négliger pour garder la tête au chaud, surtout par temps venteux. “Attache ta tuque”, ça veut dire : accroche-toi, prépare-toi bien. C’est une façon de dire que comme l’hiver, cette situation difficile passera, mais qu'il faut être prêt et y mettre du sien.En goun, une expression équivalente serait : “Akon kpi kpan”. Littéralement, c'est le fait de mettre sa poitrine à califourchon dans son dos.C’est une image qui vient du portage des bébés : on attache l'enfant solidement derrière soi pour garder les mains libres et continuer à vaquer à ses occupations. “Akon kpi kpan”, c’est porter ses émotions, ses difficultés comme on porterait un enfant : c’est là, c’est lourd, mais on continue d'avancer.Mes parents utilisaient souvent ces mots pour annoncer une mauvaise nouvelle ou présenter des condoléances. Je me rappelle aussi de ma mère qui me demandait d’avoir ce courage-là, au moment de mon accouchement. Et il y a aussi ces au revoir à l’aéroport... ces moments où il faut autant de force pour partir que pour accepter de voir partir.Dans le fond, Akon kpi kpan, c'est aussi avoir la foi, une foi inébranlable que ça va bien aller. C'est pour cela, que tous les jours, nous prenons notre courage à 2 mains pour réaliser nos ambitions et continuer à rêver. C’est ainsi que va la vie ! Avant de nous quitter, j'aimerais savoir : quelle est l’expression de chez vous qui vous aide à tenir bon quand le vent tourne ? Partagez-la moi en commentaire, j'ai hâte de vous lire.Merci de m’avoir écoutée. On se retrouve très vite pour une nouvelle découverte. D'ici-là, n’oubliez pas de vous abonner pour ne rater aucun épisode et de partager ce podcast. 
  • S2 - Épisode 7 : Abiola - Je suis bien né ! 25.02.2026 2min
    AbiolaCe week-end, j'ai fait un shooting photo magnifique. En recevant les clichés, j'ai eu un déclic pour cet épisode. Pourquoi ? Parce que le papa de mon Abiola, le prénom que je vous fais découvrir aujourd'hui est un passionné de photographie. Le hasard fait bien les choses ! ​👉 Abonnez-vous, installez-vous… et partagez ce podcast. Vous écoutez Les mots panés. Je suis Lindagbé, et ici, on explore les trésors des langues du Bénin. C’est parti !Abiola est Un prénom Yoruba une langue que l'on retrouve au Bénin, au Nigeria et au Togo. Il se porte au masculin comme au féminin. Abiola vient de la phrase : a-bí-sí-ọlá.​A : Nous.​Bí : Donner la vie.​Sí : Dans.​Ọlá : La richesse, l'honneur, la gloire.Ce qui se traduit donc par :  « Né dans l’honneur et la prospérité ».​Le petit Abiola que je connais — mon "Abi go oun go" — est la preuve que la richesse n'est pas qu'une affaire de chiffres. Il est né d'un terreau de résilience, de persévérance et de cette attente infinie qui rend les naissances précieuses.​C’est un enfant pour qui on a déplacé trois continents. Un enfant accueilli dans un océan d'amour. Et pour la petite histoire… c’est grâce à lui que j’ai goûté au caviar pour la première fois ! 😎Donner ce prénom, c’est dire : « Bienvenue, tu ne manqueras de rien. Ta venue nous a comblé de grâces »Voici 2 autres prénoms venus d'ailleurs qui font écho à Abiola :Florence : celle qui s'épanouit.​Edward : le gardien des richesses.Je vous laisse avec cette question : Savez-vous quelle réussite votre naissance a marqué pour vos parents ? Posez-leur la question, la réponse pourrait vous surprendre.​Merci de m'avoir écoutée. On se retrouve très vite pour une nouvelle découverte. À bientôt !
  • S2 - Épisode 6 : Envelopper de néant - Yé ni do vo nan nou 18.02.2026 3min
    Yé ni do vo nan nouMalheureusement pour moi, j’ai oublié de tenir compte de la Saint Valentin pour la ligne éditoriale. Cet épisode ne sera donc pas sur l’amour mais je me rattraperai. Néanmoins cet oubli, cette négligence de ma part, rentre tout à fait dans le thème que je veux aborder aujourd’hui. Je vous emmène à la découverte de l’expression “yé ni do vo nan nou”, une expression que vous auriez pu utiliser pour me dire : Lindagbé, comment as-tu pu négliger la Saint Valentin dans ta ligne éditoriale ?« Vous écoutez Les mots panés. Je suis Lindagbé, et ici, on explore les trésors des langues du Bénin — pour se comprendre, s'émerveiller et tisser des liens. C'est parti ! »Yé ni do vo nan nou est une expression en goun qu'on retrouve dans d'autres langues de la même famille comme le fon. Que veulent dire les mots de cette phrase : Yé ni : exprime le fait de faire une action.Do : veut dire porter, ou vêtir.Vo : c'est le vide, le néant.Nan nou : à quelque chose.Mis bout à bout, la phrase se traduit par : "faire revêtir le néant à quelque chose", c’est-à-dire négliger, bâcler, ne pas prendre soin de, passer outre, …Mais pourquoi utiliser cette image ? Un vêtement, ça donne de la forme, de la visibilité, à ce qu'il recouvre. En choisissant d'habiller une situation ou une critique de "néant", on fait exactement l'inverse. On lui retire toute sa substance. On la rend transparente, invisible. Ce n'est pas juste l'ignorer, c'est lui enlever tout son pouvoir sur nous ! Quand quelqu'un accorde trop peu d'attention à une chose qui en mérite grandement — surtout quand ça le concerne, on lui lance un a non do vo nan nou. C'est lui dire : "Pourquoi agis-tu comme si ça n'avait aucune importance ?" Et aussi implicitement lui souligner qu'on ne lui confierait rien d'important pour soi. ​On peut aussi utiliser cette expression quand quelqu'un nous attaque ou que des rumeurs circulent. Yé ni do vo nan, c'est choisir de ne pas s'abaisser à répondre. C'est se dire : "Tes mots n'ont aucun poids sur moi."C'est aussi l’expression de ceux qui veulent paraître très vertueux ! Dans ces discussions animées où quelqu'un veut prouver qu'il est totalement détaché des biens matériels, de la richesse, par exemple... Même si, entre nous, on sait que l'argent compte quand même un peu ! »« En français, pour décrire cette fameuse négligence, on dirait que la personne prend les choses par-dessus la jambe. Et pour exprimer le côté bouclier mental face aux critiques, on dira plutôt que ça nous glisse dessus comme l’eau sur les plumes d'un canard »Si cet épisode vous a plu, n'oubliez pas de vous abonner et de le partager à un proche qui aurait bien besoin d'apprendre à "draper ses soucis de néant".Je vous remercie de m'avoir écoutée. On se retrouve très vite pour une nouvelle découverte. »
  • S2 - Épisode 5 : Je suis enfin à ma place - Tintchémin 09.02.2026 3min
    Tintchémin On a tous une place. Celle qu'on nous assigne, celle… qu'on finit par conquérir, celle qui nous est réservée. Au Bénin, être l'aînée, la « dada » ou le Fofo c'est avoir la place de celui où celle qui ouvre la marche. Mais comme souvent, la vie vient tout chambouler.Dans ce nouvel épisode, je vous emmène au sud du Bénin à la découverte d’un prénom qui sonne comme une belle revanche : Tintchémin. 👉 Abonnez-vous, installez-vous… et partagez ce podcast autour de vous. Vous écoutez Les mots panés. Je suis Lindagbé, et ici, on explore les trésors des langues du Bénin. Pour se comprendre, pour s’émerveiller… et tisser des liens. C’est parti ?Tintchémin.  C’est un prénom qu'on retrouve en goun, en fon ou en ouémè et qui s'attribue au masculin comme au féminin . Décortiquons ensemble ses mots :Tin, c’est la place, la position, le siège.Tché, c’est à moi. C’est ma propriété.Min, c’est « dans » ou « à l’intérieur ».Mis bout à bout, ça nous donne une affirmation puissante : « Dans ma place », ou plus simplement : « Je suis (enfin) à ma place ».Laissez-moi vous raconter l'histoire de la petite Tintchémin.Pour comprendre, il faut remonter à ma tante. La grande sœur de mon père. L'aînée de la fratrie. Celle qui devait, logiquement, offrir ses premiers petits-enfants à ma grand-mère. Sauf que, pendant ses dix premières années de mariage, pas de bébé. Et pendant ce temps, sa petite sœur s’est mariée, a eu un enfant avant elle et a donc bouleversé les l’ordre des choses. Mais vous connaissez l'adage : « La patience est un chemin d'or ». Des années plus tard, l'aînée de ma tante tante – celle qui avait tant attendu – a mis au monde une petite fille. Et pas n’importe laquelle ! La toute première arrière-petite-fille de ma grand-mère paternelle. La première de la quatrième génération !C’est mon père qui a choisi ce prénom Tintchémin. Un hommage juste de reconnaissance pour celle dont la lignée ouvre la voie pour cette nouvelle génération. Celle-là qui est donc revenue à sa place.Je trouve ça tellement touchant ! Tintchémin, c’est un prénom qui répare l’histoire et qui de fait confère un sacré totem d’immunité à ma nièce ! Mon père est prêt à lui pardonner toutes ses bêtises parce que l’ordre a été rétabli par elle. Alors, maintenant que vous connaissez le secret de Tintchémin… dites-moi : Quelle est votre place, à vous ? Est-ce que vous l’avez trouvée tout de suite, ou est-ce que, comme ma tante, vous avez dû laisser le temps au temps ?Avant de nous quitter, je vous laisse avec deux autres prénoms venus d’ailleurs qui font écho à Tintchémin :Seth, en hébreu, qui veut dire l’éluEt Aaliyah, en arabe qui signifie élevée, choisie. Merci de m'avoir écoutée, on se retrouve très vite pour une nouvelle découverte est. À bientôt !
  • S2 - Épisode 4 : Tu as maigri, voyons ! A Kpo Kan 02.02.2026 3min
    Épisode : Kpo Kan Vous avez remarqué que les mamans dont les fils sont mariés trouvent toujours que leurs enfants ont maigri ? "Mais tu ne manges pas ? Regarde comment tu as maigri ! Vi tché kpo kan bi."Aujourd'hui je vous fais découvrir l'expression : Kpo Kan en goun. Une belle hyperbole pour dire à quelqu'un qu'il a maigri.N'oubliez pas de vous abonner pour ne rater aucun épisode et de partager ce podcast avec vos proches.Vous écoutez Les mots panés. Je suis Lindagbé, et ici, on explore les trésors des langues du Bénin — pour se comprendre, s'émerveiller et tisser des liens. C'est parti !L'expression du jour est : Kpo Kan — pour signifier à quelqu'un qu'il a perdu du poids, qu'il a maigri.Comme d’habitude, allons découvrir ce qui se cache derrière ces mots : - Kpo veut dire "rester" dans le sens de reliquat, ce qu'il en reste. Kpo veut aussi dire bâton.- Kan veut dire fil.Littéralement, cette expression veut dire "il ne reste que le fil." En d'autres termes, il ne reste plus que ton squelette, tu as tellement maigri qu'on ne voit plus que tes os.Si tu es un jeune marié, quand ta mère te fait cette réflexion, fais attention ! Elle est en train de te demander si ta femme n'a pas des lacunes en cuisine, attends-toi à ce qu’elle débarque pour valider cette théorie si la situation ne s’améliore pas de son point de vue !On utilise aussi kpo kan quand quelqu'un a longtemps été malade et que visiblement, il a été affecté physiquement. Ou encore quand la personne en face de toi a des soucis qu'elle partage avec toi. On utilise alors cette expression pour montrer de l'empathie et signifier qu'on voit l'impact de cette situation sur son physique. C'est une façon de dire "je vois que tu souffres."Une expression équivalente en français serait :- Fondre comme neige au soleil pour parler d’une perte de poids rapide et spectaculaire- N'avoir que la peau sur les os : être squelettique- Être un sac d'os : terme péjoratif pour désigner quelqu'un de très maigre- Dépérir : maigrir à cause de la maladie ou du chagrinAvant de se quitter, j’aimerais vous demander si vous connaissez d’autres contextes d’utilisation pour cette expression mais dont je n’ai pas parlé dans cet épisode !Je vous remercie de m'avoir écoutée. On se retrouve très vite pour une nouvelle découverte.À bientôt !
  • S2 - Épisode 3 : La promesse qui tue ! 26.01.2026 2min
    É gblé Man kou : la promesse qui tue !Il y a des moments dans la vie où un simple « je te le promets » semble dérisoire face à l'enjeu.Il y a des situations où l'on est tellement acculé, ou tellement sûr de soi, qu'on ressent le besoin de mettre dans la balance ce qu'on a de plus cher au monde.N'oubliez pas de vous abonner pour ne rater aucun épisode et de partager ce podcast avec vos proches Vous écoutez Les mots panés. Je suis Lindagbé, et ici, on explore les trésors des langues du Bénin — pour se comprendre, s’émerveiller et tisser des liens. C’est parti !L'expression du jour n'est pas une simple phrase. C'est la promesse qui tue. La phrase : « É gblé Man kou ». Je la dis en goun mais il y a l'équivalent en fin aussi et elle est utilisée partout au sud du Bénin.  Décortiquons ensemble chacun de ses mots : ​É gblé : c'est gaté​Man : Que je…​Kou : Meure.Littéralement ​« Si ça se gâte, que je meure. »Vous sentez la tension monter ? C'est normal.Cette expression, je l'ai rarement entendue chuchotée. Non. « É gblé Man kou », c’est une phrase qui se crie, qui se projette. C’est une expression pleine de testostérone.​C'est l'apanage des discussions houleuses, souvent entre hommes, où l'ego prend beaucoup de place. Quand on prononce ces mots, on met son honneur sur la table. Même si on ne cherche pas vraiment la mort, on cherche la crédibilité absolue. C'est l'engagement ultime. En mettant sa propre vie en gage, l'orateur dit à son interlocuteur : « Ma parole a plus de valeur que mon souffle. »​Ce n'est pas une phrase qu'on sort pour une promesse en l'air. Si on devait traduire cette intensité en français classique, on dirait peut-être : « Que je sois pendu si je mens » ou le très célèbre « Je le jure sur la tête de ma mère » ou encore ça passe ou ça casse. Comme d'habitude, avant de nous quitter, j'ai une question pour vous : Quelle est la cause, la promesse ou l'engagement pour lequel vous seriez prêt, vous aussi, à scander : « É gblé Man kou » ?Sur ce, je vous remercie de m'avoir écoutée.  On se retrouve bientôt pour une nouvelle découverte !
  • S2 - Épisode 2 : Noblesse, Gloire et Richesse - Folashadé 19.01.2026 3min
    FolashadéJe ne sais pas pour vous…mais dès que j’ai su le sexe de mes enfants, la chasse aux prénoms a commencé à la maison avec les règles suivantes : – le premier prénom, choisi par mes beaux-parents,– le deuxième, par mes parents,– et le troisième, choisi par mon mari et moi.  Aujourd’hui, je vous chez les yorubas , à la découverte du prénom Folashadé, le premier des 3 prénoms de ma fille.👉 Abonnez-vous pour ne rien manquer…et partagez ce podcast avec vos proches.Vous écoutez Les mots panés.Je suis Lindagbé, et ici, on explore les trésors des langues du Bénin : pour se comprendre, s’émerveiller… et tisser des liens. C’est parti.Folashadé, un prénom en langue yoruba, parlée au sud du Bénin, au Nigéria et au Togo ! C'est un prénom mixte qui est néanmoins majoritairement donné à des filles de nos jours. Il vient de la phrase « Fi ọla ṣe adé ». Je m’excuse d’avance si j’ai mal prononcé la phrase. Mon yoruba est encore un work in progress !fi : utiliserọla : noblesse, richesse, gloireṣe : accompliradé : couronne, royautéCe qui veut dire : « Utilise la richesse, la noblesse, la gloire comme couronne. »Folashadé, c’est le prénom de mon aînée. Et je voulais pour elle un beau prénom, oui…mais surtout un prénom qui la guidera. Comme Lindagbé me guide … . Je sais que ce n'est qu'un prénom mais j'aime bien cette idée que ton prénom est ton premier leitmotiv ! Je voulais que son prénom lui rappelle qu’elle a sa place, qu’elle peut briller de mille feux, qu’elle peut rayonner parce qu’elle est tout simplement.Je veux la voir marcher dans le monde avec dignité, garder la tête haute et se comporter avec courage, audace et amour. Ma Folashadé, c’est la princesse dont le nom se répandra, j’en suis convaincue.  Maintenant que vous connaissez Folashadé…dites-moi : si vous pouviez transmettre une seule qualité à travers un prénom, ce serait laquelle ?Avant de se quitter, voici deux prénoms qui résonnent avec cette idée de noblesse et de royauté :– Maël (breton) : « prince, chef ». – Basile (grec) : de basileus, « roi ». 🎧 Merci de m'avoir écoutée!On se retrouve très vite pour un nouveau voyage… au cœur des mots.À bientôt.
  • S2 - Épisode 1 - Bonne année : Houé lo nan gni houé si nan mi 12.01.2026 3min
    🎙️ Épisode : Houé lo nan gnin houessi nan miJe viens de passer 4 semaines de vacances extraordinaires, entourée de ma famille et des montagnes de Haute-Savoie. C'était génial, mais... il était temps de rentrer !Bonne et heureuse année à tous ! Pour ce tout premier épisode de 2026, je vous propose de découvrir comment on présente les vœux en langue ouémè. Et comme d'habitude, c'est une expression haute en couleurs.Vous écoutez Les mots panés. Je suis Lindagbé, et ici, on explore les trésors des langues du Bénin — pour se comprendre, s’émerveiller et tisser des liens. C’est parti !Houé lo nan gnin houessi nan mi.Cette phrase, je l'entends chaque année. C'est l'expression consacrée, pour ainsi dire. Mon père, ma mère, mes oncles, mes tantes... ils l'utilisent tous, sans exception, pour souhaiter la bonne année.Mais que disent-ils vraiment ? Décortiquons ensemble cette phrase : * Houé : Ce mot désigne l'année, c'est aussi le mot pour désigner la fête. * Lo : C'est le démonstratif pour dire « cette ». * Nan gnin : C'est le verbe être au futur, « sera ». * Houessi : C'est le mot clé. Il est composé de Houé (l'année) et Assi (l'épouse, la femelle). Il désigne donc une « année-femelle ». * Nan mi : Pour vous.Si l'on rassemble les morceaux, Houé lo nan gnin houessi nan mi signifie littéralement… « Que cette année soit une année-femelle pour vous ».Oui, vous avez bien entendu ! Une année femelle, le genre de l'année est très important dans cette phrase. Pourquoi ? Parce que l'alternative est terrible. Souhaiter une année Houessou — c'est-à-dire une année « mâle » — c'est très grave ! C'est souhaiter à l'autre une année de labeur sans récompense. C'est lui dire ouvertement : « Je veux que tu échoues dans tout ce que tu entreprendras. »À l'opposé, souhaiter une année Houessi (femelle), c'est souhaiter une année féconde.Ici, l'année est vue comme une femme, une mère, une épouse ... celle-là même qui a le pouvoir de donner la vie.Une année fertile, c'est comme une femme qui tombe enceinte. Ce n'est pas un long fleuve tranquille : il y a les nausées du début, la fatigue, les échographies, les moments de doute... mais aussi l'émerveillement des premiers coups de pied, l'impatience de rencontrer son bébé, le choix des prénoms. Toute une aventure quoi ! Mais on l'accepte car au bout, il y a la naissance d'un être cher.Dire Houé lo nan gnin houessi, c'est souhaiter que vos efforts ne soient pas vains, et que vous puissiez récolter les fruits de votre travail. Même si ça ne sera pas tout le temps facile, accrochez-vous et gardez vos objectifs concrets en point de mire. Avant de finir, voici ma question pour vous :Imaginons que 2026 soit une année "enceinte" de vos projets... De quoi espérez-vous accoucher dans les mois à venir ? Quel projet allez-vous mettre au monde ?Je vous souhaite une année féconde. Une fois de plus, Houé lo nan gnin houé si nan mi !N'oubliez pas de vous abonner pour ne rater aucun épisode, et de partager ce podcast avec vos proches !
  • S1 - Épisode 16 - É nan tchè nan wé - Plus qu'un "Merci", une promesse ! 25.12.2025 2min
    Merci : É nan tchè nan wéMon fils de 18 mois sait dire depuis quelques jours — avec l'intonation joyeuse qu'on connaît aux enfants — l’une des formules de politesse les plus utilisées dans une journée : merci !Aujourd’hui, je vous propose de découvrir l'expression Goun équivalente pour ce mot : É nan tchè nan wé.Vous écoutez Les mots panés. Je suis Lindagbé, et ici, on explore les trésors des langues du Bénin. Pour se comprendre... s'émerveiller... et créer des liens.C’est parti !En langue goun, pour dire merci, on utilise la phrase : É... nan... tchè... nan... wé.Décortiquons ensemble cette expression :É... veut dire : ça.Nan : c'est la particule pour utiliser le futur.Tchè... veut dire se concrétiser, se produire, avoir lieu.Nan wé : pour toi.É nan tchè nan wé se traduit donc par : "Ça va se concrétiser pour toi... Ça va se réaliser pour toi."Ce n'est pas un simple "merci" comme on dit souvent.C'est une déclaration qui est faite au bienfaiteur :"Parce que tu as été bon avec moi... je déclare que ce que tu désires de plus cher se concrétisera dans ta vie."C'est une prophétie. Une promesse qui vient d'être faite.C'est aussi une façon de dire : "Sois béni pour le bien que tu viens faire pour moi... sois comblé de grâces."À vous qui m'avez donc écoutée, qui avez partagé mes épisodes, qui m'avez encouragée... je vous dis : É nan tchè nan mi. (Note : "mi" pour "vous" pluriel)Je déclare que ce qui vous est le plus cher — et qui est encore en attente de se réaliser — se concrétisera pour vous.Pour tout ce que vous n'avez pas pu accomplir cette année, je formule le vœu que ce soit pour que ça se réalise de façon encore plus belle, et plus grande... l'année prochaine."Les mots panés" prend une petite pause pour les fêtes, mais nous nous retrouverons en 2026 avec de nouveaux prénoms, de nouvelles expressions dans les langues du Bénin.D'ici là... prenez soin de vous. Et laissez la magie des fêtes illuminer vos vies.À très vite !N'oubliez pas de vous abonner pour ne manquer aucun épisode et de partager ce podcast avec vos proches."Et vous, quel est votre vœu le plus cher que vous aimeriez voir se concrétiser en 2026 ?”
  • S1 - Épisode 15 : Ahidémin - Au marché 15.12.2025 3min
    Au marché, tout se négocie : des essentiels comme la nourriture, aux articles les plus chers comme des bijoux en or. Sauf... ce qu'on ne peut pas acheter, un enfant, son enfant ! On parle du prénom Ahidemin aujourd'hui! Pour découvrir l’histoire derrière ce prénom et sa signification, vous êtes au bon endroit !Vous écoutez Les mots panés. Je suis Lindagbé, et ici, on explore les trésors des langues du Bénin — pour se comprendre, s’émerveiller et tisser des liens. C’est parti !Le prénom à l’honneur : AhidéminC’est un prénom mixte, d’origine Goun, parlé au Sud du Bénin.Que signifie Ahidémin ?Il vient de la phrase : Yé ma non mon vi ho to ahidemin.Décomposons-la :Ahi = marchéMin = dansVi = enfantHo = acheterLa phrase complète signifie : « On ne trouve pas d’enfants à acheter au marché. »Ahidémin, c'est le prénom de ma grand-mère.Mon arrière-grand-mère a perdu son premier fils alors qu'il était encore tout jeune. Malgré le fait qu'elle voulait avoir d'autres enfants après cette tragédie, ma grand-mère n’a vu le jour que plusieurs années après. Pendant toutes ces années où elle essayait d'avoir un autre enfant, et sachant que mon arrière grand-père était un noble très riche, si elle avait pu acheter un enfant, son enfant, sur un marché, elle l'aurait fait pour se consoler. Mais c'était impossible. C'est pour cette raison qu'elle a nommé sa fille Ahidémin pour rappeler que l'argent ne peut pas tout.Ce prénom est une leçon d'humilité. Il nous rappelle qu'il n'existe pas de raccourci pour les choses essentielles. On ne force pas le destin, on ne monnaye pas la vie : il faut savoir s'armer de patience.Maintenant que vous connaissez Ahidémin, dites-moi en commentaire : quelle est la chose la plus précieuse que l'argent ne pourra jamais vous acheter ?Pour finir, voici deux autres prénoms liés à cette valeur inestimable :Antonia : inestimable (latin)Matthieu : don de Dieu (hébreu)🎧 C’est la fin de cet épisode. On se retrouve très vite pour un nouveau voyage au cœur des mots. À bientôt !N’oubliez pas de vous abonner pour ne rater aucun épisode et de partager ce podcast.

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